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Femmes- Ameyar Hafida/Liberté

Date de création: 09-03-2015 14:08
Dernière mise à jour: 09-03-2015 14:08
Lu: 274 fois


POPULATION – ENQUETES ET REPORTAGES- FEMMES- AMEYAR HAFIDA/LIBERTE

Les femmes algériennes en chiffres

Les stéréotypes ont la peau dure !

©par Hafida Ameyar/Liberté, dimanche 8 mars 2015

Pour la seconde année consécutive, le Ciddef vient de rendre public son annuaire statistique 2014 “L’égalité en marche”, consacré aux femmes algériennes.

Le document de 80 pages, réalisé avec le soutien de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), s’inscrit dans le cadre de la mise en place de l’observatoire des droits des femmes, en Algérie. En puisant dans différentes sources (ONS, ministères de l’Enseignement supérieur et de la Justice, presse écrite nationale, enquête sur l’emploi, enquête Enet de 2012, etc.), en rassemblant et en recoupant les informations chiffrées concernant la femme algérienne, le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef) donne corps à une “base de données spécialisée”, qui a longtemps fait défaut, et fournit surtout de la visibilité sur un secteur sensible et primordial, confiné encore dans le cyclone des traditions.
D’ores et déjà, le Ciddef appelle à “l’urgence” de l’actualisation des chiffres, notamment ceux se rapportant au travail féminin (18%), ressassés par l’ONS, mais sans changement depuis plusieurs années. “Ce n’est pas normal, les femmes qui travaillent sont plus nombreuses, dans la réalité”, nous confient les militantes de l’association, estimant que toutes celles qui ont été oubliées “sont dans l’informel”.
Par ailleurs, le Ciddef déplore l’insuffisance d’indicateurs qui servent pourtant à “mettre en place des stratégies”.
À travers la réalisation d’un tel annuaire annuel, le but fixé par le Centre est d’évaluer “les progrès réalisés” en Algérie en matière d’égalité entre les hommes et les femmes.
D’ailleurs, les deux annuaires statistiques de 2013 et de 2014 s’inscrivent dans cette dynamique ou démarche, qui consiste à faire le point sur les avancées (enseignement, âge au mariage, espérance de vie, accès au logement, à l’électricité et à l’eau potable…), mais également à toucher du doigt les insuffisances, à alerter sur les domaines où des inégalités et des déséquilibres perdurent et où les résultats observés méritent réflexion et résolution.
Pour le Ciddef, la croissance de la population “reste forte”, l’indice de fécondité “remonte” (signe que “la transition démographique n’est pas établie”) et l’emploi féminin demeure “limité”. De plus, peu de femmes accèdent aux postes de décision et la violence à l’égard des femmes “continue à faire des victimes”, et ce, malgré les avancées en matière de législation. Pour l’association, l’heure est à la mise en place de “mesures volontaristes”, accompagnées d’“actions pour un changement de mentalité”, pour faire disparaître ces stéréotypes persistants sur les rôles et les capacités des femmes et des hommes.
Aujourd’hui, le Ciddef estime que “la volonté politique existe” et doit donc s’attaquer aux “pratiques sociales” qui entravent l’évolution des rapports égalitaires entre les deux sexes.
D’où l’importance de permettre aux femmes d’être “autant responsables que les hommes dans l’élaboration des programmes politiques”. Pour réaliser les actions dont parle le président de la République (discours du 8 mars 2014, ndlr) et lever les obstacles qui gênent à la fois l’épanouissement et la liberté des femmes, et l’effectivité de l’égalité. Mais que disent les chiffres ?

