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Comptes bancaires illégaux- Hsbc Suisse- Révélations Swissleaks/Le Monde/Icij

Date de création: 17-02-2015 19:10
Dernière mise à jour: 17-02-2015 19:10
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FINANCES – ETRANGER - COMPTES BANCAIRES ILLEGAUX- HSBC SUISSE-REVELATIONS SWISSLEAKS /LE MONDE/ICIJ
Plus de 400 clients algériens ou liés à l'Algérie possèdent des comptes illégaux dans la filiale suisse (Private Bank) de la banque britannique HSBC. Le montant global placé dans cette banque est de 671 millions de dollars, selon une enquête conjointe du quotidien français Le Monde avec The International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), qui se sont basés sur des documents fournis par un ex-employé français de la banque, qui couvrent la période entre 2006 et 2007.

Dans la filiale suisse de la banque britannique, les Algériens ou supposés tels possèdent 1.148 comptes dont 10% portent la nationalité algérienne. Ce scandale financier ne concerne pas seulement l'Algérie, mais également le Maroc, la France, les Etats-Unis, le Venezuela ou l'Arabie Saoudite. Ces comptes ouverts par des Algériens ou au nom d'Algériens ont été ouverts à partir de 1970 jusqu'à 2006. Ce qui est sûr, c'est que ces comptes placés dans la Private Bank de HSBC sont illégaux, dès lors que tout Algérien résidant en Algérie n'a pas le droit de détenir un compte à l'étranger, sauf dérogation. L'Algérie est classée dans ce panthéon du blanchiment d'argent, à la 55e place, et le compte le plus approvisionné est de 34 millions de dollars, selon l'ICIJ qui en donne de larges comptes rendus sur son site électronique. Même si elle est loin des chiffres record dont 31,2 milliards de dollars pour la Suisse (N.1), 21,7 Mds de dollars pour la Grande-Bretagne (seconde place) ou, surprise, le Venezuela avec 14,8 milliards de dollars, qui arrive en troisième position, l'Algérie figure bien dans cette liste de clients de la HSBC PB, une banque classée dorénavant comme une
‘'lessiveuse'' et accusée par la justice française de blanchiment d'argent.

Les Etats-Unis viennent en 4e position avec 13,4 Mds de dollars, et la France au 5e rang avec 12,5 Mds de dollars. Mais si les auteurs de cette enquête, qui a duré p
lusieurs années, ne donnent aucune information des clients algériens de la filiale suisse de HSCB, des figures de cinéma, des hommes d'Etat, des organisations terroristes et des sportifs, dont des footballeurs, ont des comptes illégaux placés dans cette banque.

Ainsi, le roi du Maroc Mohammed VI a un compte à son nom et à celui de son secrétaire particulier avec 9,1 millions de dollars en 2006/2007, le roi de Jordanie Abdallah II avec 41 millions de dollars. D'autres clients, comme le comédien français Gad El Maleh ou le footballeur uruguayen Diego Forlan, le pilote de formule 1 espagnol Fernando Alonso sont également cités comme clients de cette banque.

Dans le listing des propriétaires de ces comptes illégaux, il y a notamment des trafiquants d'armes ou de stupéfiants, des financiers d'organisations terroristes, des hommes politiques, des vedettes du showbiz, des icônes du spot ou des industriels. En fait, les fuites sur ce système international de fraude fiscale ont été rendues possibles grâce à plus de 60.000 documents volés fournis au fisc français par un ex-employé de HSBC Private Bank à la fin de l'année 2008. Le Monde, qui a obtenu la totalité des fichiers établis par les services fiscaux français à partir des documents volés, les a partagés avec une soixantaine de médias internationaux coordonnés par l'ICIJ. L'affaire de Private Bank, ou «SwissLeaks», implique par ailleurs plus de 100.000 clients et 20.000 sociétés offshore à travers le monde, alors que, selon les mêmes investigations, 180,6 milliards d'euros auraient transité à Genève par ces comptes entre novembre 2006 et mars 2007.



La justice française enquête en fait depuis plusieurs années sur cette affaire, qui s'achemine, selon un avocat de la banque britannique, vers un règlement à l'amiable, et donc au versement d'une amende, et évite un procès coûteux avec de fortes amendes. Aux Etats-Unis par contre, HSBC, soupçonnée de blanchiment de l'argent des cartels de la drogue mexicains notamment, a été condamnée à une amende légère: 1,9 milliard de dollars. Une sentence qui avait fait vivement réagir en juillet 2013 la sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren.
‘'Combien de milliards de dollars faut-il blanchir, combien d'embargos faut-il violer pour qu'on envisage enfin de fermer une banque comme celle-ci ?'', avait-elle clamé, scandalisée par la simple sanction de 1,9 milliard de dollars infligée à la filiale américaine de HSBC, qui a été reconnue coupable de blanchiment de l'argent de la drogue des cartels mexicain et colombien et d'organisations en lien avec le terrorisme. La banque avait tout avoué, notamment l'ouverture de guichets pour blanchir les valises de billets des narcotrafiquants, le cash étant convoyé par avions et véhicules blindés jusqu'aux Etats-Unis. Ce trafic avait duré sept ans, de 2003 à 2010. Enfin, la même banque britannique est soupçonnée d'avoir facilité ou couvert des transactions financières d'organisations terroristes via des banques arabes, dont la banque saoudienne Al Rajhi, alors proche d'Al-Qaïda.

Complément :  

La gigantesque enquête menée par le Consortuim international des journalistes d’investigation sur les comptes bancaires qui étaient dissimulés en 2006 chez HSBC Private Banking à Genève n’a pas fini pas de faire des vagues (publication février 2015) .

Pour ce qui concerne l’Afrique, l’ensemble des comptes identifiés dans cette banque, et qui ont pu être rattachés à un pays, représente un volume global de 13,4 milliards de dollars, appartenant à 7765 clients africains.

L’Egypte (3,5 milliards pour 700 clients), l’Afrique du Sud (2 milliards pour 1787 clients) et le Maroc (1,6 milliard pour 1068 clients) occupent les premières marches du podium africain de l’évasion de capitaux. Viennent ensuite l’Erythrée (sic), l’Algérie, le Kenya, la Tunisie ou encore la Libye.

Il ne s’agit là que des comptes d’une seule banque à Genève. Ainsi, par exemple, au Maroc, les experts évaluent l’ensemble des capitaux évadés du pays entre 45 et 70 milliards de dollars. HSBC Genève n’en hébergeait donc qu’une infime partie, entre 2 et 3%. Ce qui donne la mesure de l’ensemble de capitaux africains évadés sur l’ensemble des banques de gestion de fortune de la planète