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Indicateurs multiples- Enquête Mics4/2015 (I/II)

Date de création: 30-06-2015 11:00
Dernière mise à jour: 30-06-2015 11:00
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SANTE- ETUDES ET ANALYSES – INDICATEURS MULTIPLES- ENQUETE MICS 4/ 2015 (I/II)

L’enquête par grappes à indicateurs multiples, Multiple Indicators Clusters Survey, (MICS) a été réalisée en Algérie entre Octobre 2012 et Mars 2013 par le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière avec l’appui financier et technique du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et une contribution financière du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

MICS est un programme international d’enquêtes auprès des ménages élaboré par l’UNICEF. La MICS Algérie a été menée dans le cadre de la quatrième édition mondiale des enquêtes MICS (MICS 4). MICS fournit des informations actualisées sur la situation des enfants et des femmes et mesure les indicateurs clés qui permettent aux pays de suivre les progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et des autres engagements convenus au plan international. Cette enquête permet aussi au niveau national d’évaluer le manque à gagner dans les domaines du développement humain et social et de fournir aux programmes de développement nationaux et sectoriels des statistiques fiables sur la situation des enfants, des femmes et des ménages.

Le rapport de l’enquête s’articule autour de 15 chapitres qui sont comme suit : I. Introduction. II. Méthodologie de l’échantillon et de l’enquête ; III. Couverture de l’échantillon et caractéristiques des ménages et des enquêté(e)s ; IV. Mortalité des enfants ; V. Nutrition ; VI. Santé des enfants ; VII. Eau et assainissement ; VIII. Santé de la reproduction ; IX. Développement de l’enfant ; X. Alphabétisme et éducation ; XI. Protection de l’enfance ; XII. VIH/SIDA ; XIII. Accidents domestiques ; XIV. Handicap ; XV. Mortalité Générale ;

L’enquête MICS4 Algérie, réalisée en 2012-2013, par le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF et une contribution financière du UNFPA, est une enquête par grappes à indicateurs multiples, produisant des statistiques précises sur la situation des enfants, des femmes et des ménages au niveau national, selon les milieux de résidence urbain et rural, par espace de programmation territoriale (Nord Centre, Nord Est, Nord Ouest, Hauts Plateaux Centre, Hauts Plateaux Est, Hauts Plateaux Ouest et Sud), et selon les caractéristiques sociodémographiques et socio-économiques des membres des ménages, dans différents domaines relatifs à la santé, à l’éducation, à la protection, au VIH/SIDA et aux conditions de vie de la population. Elle a pour objectif de fournir des informations sur les progrès réalisés vis-à-vis des Objectifs pour le Millénaire du Développement ainsi que les objectifs nationaux de développement et en particulier ceux qui touchent au bien être des familles, des enfants et des femmes. En Algérie, l’enquête MICS4 a ciblé un échantillon de 28 000 ménages répartis selon les sept espaces de programmation territoriale et fournit ainsi des statistiques représentatives de la population algérienne au niveau national et au niveau de ces territoires.

Mortalité des enfants

Pour la période des cinq dernières années avant l’enquête MICS4 (2008-2012), le taux de mortalité infantile est estimé à 21 décès pour 1000 naissances vivantes ; le taux de mortalité juvénile s’établit, quant à lui, à 3 décès pour 1000 enfants ayant atteint leur premier anniversaire. En somme, le risque de décéder entre la naissance et le 5ème anniversaire est estimé à 24 décès pour 1000 naissances vivantes. La mortalité néonatale se situe à 16 décès pour 1000 naissances vivantes et la mortalité post-néonatale à 6 décès pour 1000 naissances vivantes. Globalement, il est à remarquer que la majorité des décès de moins de cinq ans surviennent la première année de vie (89%). Parmi ces derniers, près des trois quarts surviennent le premier mois de vie (73%). La mortalité infantile passe de 14‰ chez les enfants résidant dans le Nord Centre à 32‰ parmi ceux qui résident au Sud. Elle est également plus élevée en milieu rural (25‰) par rapport au milieu urbain (19‰).