La démographie dans tous ses états
Approchée, la pyramide des âges présente des caractéristiques particulières, qui sont loin de rassurer la transition démographique, engagée dans notre pays depuis déjà 25 ans. Cette tendance avec la reprise des naissances peut s’expliquer par certains facteurs comme la reprise de la fécondité à la fin de la période de violence, et le retour des “valeurs traditionnelles”. L’annuaire de 2014 met en évidence la hausse de l’âge moyen des filles au premier mariage, qui atteint aujourd’hui 29 ans. Il montre “la convergence des modes de vie et des aspirations des jeunes filles urbaines et rurales et la même tendance à poursuivre des études”. L’autre constat est la progression du célibat des femmes, à partir de 40 ans : 15,6% de femmes entre 40 et 44 ans sont célibataires contre 9,5% des hommes du même âge.

Recul du logement locatif
L’intérêt à l’habitat s’explique parce que les caractéristiques et les commodités du logement “influent sur la vie des femmes”. À ce sujet, on observe que la majorité des ménages (71%) évoluent dans des maisons individuelles, même si 35% des ménages urbains vivent dans les immeubles. De plus, la grande majorité des ménages sont propriétaires de leur logement, tandis que le logement locatif représente seulement 12% des logements. Les avancées concernant le réseau d’eau potable, le réseau public d’éclairage et l’accès au gaz (naturel ou en bouteille) y sont évoquées. Quant au réseau d’égouts, “il est moins général, surtout en milieu rural”. Par ailleurs, on note que presque tous les foyers disposent d’une télévision, équipée d’une parabole pour capter les chaînes étrangères. Il en est de même de la cuisinière et du téléphone portable (90,7%). Moins du tiers des ménages dispose d’un véhicule et près d’un quart possède un ordinateur.
Santé, comment vas-tu ?
L’espérance de vie à la naissance est de 77,6 ans pour les femmes en 2013 (contre 76,5 ans pour les hommes), soit 10 ans de plus qu’en 1990. Un des éléments à prendre en compte dans les politiques publiques est celui des femmes âgées, dont le nombre continue à croître : le taux des femmes âgées de 60 ans et plus est passé de 8,1% à 8,3% entre 2012 et 2013. En 2014, cette catégorie de femmes représente un peu plus de 1,6 millions de personnes, dont 763 000 ont plus de 70 ans et 236 000 plus de 80 ans. Sur le registre de l’état de santé, tel que ressenti par les personnes, celui-ci se dégrade au-delà de 25 ans, aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Seules 27% des femmes de plus de 60 ans disent être en bon état de santé. Mais, en règle générale, plus le niveau d’instruction est élevé, plus la santé est perçue comme bonne.
De plus, les femmes occupées se déclarent en meilleure santé que les femmes au foyer. Concernant les maladies chroniques, 63,3% des femmes de plus de 60 ans (contre 48,2% d’hommes) déclarent en souffrir : l’hypertension artérielle touche 45,8% de femmes de cette même tranche d’âge, suivie du diabète (21%), des maladies articulaires (19,7%), des maladies cardiovasculaires (11,7%) et de l’asthme (3,5%).

Plus d’analphabètes parmi les plus de 50 ans
Dans les cycles primaire et moyen, le constat est le suivant : la proportion de filles parmi les enfants scolarisés s’est progressivement élevée, sans atteindre la parité.
Cependant, on assiste à un étrange phénomène, depuis le milieu des années 1990, celui du nombre de filles dans le secondaire qui a largement dépassé celui des garçons, alors que dans l’enseignement primaire et moyen le pourcentage des filles reste inférieur à 50%.
Par ailleurs, on observe une profonde différenciation dans la répartition selon le niveau d’instruction des femmes et des hommes : il y a 2 fois plus de femmes que d’hommes sans instruction (23,2% en 2012), mais la part des femmes ayant un niveau supérieur (9,4%) est légèrement plus élevée que pour les hommes (8,3%). Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des 50 ans, plus de la moitié des femmes est analphabète. De plus, on trouve moins de femmes que d’hommes ayant un niveau d’instruction supérieur.

