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Islam - Courants salafiya

Date de création: 17-03-2015 15:47
Dernière mise à jour: 17-03-2015 15:47
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CULTURE- RELIGION- ISLAM – COURANTS SALAFIYA

© Amel Blidi/ El Watan magazine, jeudi 12 mars 2015

Les trois courants de la salafiya sont imbriqués les uns dans les autres, mais se veulent conformes à un idéal, en tout cas supposé comme tel.

«Le salafisme djihadiste»

 

Le mouvement fondateur de la «jihadya» remonte à l’année 1979 lorsqu’un groupe issu de la Jamaâa Salafya a pris d’assaut la grande mosquée de La Mecque pour l’occuper pendant deux semaines. Ils déniaient aux El Saoud le droit de diriger, car ils ne descendent pas de la lignée koreïchite du Prophète. Plus tard, l’Arabie Saoudite se mettra à dos une partie de la salafya à cause de l’incursion au Koweït, à travers la fatwa d’Ibn El Baz, autorisant l’attaque et légitimant ainsi, à leurs yeux, le fait que des mécréants foulent la terre des musulmans.

La Jihadiya renouera avec l’esprit salafiste d’Ibn Hanbal et s’autorise à combattre tous les régimes des pays qui ne respectent pas strictement les préceptes religieux. «L’autonomisation de ce mouvement radical rappelle les divisions historiques, fait remarquer Abderrahmane Moussaoui. La querelle date de l’époque d’Ibn Wahab lui-même qui était divisé avec son frère.

Il divergeait sur ce point avec le fondateur du wahhabisme». Dorénavant, il n’est pas question «d’Arabes», mais de musulmans, qu’ils soient du Pakistan ou de Tchétchénie. Peshawar deviendra un point de passage privilégié de personnalités qui deviendront des icônes de la jihadya.  L’excommunication (El takfir) sera érigée en credo et l’appartenance religieuse passera avant celle ethnique. Les Algériens seront les premiers à répondre à l’appel au djihad.  



Le salafisme scientifique


La salafya prédicative (ou scientifique) vise l’islamisation de la société via la purification de la religion des innovations, l’éducation des musulmans à cet islam des origines et l’organisation de la société selon les avis religieux, les fatwas des théologiens saoudiens. Les stars de ce courant dit «médian» — dont El Qaradaoui est l’un des chefs de file — font fureur sur les chaînes satellitaires arabes. Défendant une vision apolitique et non violente de l’islam, ils viendront à la rescousse de l’Arabie Saoudite après les événements du 11 septembre 2001. «Ces cheikhs sont connus et respectés par les salafistes du monde entier. Et les Algériens ne sont pas en reste. Sollicités tous les jours sur internet, ils répondent aux préoccupations quotidiennes de leurs fidèles, ce qui contribue à façonner leurs attitudes et leurs comportements», explique Abderrahmane Moussaoui.   


Salafiya «harakia»

 

Il s’agit d’un salafisme ayant pour objectif le rétablissement du califat via l’action politique et le renversement des régimes en place. Persuadés que les sociétés musulmanes sont en déclin à cause de leur trahison du message coranique originel et alimentant des théories selon lesquelles les Occidentaux et les juifs maintiendraient sciemment les musulmans en position de dominés, ils activent dans les partis politiques et en appellent à la mise en place d’un Etat islamique

LES MAîTRES SALAFISTES

Ibn el Baz

Considéré comme un grand  savant saoudien, il était le grand mufti et président du Conseil des grands oulémas de l'Arabie Saoudite de 1993 jusqu'à sa mort en 1999. Nommé vice-recteur, puis recteur de l’université islamique de Médine, l’imam Ibn el Baz connaissait parfaitement les chaînes de transmission du hadith mot pour mot, les dires du savant sur le hadith, les narrateurs et son explication.

Connu à travers le monde musulman pour ses verdicts religieux (fatwas), il présidait plusieurs comités de séminaires d’enseignement en Arabie Saoudite et donnait des cours par téléphone aux musulmans vivant à l’extérieur du royaume.

El Albani

Décédé en 1999, l’imam El Albani,  surnommé «Le lion de la sunna» (Assad as-Sounna), fut un théologien albanais spécialiste de la science du hadith, revendiquant son appartenance au salafisme et contredisant même le courant hanafi dans lequel il grandit. Il a enseigné à l'université islamique de Médine dès sa fondation en tant que professeur du hadith, des sciences et de sa compréhension à l’université.

El Ferkous

Abd El-Mou`iz Mohammed Ali Ben Bouzid Ben Ferkous El-Koubi, par rapport à «El-Kouba El-Qadîma» (Vieille Kouba) est une figure très respectée en Algérie. Licencié en droit, il fut l’un des premiers Algériens acceptés à l’université islamique de Médine dans laquelle il suit les cours d’éminents «savants» et assiste aux conférences données par Ibn El Baz.

Lorsqu’il revient en Algérie en 1982, il fait partie des   premiers professeurs à rejoindre la faculté des sciences islamiques d’Alger. Il prône une salafiya prédicative (médiane) et a de nombreux désaccords avec Abdelfattah Hamadache, le président du parti non agréé, le Front de la Sahoua islamique salafiste libre.

 

                                                                                                                                   © Amel Blidi