Etat nutritionnel

Près d’un enfant parmi trente âgés de moins de cinq ans en Algérie présente une insuffisance pondérale modérée et/ou sévère (3%) et un enfant parmi cent (1%) sont classés parmi ceux souffrant d’une insuffisance pondérale sévère. Près d’un enfant sur neuf  (12%) des enfants de moins de cinq ans accusent un retard de croissance modéré ou sévère, ou sont trop petits pour leur âge, et 4 % sont modérément ou sévèrement émaciés, ou trop maigres pour leur taille. Les garçons sont légèrement plus concernés par le retard de croissance modéré ou sévère que les filles (13% pour les garçons et 11% pour les filles). Les enfants de moins de 6 mois enregistrent un taux plus élevé d’insuffisance pondérale (7%). Chez les enfants âgés de 12-23 mois et de 24-35 mois c’est le retard de croissance qui est plus élevé par rapport aux enfants plus jeunes et plus âgés (14%). La prévalence de l’émaciation est importante chez les enfants âgés de moins de 6 mois (13 %). Alors que l’on ne note pas de différences importantes selon le milieu de résidence ou le niveau d’instruction de la mère, c’est au niveau de l’espace territorial qu’interviennent les disparités avec 5% d’insuffisance pondérale au Sud et 2% au Nord Centre.

La surcharge pondérale concerne 12% des enfants de moins de cinq ans. Elle est plus fréquente chez les enfants âgés de 12-23 mois (18%).

Allaitement

Les bébés qui ont été nourris au sein dans l'heure qui a suivi leur naissance ne représentent que 36% de l’ensemble des naissances vivantes, alors qu’ils sont 71% à l’avoir été dans le jour qui suit la naissance. La proportion des enfants qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance est plus marquée au Sud (43%), chez les mères ayant accouché à domicile (40%) et dans le secteur public (40%) et chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction (43%). Environ un quart (26%) des enfants âgés de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein. A l'âge de 12-15 mois, 47% des enfants sont actuellement encore allaités au sein alors qu’à l’âge de 20-23 mois, ils ne sont que 27% à être encore allaités au sein. L’allaitement exclusif au sein est plus pratiqué au Nord Est du pays (38%) et le moins pratiqué dans les Hauts Plateaux Centre (11%). La poursuite de l’allaitement jusqu’à un an pour les nourrissons de 12-15 mois est la plus élevée dans les Hauts Plateaux Centre (63%) et la plus faible dans le Nord Ouest (34%). Elle passe de 55% chez les mères sans aucun niveau d’instruction à 51% parmi les mères de niveau d’instruction supérieur. Elle est plus élevée dans le quatrième quintile de richesse (51%) et la plus faible dans le quintile le plus riche (44%). Concernant la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans pour les enfants âgés de 20-23 mois, elle est la plus faible dans les Hauts Plateaux Est avec 24% et la plus élevée dans le Nord Centre et les Hauts Plateaux Centre avec 28%. Elle est plus faible lorsque la mère a un niveau d’instruction universitaire (19%) et plus élevée lorsqu’elle a un niveau primaire (30%).

 

Iodation du sel

Environ 67% des ménages consomment du sel suffisamment iodé avec d’importantes disparités territoriales. Cette proportion est de 24% dans les Hauts Plateaux Centre et elle est à 85% dans le Nord Centre. Ils sont 71% de ménages à consommer du sel iodé dans le milieu urbain contre 61% en zones rurales. Dans les ménages les plus riches, cette proportion est de 82% alors qu’elle est seulement de 54% dans les ménages les plus pauvres.

Insuffisance pondérale à la naissance

Environ 7% des nourrissons ont été estimés peser moins de 2500 grammes à la naissance. Les naissances vivantes ayant pesé moins de 2500 grammes à la naissance sont de 8% dans le Sud et de 6% dans le Nord Est. Elle est légèrement plus élevée dans les ménages les plus pauvres avec 7% contre 5% dans les ménages les plus riches.