Que font les femmes de leur temps ?
Le temps productif des femmes, consacré au travail, aux travaux ménagers, aux soins des enfants et des autres membres de la famille, à la formation et aux études, est en moyenne très nettement supérieur à celui des hommes. À l’inverse, le temps récréatif des femmes (10,7%) est plus réduit que celui des hommes (12,4%), aussi bien consacré à la participation sociale qu’aux loisirs, médias et jeux.  
Les résultats révèlent qu’on est encore dans la répartition “traditionnelle” des tâches : aux femmes les travaux à l’intérieur du foyer, aux hommes les tâches à l’extérieur et la maîtrise des dépenses (achats et gestion du ménage). Seules 8% des femmes, notamment en milieu urbain, participent aux courses et à la gestion du ménage.

Il y a travail et… travail
Les femmes exerçant un travail rémunéré (au sens du BIT) consacrent en moyenne 5,3 heures quotidiennement au travail contre 7,2 heures pour les hommes.
De plus, près de 7 fois plus de femmes (21,1%) que d’hommes (3,4%) sont mobilisées pour les soins des enfants et 4 fois plus pour des soins aux adultes (3,1%). En moyenne, les femmes consacrent 5 fois plus de temps aux enfants que les hommes.
Ce travail des femmes ainsi que l’aide qu’elle apporte à un membre de la famille dans son travail est souvent négligé, voire sous-estimé par les enquêtes sur l’emploi féminin.
En matière de loisirs des femmes, ceux-ci sont dominés par la télévision (82%), avant les promenades (3%), la lecture (1,5%), les loisirs et jeux de société (0,8%), les loisirs informatiques (3,5%) et la pratique du sport (0,3%). Autre précision : les femmes travailleuses et vivant en ville ont le plus d’activités culturelles et de loisir.
Les excursions sont la principale activité, alors que le cinéma figure comme un loisir très marginal. On note, en outre, que peu de femmes participent à un mouvement associatif. En milieu urbain, ce sont les associations à but humanitaire qui attirent les femmes (près de 34%), tandis qu’en milieu rural, ce sont les associations religieuses et culturelles. En ville, ce sont surtout les mères qui participent aux associations de parents d’élèves, à l’inverse de campagnes, où seuls les pères en font partie.

L’emploi féminin, dites-vous ?
La grande majorité des femmes (61%) sont femmes au foyer et seules 17% sont sur le marché de l’emploi : 14% travaillent et 3% sont à la recherche d’un travail.
Même si le nombre de femmes sur le marché du travail augmente régulièrement, elles représentaient moins de 20% de la population active totale (contre plus de 63% chez les hommes), en avril 2014. On apprend que près du tiers des femmes divorcées travaillent, contre 11% de femmes mariées et 18% de célibataires. Dans le secteur public, 61% des femmes y travaillent : 45% dans les métiers intellectuels et scientifiques et 29% dans l’administration.
Dans le secteur privé, le métier d’artisane domine (45%), suivi par les services aux particuliers (18%). Enfin, soulignons que 10% des entreprises sont dirigées par des femmes entrepreneuses, dans plusieurs wilayas du pays, souvent en milieu urbain. Les secteurs d’activité investis sont notamment les services (14,4%), l’industrie (9,4%) et le commerce (7,9%).

Ces femmes qui osent !
L’annuaire statistique 2014 du Ciddef met en relief les réalisations des autres secteurs, à l’exemple de celui de l’enseignement supérieur, sans pour autant omettre les aspects négatifs, concernant la condition féminine. On signale, à ce propos, la “forte tolérance” de la violence intrafamiliale et notamment conjugale, mais également les limites des “perspectives” ouvertes aux femmes qui voudraient échapper aux violences (absence de protection immédiate des victimes, insuffisance de centres d’hébergement, problèmes d’emploi, de logement...). Pourtant, grâce à la mobilisation d’associations, à l’action des médias (radio et presse écrite) et à l’engagement des pouvoirs publics, la violence contre les femmes est un phénomène reconnu.
Un chapitre dédié aux “femmes qui osent” fait état des avancées dans le système judiciaire (41% des juges et 42% des avocats sont des femmes, en plus de la nomination, en octobre 2014, d’une femme procureur général près de la cour de Boumerdès), dans le football au féminin (clubs ASE Alger-Centre, Affak Relizane, AS Intissar Oran, APDSF Tizi Ouzou…). Sans oublier ces femmes pilotes de ligne et commandants de bord, à Air Algérie et à Tassili Airlines.

