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Essai Samir Bellal- "La crise du régime rentier"

Date de création: 31-05-2018 16:43
Dernière mise à jour: 31-05-2018 16:43
Lu: 23 fois


ÉCONOMIE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH-ESSAI SAMIR BELLAL – « LA CRISE DU RÉGIME RENTIER.... » 

 La crise du régime rentier. Essai sur une Algérie qui stagne. De Samir Bellal (Préface de Smail Goumeziane). Editions Frantz Fanon, 900 dinars, 287 pages

Le livre reprend « avec quelques modifications et actualisations », l’essentiel d’une thèse de doctorat en économie, ayant pour titre « Essai sur la crise du régime rentier d’accumulation en Algérie –une apporoche en termes de régulation »  soutenue en mars 2011 (Université de Lyon 2/France) .

Sa publication vient à point nommé, au moment où la situation économique de l’Algérie « connaît une détérioration manifeste »  suite au contre- choc pétrolier de 2014 ; l’effondrement des cours du pétrole mettant ,en fait, à nu, l’extrême fragilité de l’édifice économqiue construit ces dernières années.

Pourquoi ? L’auteur n’y va pas par quatre chemins : « le marasme apparaît comme la résultante d’une régulation économique ambigüe dont les contours prennent la forme d’une combinaison périlleuse associant , d’un côté , un libéralisme puéril, et de l’autre , un étatisme stérile ». Rien que ça !

Cinq chapitres :

1/ Un rappel des termes du débat autour de la problématique de l’accumualtion du capital à partir d’une rente externe. La théorie dominante dite du « Dutch disease » ou « Syndrome hollandais »  est évoquée.....Notre maladie : la « pétrolarisation du  budget de l’Etat » ou l’ «  intoxication pétrolière » !

2/ Un examen des effets pervers  de l’usage politique de la rente externe (la rente pétrolière) sur la dynamique d’accumulation du capital en Algérie .

3/ La description des changements institutionnels qui se sont produits dans le sillage de la « libéralisation »  entamée au lendemain de la crise de 1986.

4/ L’examen de l’impact des nouvelles configurations institutionnelles , instituant ,de fait, un nouveau mode de régulation sur le régime rentier d’accumulation.

5/ Enfin , l’essai de formulation d’une problématique de changement institutionnel, compte tenu des spécificités du régime d’accumulation à l‘œuvre dans le pays .  Avec, comme caractéristiques, depuis les début des années 90 : La résistance du régime rentier au changement de l’environnement externe/ L’omniprésence du politique/ L’absence de cohérence, synonyme d’absence de projet économique/ Le poids des contraintes/La séquence et la vitesse des réformes engagées

Note : Qu’est-ce que le « Dutch disease » (ou « Syndrome hollandais »)  ? Apparu (in « The Economist ») au cours des années 70, faisant référence aux difficultés rencontrées par l’économie hollandaise suite à la mise en exploitation, dans les années 60, des réserves de gaz naturel du gisement de Slochteren.....L’économie s’est alors trouvée confrontée à un étrange phénomène. La production industrielle  n’a pas augmenté et l’investissement privé a chuté.....On a vu le même phénomène en Australie  où un développement du secteur minier s’était accompagné d’un déclin relatif de l’industrie manufacturière....Globalement, il désigne l’ensemble des effets néfastes créés dans une économie par l’expansion du secteur qui produit la ressource naturelle exportée (il peut s’agir de plusieurs produits de base...ou d’importants flux de capitaux) .Les pays occidentaux touchés ont réussi à surmonter le mal....Pourquoi pas nous ? A condition de surmonter nos maux ...politiques et instaurer une vie politique démocratiquement vraie.

 

L’Auteur : Né en 1968. Diplômé de l’Institut national de la Planification et de la Statistique,Inps –Alger. Enseignant à  l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

Extraits : « La libéralisation en Algérie semble avoir failli à sa vocation principale, du moins celle à laquelle la doctrine libérale fait souvent explicitement référence, à savoir l’extinction des rentes, toutes les rentes  »  (p 269),

Avis :Un titre....et un sous-titre...... et une préface-  qui en disent long et qui annoncent la couleur. Cependant, ce  n‘est pas un pamphlet. C’est une démarche argumentée recourant à de multiples références théoriques et empiriques. Il est vrai que l’ « invraisemblable crise de tout un pays, l’Algérie, sa permanence et les difficultés à y remédier par les réformes »  ont  de quoi ouvrir toutes les pistes en vue d’un diagnostic et de solutions. Bref, comme le dit Lahouari Addi, c’est « un livre stimulant qui enrichit la réflexion académique sur l’expérience algérienne » (Le Soir d’Algérie, mercredi 2 mai 2018)....mais,  peut-être, déprimant pour le grand public ? Certainement incompréhensible par ...tous ceux qui  « profitent » (ou qui  ont profité ou qui comptent en  profiter )  ......de la rente. Et, « on » est assez nombreux ! Presque tous.  Des riches comme des démunis.  

 Citations : « Si la rente énergétique a « bloqué » le développement , c’est parce qu’elle n’a jamais été utilisée  comme valeur d’échange s’insérant dans une logique marchande, mais comme valeur d’usage, c’est-à-dire comme richesse  destinée à être détruite dans la consommation » (p 18)  , « Dans leur rôle de canalisation des comportements individuels et collectifs, les formes institutionnelles agissent selon trois principes d’action qu’il convient de distinguer dans toute analyse : la loi, soit un principe de contrainte ; le compromis, soit un principe de négociation ; la communauté  d’un système de valeurs ou de représentation, soit un principe de routine » (p 22), « La rente pétrolière n’est ni une malédiction, encore moins une bénédiction. Tout dépend , encore une fois, de l’usage qui en est fait par la société «  (p 272), « L’expérience de certains pays rentiers montre que le clientélisme , comme mode de régulation, est une tentation politique qui peut être combattue avec succès , pour peu que le pouvoir politique en saississe le caractère impératif » (p 272).