Vaccination

Environ 98% des enfants âgés de 12-23 mois ont reçu une vaccination par le BCG à l'âge de 12 mois. La première dose de DTCoq a été administrée à 96% des enfants. Les doses suivantes se sont établies à 93% pour la seconde dose, et à 88% pour la troisième dose. De même, 98% des enfants de 12-23 mois ont reçu la dose de vaccin contre la polio à la naissance, et ce pourcentage baisse à 87% à la troisième dose. La couverture vaccinale contre la rougeole avant d’atteindre l’âge de 12 mois a concerné 83% des enfants âgés de 12-23 mois. Ce pourcentage passe à 90% lorsqu’on tient compte des enfants vaccinés au-delà de l’âge de 12 mois. La couverture vaccinale avant l’âge de 12 mois contre l’hépatite B à la naissance et pour la deuxième dose est de 97% et elle passe à 85% à la troisième dose. Même si 83% des enfants âgés de 12-23 mois ont reçu une vaccination complète à n’importe quel moment avant l’enquête, seulement 72% l’ont reçu avant l’âge de 12 mois. La vaccination complète à l’âge de 12 mois concerne 66% des enfants âgés de 12-23 mois des Hauts Plateaux Centre contre 89% de ceux du Nord Est du pays. Ce taux est de 76% lorsque la mère n’a aucun niveau d’instruction et de 84% lorsqu’elle a un niveau d’instruction supérieur. Il est de 76% dans le quintile de richesse le plus pauvre et de 83% dans le quintile le plus riche.

Protection contre le tétanos néonatal

Environ 57% des femmes ayant eu une naissance vivante durant les deux dernières années ont été vaccinées contre le tétanos néonatal dont la majorité (33%) l’ont été durant leur dernière grossesse. Cette proportion est de 42% dans les Hauts Plateaux Centre et de 76% dans le Nord Est. Les femmes qui ont été vaccinées pendant leur dernière grossesse sont de 26% dans les Hauts Plateaux Est et de 49% dans le Nord Est.

Thérapie de réhydratation orale

Environ 9% d’enfants de moins de cinq ans ont eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête. Cette prévalence est de 12% dans le Sud et de 4% dans les Hauts Plateaux Centre. Elle est plus élevée chez les 0-23 mois (14% pour les 0-11 mois et pour les 12-23 mois) et plus faible chez les 48-59 mois (4%). Environ le tiers des enfants (34%) de moins de cinq ans ayant eu une diarrhée au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête ont reçu des liquides à partir de sachets de SRO ou des liquides de SRO pré-emballés. Le taux le plus bas est observé dans le Sud avec 25% et le plus élevé dans les Hauts Plateaux Ouest avec 40%. Cette proportion est plus basse chez les 36-47 mois (25%) et plus élevée chez les 0-11 mois (39%). Elle est de 36% lorsque la mère n’a aucun niveau d’instruction et de 43% lorsqu’elle est de niveau d’instruction supérieur. Elle est à 29% dans le quintile de ménage le plus pauvre et de 39% dans le quintile le plus riche.

Recours aux soins et antibiothérapie des infections respiratoires aiguës (IRA)

Environ 6% des enfants de moins de 5 ans ont souffert d’une IRA suspectée pendant les deux dernières semaines qui ont précédé l’enquête. Parmi ceux-là, 66% ont été emmenés chez un soignant (67 % parmi les garçons et 66 % chez les filles). Dans 38% des cas, les enfants ont été emmenés dans des structures publiques et dans 37 % chez des prestataires du secteur privé. Ils ont été 52% à l’avoir été dans les Hauts Plateaux Centre et 55% dans le Sud contre 76% dans le Nord Est. Ils ont été 75% à avoir été emmenés chez un soignant lorsqu’ils sont âgés de 0-11 mois et 56% pour les 24-35 mois. Cette proportion passe de 54% chez les enfants issus de mères sans instruction à 78 % parmi ceux dont la mère est de niveau d’instruction supérieur. Enfin, elle est de 60% dans les ménages les plus pauvres et de 73% dans les ménages les plus riches. Concernant les enfants ayant reçu des antibiotiques parmi ceux qui ont eu une IRA suspectée durant les deux dernières semaines de l’enquête, ils sont de l’ordre de 64%. Il faut noter que ce n’est pas nécessairement ceux qui ont consulté qui ont reçu des antibiotiques. Le cas des Hauts Plateaux Centre et Sud sont très édifiants. Les proportions d’enfants ayant reçu des antibiotiques dépassent de loin celles des enfants ayant été consultés (respectivement 66% contre 55% dans le Sud et 60% contre 52 % dans les Hauts Plateaux Centre). Cette pratique est rencontrée chez les femmes de niveau primaire et chez les pères sans instruction.