H. A.

Pour la seconde année consécutive, le Ciddef vient de rendre public son annuaire statistique 2014 “L’égalité en marche”, consacré aux femmes algériennes.

Le document de 80 pages, réalisé avec le soutien de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), s’inscrit dans le cadre de la mise en place de l’observatoire des droits des femmes, en Algérie. En puisant dans différentes sources (ONS, ministères de l’Enseignement supérieur et de la Justice, presse écrite nationale, enquête sur l’emploi, enquête Enet de 2012, etc.), en rassemblant et en recoupant les informations chiffrées concernant la femme algérienne, le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef) donne corps à une “base de données spécialisée”, qui a longtemps fait défaut, et fournit surtout de la visibilité sur un secteur sensible et primordial, confiné encore dans le cyclone des traditions.
D’ores et déjà, le Ciddef appelle à “l’urgence” de l’actualisation des chiffres, notamment ceux se rapportant au travail féminin (18%), ressassés par l’ONS, mais sans changement depuis plusieurs années. “Ce n’est pas normal, les femmes qui travaillent sont plus nombreuses, dans la réalité”, nous confient les militantes de l’association, estimant que toutes celles qui ont été oubliées “sont dans l’informel”.
Par ailleurs, le Ciddef déplore l’insuffisance d’indicateurs qui servent pourtant à “mettre en place des stratégies”.
À travers la réalisation d’un tel annuaire annuel, le but fixé par le Centre est d’évaluer “les progrès réalisés” en Algérie en matière d’égalité entre les hommes et les femmes.
D’ailleurs, les deux annuaires statistiques de 2013 et de 2014 s’inscrivent dans cette dynamique ou démarche, qui consiste à faire le point sur les avancées (enseignement, âge au mariage, espérance de vie, accès au logement, à l’électricité et à l’eau potable…), mais également à toucher du doigt les insuffisances, à alerter sur les domaines où des inégalités et des déséquilibres perdurent et où les résultats observés méritent réflexion et résolution.
Pour le Ciddef, la croissance de la population “reste forte”, l’indice de fécondité “remonte” (signe que “la transition démographique n’est pas établie”) et l’emploi féminin demeure “limité”. De plus, peu de femmes accèdent aux postes de décision et la violence à l’égard des femmes “continue à faire des victimes”, et ce, malgré les avancées en matière de législation. Pour l’association, l’heure est à la mise en place de “mesures volontaristes”, accompagnées d’“actions pour un changement de mentalité”, pour faire disparaître ces stéréotypes persistants sur les rôles et les capacités des femmes et des hommes.
Aujourd’hui, le Ciddef estime que “la volonté politique existe” et doit donc s’attaquer aux “pratiques sociales” qui entravent l’évolution des rapports égalitaires entre les deux sexes.
D’où l’importance de permettre aux femmes d’être “autant responsables que les hommes dans l’élaboration des programmes politiques”. Pour réaliser les actions dont parle le président de la République (discours du 8 mars 2014, ndlr) et lever les obstacles qui gênent à la fois l’épanouissement et la liberté des femmes, et l’effectivité de l’égalité. Mais que disent les chiffres ?

La démographie dans tous ses états
Approchée, la pyramide des âges présente des caractéristiques particulières, qui sont loin de rassurer la transition démographique, engagée dans notre pays depuis déjà 25 ans. Cette tendance avec la reprise des naissances peut s’expliquer par certains facteurs comme la reprise de la fécondité à la fin de la période de violence, et le retour des “valeurs traditionnelles”. L’annuaire de 2014 met en évidence la hausse de l’âge moyen des filles au premier mariage, qui atteint aujourd’hui 29 ans. Il montre “la convergence des modes de vie et des aspirations des jeunes filles urbaines et rurales et la même tendance à poursuivre des études”. L’autre constat est la progression du célibat des femmes, à partir de 40 ans : 15,6% de femmes entre 40 et 44 ans sont célibataires contre 9,5% des hommes du même âge.

