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Othmani Slim

Date de création: 07-07-2015 11:45
Dernière mise à jour: 07-07-2015 11:45
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ECONOMIE – PERSONNALITES- OTHMANI SLIM

Né à Tunis, de parents algériens, Slim Othmani est le président du Conseil d’Administration de NCA Rouiba.

Naissance à Tunis, en 1957, famille algérienne, Slim Othmani va à l’école française. Un melting pot, déjà. Il prend son temps – « j’ai eu mon bac à 20 ans » -, affiche des facilités en mathématiques et un attrait prononcé pour le sport. En 1977, ne sachant que faire, il ne fait rien. Prends son temps, encore, réfléchit et s’octroie une année sabbatique à Paris. Il s’inscrit en médecine sans réellement se voir médecin.

Le voilà de retour à Tunis en 1978. L’étudiant se lance alors dans une année de maths physique à la Faculté des Sciences. Entreprendre est une tradition chez les Othmani. La famille gère la conserverie NCA Rouiba depuis 1966 en Algérie, mais Slim préfère suivre sa propre voie et gagner seul ses galons. Son diplôme d’ingénieur en poche, il se passionne pour la simulation et l’intelligence artificielle. Il envisage même de lancer son business dans ce domaine. « C’était difficile de développer ça, à Tunis » explique-t-il aujourd’hui.

La vie met sur son chemin Bachir Halimi, un Algérien qui développait des applications pour arabiser les systèmes informatiques. L’homme vit au Canada. Slim Othmani travaille avec lui à distance, depuis Tunis, pendant deux ans. Quand Bachir Halimi lui propose de le rejoindre en Amérique du Nord, Slim Othmani n’a que peu d’hésitation. Le voilà dans l’avion. Il restera quatre ans au Canada.

« Tout ce temps-là, mon père me mettait la pression pour que je rentre en Algérie » raconte le futur dirigeant de Rouiba. En 1991, il rend visite à l’entreprise familiale. « Je me dis que c’est là que je dois me battre, se souvient Slim Othmani. J’aime les environnements difficiles. »

De retour dans un pays où il n’a jamais vécu, l’esprit d’entreprise en bandoulière, il crée une boîte informatique qui commercialise les produits Microsoft. « À l’époque, il fallait demander l’autorisation pour acheter une licence de logiciel ou même un ordinateur, explique-t-il. L’autorisation du ministre était indispensable. » Ces ralentissements le poussent à se tourner l’année suivante, en 1994, vers un autre secteur : celui de la boisson. Il se lance dans la production et distribution de Coca-Cola avec Fruital. « J’ai laissé de côté ma boite d’informatique, mais je le considère comme un échec positif » insiste-t-il. Tout ce temps, il garde aussi un œil sur NCA Rouiba. Cette entreprise, il l’a dans la peau. Littéralement. À 10 ans, tombé dans un tonneau en jouant dans l’usine, il se blesse. Un clou transperce son pied. Il en garde une cicatrice jusqu’à ce jour.

À la fin des années 90, Slim Othmani assiste au premier rang aux disputes pour le contrôle et le partage des richesses. Fin 1999, excédé, il se retire de Coca-Cola – géré aujourd’hui par son cousin Moncef – et se consacre au business familial. Président du Conseil d’Administration depuis, il confie la direction générale à Sahbi, un autre de ses cousins. Son père reste président d’honneur de l’entreprise.

Durant ces années, les errances de jeunesse se rappellent à lui. L’homme d’affaires ressent de la frustration : celle de ne pas avoir davantage de connaissances. « Alors je me suis complètement investi dans une session de rattrapage » confie-t-il. En 1998, il passe quinze jours dans l’université Coca-Cola aux États-Unis. En 2004, il se lance dans un Executive MBA à Tunis pour parfaire sa culture entrepreneuriale. Il suit aussi des formations à Rouen, Bruxelles et Londres. C’est dans ces années-là qu’il s’intéresse également à la production de la palette en bois. « Un objet qui paraît banal mais qui est indispensable dans toutes les industries ». Il s’associe avec un partenaire français, qui détient le savoir-faire. Tous deux montent alors une usine de palettes en bois en Algérie.

Aujourd’hui, Rouiba s’étale sur trois hectares, emploie 500 personnes et réalise sept milliards de dinars de chiffre d’affaires. « Nous sommes rentables depuis dix ans et distribuons des dividendes depuis plus de cinq ans », détaille Slim Othmani. Un vaste programme de modernisation a été lancé depuis son arrivée en 1999. L’homme ne veut pas s’arrêter là. Il regarde désormais vers l’intérieur du pays… et vers l’étranger. « On exporte timidement vers la Tunisie, reconnaît-il. On pourrait faire mieux si on avait une agilité. » Il pointe du doigt les carcans administratifs : « L’État doit rencontrer les chefs d’entreprises pour mieux comprendre les mécanismes. Un exemple, celui des ports. On n’a pas de ports modernes pour exporter. »

Si tout le monde connaît Rouiba en Algérie, peu de personnes connaissaient Slim Othmani avant 2014. Cette année-là, en pleine campagne présidentielle, il se taille une réputation de patron frondeur lorsqu’il s’oppose bruyamment au soutien du FCE à un quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Désavoué, il claque la porte de l’association. Et ne le regrette pas : « On ne pouvait rien faire. Nous n’étions pas sur les mêmes valeurs. » Il accuse le Forum de ne s’être jamais émancipé du pouvoir. « C’est dommage car nous avions besoin d’un patronat libre et fort », regrette-il. Par le passé, il avait tenté de se faire élire président du FCE pour le sortir de l’emprise étatique. En vain.

À côté, il fonde le club CARE qu’il préside. Un think tank économique composé d’une trentaine de personnes, qui se fixe comme objectif de vulgariser les concepts économiques et de sensibiliser les entreprises à la bonne gouvernance. L’objectif n’est que citoyen, jure Slim Othmani, qui dit ne pas s’intéresser à la politique.

Que reste-il aujourd’hui du lycéen indiscipliné ? Le melting pot, assurément. À bientôt 60 ans, le patron de Rouiba se sent plus que jamais maghrébin. « Mes origines algériennes et tunisiennes me poussent à avoir une force régionale » explique-t-il. Il tient d’ailleurs un blog, Maghreb Economie et Démocratie, où il livre régulièrement ses analyses sur l’actualité. Il reste aussi chez lui un amour invétéré du sport. Le squash et le golf, surtout. Il préside d’ailleurs la fédération algérienne de golf et se désole du manque d’infrastructures. Là encore.

DOMAINES D’ACTIVITÉS :

Agroalimentaire, palettes de bois, think tank.

PRÉCÉDENTES ACTIVITÉS :

Agroalimentaire, informatique

ÉTUDES :

Management, informatique, médecine

SES GRANDES DATES :

1957 : Naissance à Tunis

1977 : Année sabbatique à Paris après l’obtention du baccalauréat

1991 : Retour en Algérie après quatre ans au Canada

1993 : Création de sa première entreprise en Algérie

1994 : Prend la tête de Fruital, distributeur exclusif de Coca-Cola

1998 : Elu président du Conseil d’Administration de NCA Rouiba

2009 : Candidat malheureux à la présidence du Forum des Chefs d’Entreprise

2014 : Démissionne du Forum des Chefs d’Entreprise

VIE PRIVÉE :

Slim Othmani est marié et père de deux enfants.