Utilisation des combustibles solides

L’utilisation de combustibles solides pour la cuisine est très minime et ne concerne que 0,4% des membres du ménage. La majorité des ménages utilisent soit le gaz butane (46%) soit le gaz naturel (56%).

Utilisation de sources d’eau améliorées

Environ 86% des ménages boivent de l’eau issue d’une source d’eau améliorée. Cette proportion atteint 87% en milieu urbain et 84% en milieu rural. L’utilisation d’une source d’eau améliorée est plus faible dans le Sud avec une proportion de 55%. L’eau de robinet demeure la première source d’eau améliorée dans tous les espaces de programmation territoriale à l’exception du Sud où 50% des ménages utilisent l’eau de robinet tandis que 44% utilisent l’eau provenant des camions citernes, considérée comme une source d’eau améliorée. Les ménages les plus riches ont plus accès aux sources d’eau de boisson améliorées avec 94% contre 78% pour les ménages les plus pauvres.

Utilisation d’installations sanitaires améliorées

En Algérie, 95% de la population a accès à des installations d’assainissement améliorées. Ce pourcentage est de  97% en milieu urbain et de 92% en milieu rural. Dans la zone urbaine, 91% de la population est rattachée au réseau d’évacuation des eaux usées et à un degré moindre les fosses septiques (4%). En revanche, les installations les plus courantes en zones rurales sont les toilettes à chasse avec connexion à un système d’égout (58%) ou à une fosse septique (22%). Le rattachement au réseau d’évacuation des eaux usées est de 98% pour les ménages les plus riches contre 29% pour les plus pauvres.

Lavage des mains

Le lieu de lavage des mains a été observé dans 90% des ménages, alors que 8% d’entre eux ne disposent pas d’un endroit précis où les membres du ménage se lavent habituellement les mains. Parmi les ménages où les endroits pour le lavage des mains sont observés, 91% ont à la fois de l’eau et du savon à l’endroit désigné ; 3 % seulement de l’eau et 4 % uniquement du savon.

Fécondité

L’Indice Conjoncturel de Fécondité (ICF) estimé pour la période de trois années avant l’enquête, est de l’ordre de 2,7 enfants par femme. Son évolution dans le temps depuis 1998, est marquée par une légère augmentation allant de 2,6 enfants par femme pour la période 1998-2003 à 2,7 enfants par femme pour la période 2004-2012. L’ICF enregistre son plus haut niveau dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux Centre avec respectivement 3,5 et 3,3 enfants par femme contre 2,1 enfants par femme pour le Nord Est qui enregistre le plus bas niveau qui correspond au niveau de remplacement des générations. Le taux de fécondité chez les adolescentes est de 10 pour 1000 au niveau national. Le milieu rural (2,9 enfants par femme), le Sud (3,5 enfants par femme), les femmes sans instruction (3,4 enfants par femme) et  les ménages les pauvres (3,1 enfants par femme) se caractérisent à la fois par les indices conjoncturels de fécondité les plus élevés et de forts taux de fécondité des adolescentes de 15-19 ans (12,5 dans le rural, 19,6 dans le Sud, 38,7 pour l’adolescente sans instruction, 11,6 dans le quintile le plus pauvre).

Grossesse précoce

Environ 1% des femmes âgées de 15-19 ans ont déjà eu une naissance vivante, 0,8% sont enceintes de leur premier enfant soit un total de près de 2% d’adolescentes qui peuvent être considérées comme ayant déjà commencé leur vie féconde. En Algérie, la proportion des femmes ayant eu une naissance vivante avant l’âge de 15 ans est nulle. Le même constat peut être fait pour les femmes âgées de 20-24 ans. La proportion des femmes âgées de 20-24 ans qui ont eu une naissance avant l’âge de 18 ans n’atteint pas 1% de l’ensemble de ces femmes quel que soit le milieu de résidence.