Recul du logement locatif
L’intérêt à l’habitat s’explique parce que les caractéristiques et les commodités du logement “influent sur la vie des femmes”. À ce sujet, on observe que la majorité des ménages (71%) évoluent dans des maisons individuelles, même si 35% des ménages urbains vivent dans les immeubles. De plus, la grande majorité des ménages sont propriétaires de leur logement, tandis que le logement locatif représente seulement 12% des logements. Les avancées concernant le réseau d’eau potable, le réseau public d’éclairage et l’accès au gaz (naturel ou en bouteille) y sont évoquées. Quant au réseau d’égouts, “il est moins général, surtout en milieu rural”. Par ailleurs, on note que presque tous les foyers disposent d’une télévision, équipée d’une parabole pour capter les chaînes étrangères. Il en est de même de la cuisinière et du téléphone portable (90,7%). Moins du tiers des ménages dispose d’un véhicule et près d’un quart possède un ordinateur.
Santé, comment vas-tu ?
L’espérance de vie à la naissance est de 77,6 ans pour les femmes en 2013 (contre 76,5 ans pour les hommes), soit 10 ans de plus qu’en 1990. Un des éléments à prendre en compte dans les politiques publiques est celui des femmes âgées, dont le nombre continue à croître : le taux des femmes âgées de 60 ans et plus est passé de 8,1% à 8,3% entre 2012 et 2013. En 2014, cette catégorie de femmes représente un peu plus de 1,6 millions de personnes, dont 763 000 ont plus de 70 ans et 236 000 plus de 80 ans. Sur le registre de l’état de santé, tel que ressenti par les personnes, celui-ci se dégrade au-delà de 25 ans, aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Seules 27% des femmes de plus de 60 ans disent être en bon état de santé. Mais, en règle générale, plus le niveau d’instruction est élevé, plus la santé est perçue comme bonne.
De plus, les femmes occupées se déclarent en meilleure santé que les femmes au foyer. Concernant les maladies chroniques, 63,3% des femmes de plus de 60 ans (contre 48,2% d’hommes) déclarent en souffrir : l’hypertension artérielle touche 45,8% de femmes de cette même tranche d’âge, suivie du diabète (21%), des maladies articulaires (19,7%), des maladies cardiovasculaires (11,7%) et de l’asthme (3,5%).

Plus d’analphabètes parmi les plus de 50 ans
Dans les cycles primaire et moyen, le constat est le suivant : la proportion de filles parmi les enfants scolarisés s’est progressivement élevée, sans atteindre la parité.
Cependant, on assiste à un étrange phénomène, depuis le milieu des années 1990, celui du nombre de filles dans le secondaire qui a largement dépassé celui des garçons, alors que dans l’enseignement primaire et moyen le pourcentage des filles reste inférieur à 50%.
Par ailleurs, on observe une profonde différenciation dans la répartition selon le niveau d’instruction des femmes et des hommes : il y a 2 fois plus de femmes que d’hommes sans instruction (23,2% en 2012), mais la part des femmes ayant un niveau supérieur (9,4%) est légèrement plus élevée que pour les hommes (8,3%). Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des 50 ans, plus de la moitié des femmes est analphabète. De plus, on trouve moins de femmes que d’hommes ayant un niveau d’instruction supérieur.

Que font les femmes de leur temps ?
Le temps productif des femmes, consacré au travail, aux travaux ménagers, aux soins des enfants et des autres membres de la famille, à la formation et aux études, est en moyenne très nettement supérieur à celui des hommes. À l’inverse, le temps récréatif des femmes (10,7%) est plus réduit que celui des hommes (12,4%), aussi bien consacré à la participation sociale qu’aux loisirs, médias et jeux.  
Les résultats révèlent qu’on est encore dans la répartition “traditionnelle” des tâches : aux femmes les travaux à l’intérieur du foyer, aux hommes les tâches à l’extérieur et la maîtrise des dépenses (achats et gestion du ménage). Seules 8% des femmes, notamment en milieu urbain, participent aux courses et à la gestion du ménage.

