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Islam - Fatwa

Date de création: 07-07-2015 11:07
Dernière mise à jour: 07-07-2015 11:07
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CULTURE- RELIGION – ISLAM – FATWA

La fatwa est une consultation sur un point de droit (fikh), ce terme s'appliquant, en Islam, à toutes matières civiles ou religieuses. L'action de donner une fatwa est un fatyà ou ifta’— la profession de consultant s'appelle du même nom; — celui qui donne des fatwas ou en exerce la profession est un mufti ; — celui qui demande une fatwa est un moustafti.
L'institution du ifta’ correspond à l'institution romaine du jus respondendi, et elle présente avec elle beaucoup d'analogie. Le besoin de la consultation s'est fait sentir de bonne heure en Islam.
Le nombre de plus en plus croissant des adeptes de la nouvelle religion commandant, par son caractère totalitaire, les manifestations, aussi bien temporelles que spirituelles, de la vie courante, la survivance des lois et coutumes des pays conquis qu'il fallait rattacher, de quelque façon que ce soit, aux préceptes nouveaux et fondre dans le corpus juris musulman en formation, postulèrent le recours incessant aux avis de personnes compétentes.
Aussi bien, le rôle du mufti, comme celui des prudentes du droit romain, a été considérable dans la fixation de la structure du droit musulman. Les recueils de «réponses» de muftis célèbres comptent parmi les plus importants des monuments juridiques. Les conditions requises, en doctrine classique, pour l'exercice de la profession ou même pour la délivrance d'une fatwa, sont : l'Islam, l'honorabilité ou adala, la science juridique (idjtihad ou capacité de dégager, par un raisonnement personnel, la solution d'une difficulté. Aussi, des auteurs observent que, aux époques où il n'existe pas de juristes ayant cette capacité, mais qui ne font que rapporter l'opinion de leurs prédécesseurs, leurs avis ne constituent pas des, fatwas proprement dites, mais de simples «rapports d'opinion». A la différence du juge, le mufti peut être une femme, un esclave, un aveugle ou un muet (sauf s'il s'agit de mufti fonctionnaire public).
Les conditions précitées sont requises aussi bien lorsqu'il s'agit d'une fatwa donnée à titre isolé que du ifta’ exercé à titre de profession.
Les fatwas sont données tant à des particuliers qu'aux magistrats dans l'exercice de leur profession et à toutes autres autorités. La loi recommande même particulièrement aux magistrats de demander des consultations; et dans les pays comme l'Espagne musulmane, où s'était développée l'institution de la chariaâ, des muftis permanents étaient attachés aux postes de magistrature, comme conseillers (moustachar).
Le ifta’ est, en principe, une profession libre. Mais l'autorité s'y est ingérée de diverses façons. L'État contrôle l'exercice de la profession; le contrôle rentre, normalement, dans les attributions du magistrat qui, le cas échéant, peut frapper «d'interdiction» un mufti. Dès le VIIe siècle, l'État a entrepris de désigner lui-même des juristes qualifiés à titre de muftis, pour guider le choix des particuliers. Plus tard, il institue des postes officiels de ifta’, qui devient ainsi une fonction publique, rangée, comme la magistrature judiciaire, dans la catégorie des fonctions religieuses. Les titulaires de ces postes restent d'ailleurs .à la disposition des particuliers, mais ils. sont plus directement attachés au service de l'autorité. C'est ainsi que, dans l'État mamlouk, ces muftis font partie du conseil de justice (madjlis al-madhalim) du sultan et des gouverneurs de province. A certaines époques et dans certaines régions comme dans l'empire ottoman, la fonction de mufti pouvait être cumulée avec celle de magistrat ; il était seulement interdit au titulaire de donner des fatwas à propos des procès dont il était saisi.
La fonction du ifta’ ne porte pas préjudice à l'exercice privé de la profession. Mais avec l'introduction de codes et ses lois empruntées aux systèmes européens dans presque toutes les branches du droit, cette profession est tombée en désuétude; même dans les matières qui restent régies, en général, par les principes du droit musulman, comme le statut personnel et les biens wakf, la pratique des fatwas semble en voie de disparition. Elle ne se maintient que comme fonction publique, et plutôt comme survivance historique, marquée du caractère islamique de l'État.
Aussi bien, dans les États islamiques à structure étatique moderne, il n'est pratiquement pas fait appel aux titulaires de cette fonction pour légitimer leur action législative. Dans les États où la communauté islamique constitue une fraction de la population — cas du Liban —, la fonction du ifta’ a subi une transformation remarquable : le «mufti de la République» est devenu «le chef religieux de la communauté et son représentant, à ce titre, auprès des autorités»; il est le chef de tous les agents du culte et du service des biens wakf musulmans ; il est élu à vie par un collège composé de personnes qualifiées de la communauté (Décret législatif 18, du 13 janv. 1955). Il subsiste, cependant, des muftis au sens traditionnel, relevant du «mufti de la République». (Source: Encyclopédie de l’Islam, éditions Leyde, 1977).