Contraception

57% des femmes mariées au moment de l’enquête utilisent une méthode de contraception dont près de 48% d’entre elles recourent à des méthodes modernes. La pilule demeure la méthode la plus utilisée en Algérie avec une proportion de 43% des femmes mariées, suivie de loin par le Dispositif Intra Utérin (DIU) avec seulement 2% d’entre elles. La prévalence de la pratique contraceptive est plus élevée dans l’EPT des Hauts Plateaux Est (61%), suivie par les EPT Nord Ouest et Nord Centre (59%). La plus faible prévalence est enregistrée au Sud avec 49%. Les adolescentes recourent beaucoup moins à la contraception que leurs ainées. Seules 29% des adolescentes mariées âgées de 15-19 ans utilisent une méthode contraceptive contre 45% des  20-24 ans et 67% des femmes mariées âgées de 35-39 ans. La proportion de celles utilisant la contraception, toutes méthodes confondues, passe de 52% chez les femmes sans instruction à environ 61% chez celles ayant le niveau secondaire.

Besoins non satisfaits

Les besoins non satisfaits en matière de contraception des femmes mariées âgées de 15-49 ans sont de l’ordre de 7%. Environ 5% pour l’espacement et 2% pour la limitation. Les besoins non satisfaits en planification familiale sont plus importants dans le Sud et les Haut Plateaux Centre avec 11% des femmes contre 4% dans le Nord Ouest. Les besoins non satisfaits en matière de contraception concernent les femmes les plus jeunes à savoir: 11% des 15-19 ans et plus de 9% des 20-29 ans. Ces proportions baissent au fur et à mesure  que l’on  avance dans l’âge pour atteindre 4% des femmes âgées de 40-49 ans. Selon le niveau d’instruction, les besoins non satisfaits pour espacement touchent plus les femmes ayant le niveau supérieur avec une proportion de 8% et ceux relatifs à la limitation concernent notamment les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction. Concernant les quintiles de richesse, 8% des  femmes dont les besoins en contraception ne sont pas satisfaits, appartiennent au quintile le plus pauvre. Cette proportion baisse avec l’augmentation du niveau de vie.

Soins prénatals

Environ 93% des femmes non célibataires âgées de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années précédant l’enquête, ont recouru au moins une fois aux soins prénatals auprès d’un personnel qualifié durant leurs grossesses. Dans 85% des cas, elles ont consulté un médecin et dans 8% des cas une sage femme. Près de 94% des femmes ont consulté en milieu urbain et 91% en milieu rural. Les proportions les plus élevées sont enregistrées dans le Nord Centre avec 97% contre 87% dans le Sud. Plus de 92% des femmes ayant un niveau supérieur ont consulté un médecin contre 76% des non instruites. Cette proportion a atteint 91% chez les femmes appartenant au quintile le plus riche. Concernant le nombre de visites, la proportion des femmes ayant effectué quatre visites de soins prénatals ou plus, est de 67%. Cette proportion est encore plus faible chez les femmes ayant le niveau primaire avec 61% contre 86% de celles ayant le niveau supérieur. Elle est de 54% pour les femmes vivant dans les ménages appartenant au quintile le plus pauvres contre 82% de celles appartenant au quintile le plus riche.

Accouchement 

Près de 97% des naissances survenues au cours des deux années précédant l’enquête ont eu lieu avec l’assistance d’un personnel qualifié. En milieu urbain, la proportion des femmes ayant bénéficié à l’accouchement d’une assistance qualifiée s’élève à 98% contre 95% en milieu rural. Cette proportion atteint son niveau le plus élevé dans le Nord Centre et le Nord Est avec 98%. Le niveau le plus faible est relevé dans le Sud avec 91%. Les femmes de niveau d’instruction supérieur et celles appartenant aux ménages les plus riches recourent à l’accouchement assisté de façon quasi universelle (99%).

Plus des deux tiers des accouchements (70%) survenus au cours des deux années précédant l’enquête ont eu lieu avec l’assistance d’une sage-femme. L’intervention des médecins à  l’accouchement n’a concerné que 27% des naissances. Celle des accoucheuses traditionnelles est insignifiante et n’excède pas 1%. Elle est cependant un peu plus élevée en milieu rural. Plus de 88% des accouchements sont survenus dans les structures du secteur public et environ 9% au niveau des établissements privés. L’accouchement à domicile concerne seulement  1% de femmes et 8 % parmi elles n’ont effectué aucune visite prénatale.