Il y a travail et… travail
Les femmes exerçant un travail rémunéré (au sens du BIT) consacrent en moyenne 5,3 heures quotidiennement au travail contre 7,2 heures pour les hommes.
De plus, près de 7 fois plus de femmes (21,1%) que d’hommes (3,4%) sont mobilisées pour les soins des enfants et 4 fois plus pour des soins aux adultes (3,1%). En moyenne, les femmes consacrent 5 fois plus de temps aux enfants que les hommes.
Ce travail des femmes ainsi que l’aide qu’elle apporte à un membre de la famille dans son travail est souvent négligé, voire sous-estimé par les enquêtes sur l’emploi féminin.
En matière de loisirs des femmes, ceux-ci sont dominés par la télévision (82%), avant les promenades (3%), la lecture (1,5%), les loisirs et jeux de société (0,8%), les loisirs informatiques (3,5%) et la pratique du sport (0,3%). Autre précision : les femmes travailleuses et vivant en ville ont le plus d’activités culturelles et de loisir.
Les excursions sont la principale activité, alors que le cinéma figure comme un loisir très marginal. On note, en outre, que peu de femmes participent à un mouvement associatif. En milieu urbain, ce sont les associations à but humanitaire qui attirent les femmes (près de 34%), tandis qu’en milieu rural, ce sont les associations religieuses et culturelles. En ville, ce sont surtout les mères qui participent aux associations de parents d’élèves, à l’inverse de campagnes, où seuls les pères en font partie.

L’emploi féminin, dites-vous ?
La grande majorité des femmes (61%) sont femmes au foyer et seules 17% sont sur le marché de l’emploi : 14% travaillent et 3% sont à la recherche d’un travail.
Même si le nombre de femmes sur le marché du travail augmente régulièrement, elles représentaient moins de 20% de la population active totale (contre plus de 63% chez les hommes), en avril 2014. On apprend que près du tiers des femmes divorcées travaillent, contre 11% de femmes mariées et 18% de célibataires. Dans le secteur public, 61% des femmes y travaillent : 45% dans les métiers intellectuels et scientifiques et 29% dans l’administration.
Dans le secteur privé, le métier d’artisane domine (45%), suivi par les services aux particuliers (18%). Enfin, soulignons que 10% des entreprises sont dirigées par des femmes entrepreneuses, dans plusieurs wilayas du pays, souvent en milieu urbain. Les secteurs d’activité investis sont notamment les services (14,4%), l’industrie (9,4%) et le commerce (7,9%).

Ces femmes qui osent !
L’annuaire statistique 2014 du Ciddef met en relief les réalisations des autres secteurs, à l’exemple de celui de l’enseignement supérieur, sans pour autant omettre les aspects négatifs, concernant la condition féminine. On signale, à ce propos, la “forte tolérance” de la violence intrafamiliale et notamment conjugale, mais également les limites des “perspectives” ouvertes aux femmes qui voudraient échapper aux violences (absence de protection immédiate des victimes, insuffisance de centres d’hébergement, problèmes d’emploi, de logement...). Pourtant, grâce à la mobilisation d’associations, à l’action des médias (radio et presse écrite) et à l’engagement des pouvoirs publics, la violence contre les femmes est un phénomène reconnu.
Un chapitre dédié aux “femmes qui osent” fait état des avancées dans le système judiciaire (41% des juges et 42% des avocats sont des femmes, en plus de la nomination, en octobre 2014, d’une femme procureur général près de la cour de Boumerdès), dans le football au féminin (clubs ASE Alger-Centre, Affak Relizane, AS Intissar Oran, APDSF Tizi Ouzou…). Sans oublier ces femmes pilotes de ligne et commandants de bord, à Air Algérie et à Tassili Airlines.

© H. A