Soins postnatals 

Une très grande majorité de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante durant les deux années précédant l’enquête, ont séjourné 12 heures ou plus dans la structure d’accouchement (96%). Les toutes jeunes mamans (les moins de 20 ans) et celles ayant accouché par césarienne sont relativement plus nombreuses (98-99%) à séjourner 12 heures ou plus dans les structures de santé après l’accouchement. Au Sud, cette proportion est de 91% en comparaison aux autres espaces territoriaux. Environ 91% des nouveaux nés ont bénéficié d’examens de santé alors qu’ils étaient encore dans l’établissement de santé ou à domicile. Pour ce qui est des visites pour des soins postnatals, il faut noter que deux tiers des nouveaux nés (66%) n’en ont pas bénéficié. Par ailleurs, 86% des femmes ayant eu une naissance vivantes durant les deux dernières années précédant l’enquête ont bénéficié d’examens de santé après la naissance de leurs enfants alors qu’elles étaient encore dans une structure de santé ou à domicile. Au-delà de ces examens, plus des trois quarts des (78%)  n’ont pas effectué de visites pour des soins postnatals. Parmi celles qui en ont effectué une, 7% l’ont fait dans les 2 jours qui ont suivi l’accouchement, 8% dans les 3-6 jours et 7% une semaine après la naissance.

Education et apprentissage de la petite enfance

Près de 17% des enfants âgés de 36-59 mois suivaient au moment de l’enquête un enseignement préscolaire (17% chez les garçons et 16 % parmi les filles). Cette proportion est de 23% en milieu urbain et 7% en milieu rural. La fréquentation de l’école maternelle est plus répandue parmi les enfants âgés de 36-59 mois vivant dans le Sud (27%) et le Nord Est (23%). Les Hauts Plateaux Centre et les Hauts Plateaux Ouest enregistrent les taux de fréquentation les plus faibles avec seulement 6% et 8% des enfants âgés de 36-59 mois respectivement. Le taux de fréquentation du préscolaire augmente avec l’élévation du niveau d’instruction des parents. La proportion des enfants âgés de 36-59 mois fréquentant le préscolaire atteint 35% parmi ceux et celles dont la mère est de niveau supérieur contre 5% seulement chez ceux et celles dont la mère est sans instruction. Ce taux passe de 7% dans les ménages les plus pauvres à 31% parmi ceux et celles qui évoluent dans les ménages les plus riches. Il est intéressant de noter que les proportions des enfants fréquentant l’école maternelle à l’âge de 36-47 mois est à 9% et celles des enfants à l’âge de  48-59 mois est à 24%.

Développement de la petite enfance

L’Indice de Développement du Jeune Enfant (IDJE) est calculé comme le pourcentage des enfants qui sont sur la bonne voie de développement dans au moins trois des quatre domaines suivants : alphabétisme-capacité de calcul, physique, socio-affectif et apprentissage. Parmi les enfants âgés entre 36 et 59 mois, 70% sont en bonne voie de développement. L’IDJE est plus élevé chez les filles (74%) que chez les garçons (67%). Il est beaucoup plus élevé chez les enfants âgés de  48-59 mois (74%) en comparaison à ceux âgés de 36-47 mois (66%), car avec l’âge les enfants acquièrent plus d’habiletés. Il n’existe pas de différences significatives selon le milieu de résidence (71% en milieu urbain et 69% en milieu rural). Par contre, l’écart enregistré dépasse 13 points entre le Nord Est (75%) et le Nord Ouest (61%). Selon le quintile de richesse, l’IDJE est presque identique pour les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres (71%) à celui des enfants vivant dans les ménages les plus riches (72%).

Alphabétisme chez les jeunes femmes

Près de 93% des femmes âgées de 15-24 ans sont alphabétisées. Cette proportion est de 96% en milieu urbain et de 87% en milieu rural. Elle est plus élevée dans les wilayas du Nord Est du pays (96%) en comparaison avec les Hauts Plateaux Centre qui enregistrent la proportion la plus faible (88%). Plus de la moitié des femmes (52%) ayant déclaré avoir le niveau d’instruction primaire comme le niveau le plus élevé de scolarité, ont pu lire le texte qui leur a été présenté. Les jeunes femmes alphabétisées issues des ménages les plus riches sont relativement plus nombreuses que celles issues des ménages les plus pauvres (respectivement 99% contre 81%).

Préparation à l’école

Environ 50% des enfants en première année  primaire ont fréquenté le préscolaire l’année qui a précédé leur scolarisation, 51% parmi les filles et 50% parmi les garçons. Ce pourcentage est de 53% en milieu urbain et de 46% en milieu rural. La proportion des enfants en première année  primaire ayant fréquenté le préscolaire l’année qui a précédé leur scolarisation est de 59% dans les wilayas du Nord Centre soit la proportion la plus élevée et de 27% dans les Haut Plateaux Centre. La préparation à l’école concerne 36% des enfants appartenant aux ménages les plus pauvres et 56% des enfants vivant dans les ménages les plus riches.

Fréquentation de l’école primaire et secondaire

Parmi les enfants ayant l’âge d’entrée à l’école primaire fixé à 6 ans en Algérie, 93% sont admis en première année  primaire (93% chez les filles et 94% parmi les garçons). Par ailleurs, environ 98% des enfants d’âge scolaire primaire fréquentent l’école primaire. Dans ce cadre, il est à souligner qu’aucun écart significatif selon le sexe, l’espace territorial, le milieu de résidence et/ou le quintile de richesse n’est observé. Le ratio net de fréquentation de l’école secondaire (cycles d’études moyen et secondaire) est de l’ordre de 79%. Les enfants fréquentant l’école moyenne et secondaire dont les mères ont atteint le niveau d’instruction supérieur représentent 95% contre seulement 72% pour ceux dont les mères n’ont aucun niveau d’instruction. Le pourcentage d’enfants entrant en première année et qui atteignent la cinquième et dernière année de l’école primaire est de 98%. L’Indice de parité entre les sexes (IPS) obtenus à partir des ratios nets de fréquentation ajustés de l’école primaire et de l’école moyenne-secondaire révèle un IPS de 1 au primaire ne dénotant aucune différence dans la fréquentation scolaire primaire des filles et des garçons. Dans l’enseignement scolaire moyen et secondaire, l’indice de parité est plutôt en faveur des filles que des garçons (106 filles scolarisées contre 100 garçons). Cet indice est homogène même dans les ménages les plus pauvres et parmi les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction.

L’enregistrement des naissances

Plus de 99% d’enfants de moins de 5 ans sont enregistrés à l’état civil. Les données ne révèlent pas de variations significatives selon le sexe, l’espace de programmation territoriale, le milieu de résidence, l’âge, le niveau d’instruction de la mère ou le quintile de l’indice de richesse. Au total, 95% des enfants de moins de 5 ans ont un extrait de naissance.

Le travail des enfants

Environ 6% des enfants âgés entre 5 et 14 ans sont concernés par le travail des enfants. Il touche plus les garçons que les filles (respectivement 7% contre 6%). Il est relativement plus important chez les enfants âgés de 5-11 ans (8%) que ceux âgés entre 12 et 14 ans (2%). Il est estimé à 8% parmi les enfants âgés entre 5 et 14 ans en milieu rural contre 6% en milieu urbain. Selon le niveau d’instruction de la mère, 4% des enfants dont la mère est universitaire travaillent. Les enfants évoluant dans les ménages les plus pauvres sont plus exposés au travail des enfants avec une proportion de 8% contre 4% de ceux évoluant des ménages les plus riches.

Discipline de l’enfant

Près de 86% des enfants âgés de 2 à 14 ans ont reçu une quelconque forme de punition physique ou psychologique durant le mois précédant l’enquête de la part de l’interviewée elle-même ou d’un des membres du ménage. Les punitions psychologiques constituent la méthode correctionnelle la plus courante utilisée par les parents. Par ailleurs, la proportion des enfants qui ont reçu des punitions physiques sévères est de 23%.