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Banque d'Algérie 1er semestre 2014

Date de création: 05-08-2014 14:16
Dernière mise à jour: 22-11-2014 15:19
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FINANCES – CONJONCTURE – BANQUE D’ALGERIE 1er SEMESTRE 2014

Les perspectives à court terme de l’économie mondiale à travers la tendance baissière des prix du pétrole sur le marché international et les contre-performances des exportations d’hydrocarbures du pays n’ont pas été sans conséquence sur l’économie nationale.

En dépit de sa résilience à travers sa faible exposition financière extérieure, son niveau élevé des réserves de changes et la flexibilité du taux de change, l’économie algérienne n’arrive pas encore à se départir de sa vulnérabilité face aux chocs extérieurs. Cette fragilité a été confirmée par l’évolution de la balance des paiements extérieurs au 1er trimestre 2014, impactée par le recul dans les exportations du pétrole et du gaz et la baisse des prix de l’énergie.
C’est ce qui ressort de la note de conjoncture du 1er trimestre 2014 établie (Dimanche 3 août 2014)  par la Banque d’Algérie (BA). Sur le marché international de l’énergie, le prix du baril de Brent s’est inscrit à la baisse au cours du 1er trimestre 2014, passant de 111,4 dollars début janvier à 107 dollars à fin mars. Cette évolution a été marquée beaucoup plus par des facteurs temporaires, à savoir l’hiver rude aux États-Unis… et la situation de dépréciation du dollar face à l’euro. En moyenne trimestrielle, le prix du pétrole algérien s’est établi à 109,55 dollars/baril au 1er trimestre 2014, en baisse de 2,6% par rapport au 1er trimestre 2013 où il a été évalué à 112,51 dollars/baril

Contraction des exportations d’hydrocarbures à 15,57 milliards de dollars
Parallèlement à cette situation, les importations de biens fob (Free On Board) ont légèrement reculé au 1er trimestre 2014 pour s’établir à 14,09 milliards de dollars par rapport à la même période de l’année passée (14,2 milliards de dollars) où le 2e trimestre avait enregistré un haut en la matière (15,09 milliards de dollars), précise la note de la Banque centrale. “Il s’agit là d’une tendance favorable, même si le montant des importations de biens au 1er trimestre 2014 est supérieur aux niveaux atteints aux 3e et 4e trimestres 2013”, commentent les rédacteurs de la note.
Pour ces derniers, la diminution des importations de biens au 1er trimestre 2014 relativement à la même période de l’année 2013 “est due à la contraction de celles des produits pétroliers et des biens de consommation non alimentaires, en situation de progression des importations des produits semi-finis et des biens d’équipements industriels. Ces derniers, qui occupent le premier rang avec une part de 28,13%, ont enregistré une hausse de 6,7% par rapport à leur niveau du 1er trimestre 2013”.
Quant aux produits semi-finis qui ont atteint 19,5% du total des importations, ils occupent le deuxième rang et se sont accrus de 4,6% au cours du trimestre sous revue comparativement à la même période de l’année dernière.
La contraction des exportations d’hydrocarbures a eu également un effet direct sur la balance commerciale. “Le 1er trimestre 2014 a enregistré un amenuisement de l’excédent de la balance commerciale à 1,84 milliard de dollars contre 3,78 milliards de dollars au titre de la même période de 2013, soit une moindre performance…”, souligne la BA.

Balance des paiements : un déficit de 470 millions de dollars
Cet amenuisement de l’excédent de la balance commerciale comparativement au 1er trimestre 2013 a influé directement sur le compte courant de la balance des paiements extérieurs qui, selon les tendances monétaires et financières de la Banque d’Algérie, affiche un déficit de 470 millions de dollars, et ce, malgré l’“augmentation des transferts nets et la diminution du déficit des revenus des facteurs au 1er trimestre 2013”.
La Banque des banques enregistre avec satisfaction, cependant, la progression de près d’un milliard de dollars de l’encours des réserves de changes, sans l’or, qui est évalué à 194,961 milliards de dollars contre 194,012 milliards de dollars à fin décembre dernier. “L’augmentation des réserves de changes est plus significative comparativement à leur niveau de fin mars 2013 (189,768 milliards de dollars)”, affirment les analystes de l’institution que dirige Mohamed Laksaci.
Pour ces experts, la poursuite de la progression des réserves de changes au cours du 1er trimestre 2014 contribue à consolider la position financière extérieure nette de l’Algérie, appuyée par un niveau historiquement bas de la dette extérieure qui se situe à 3,561 milliards de dollars à fin mars 2014 contre 3,396 milliards de dollars à fin décembre 2013 et 3,451 milliards de dollars à fin mars 2013.

Réserves de changes : 194,961 milliards de dollars
“Le niveau des réserves de changes ainsi accumulées dépasse les seuils d’adéquation habituels pour les pays émergents, ce qui permet à l’Algérie de faire face à d’éventuels chocs externes et de préserver la stabilité extérieure”, rassure, en revanche, la Banque d’Algérie qui, mentionne-t-on dans le document trimestriel, a poursuivi au 1er trimestre 2014 la gestion prudente des réserves officielles de changes en mettant de plus en plus en avant le suivi rigoureux et la gestion des risques, au moyen notamment de mesures de prudence appropriées pour préserver le capital des investissements de toute perte, tout en atteignant “un niveau de rendement acceptable” compte tenu de la persistance de l’environnement de faibles taux d’intérêt mondiaux. À fin mars dernier, les emprunts publics à 10 ans aux États-Unis affichaient, précisent les statistiques de la BA, un rendement de 2,72% contre 1,55% pour les titres publics allemands de même maturité, pour ne citer que cet exemple.
Par ailleurs, le 1er trimestre 2014 a subi une appréciation du dinar contre le dollar américain (0,7%) par rapport au même trimestre de l’année 2013. Parallèlement, le cours de change moyen du dinar contre l’euro s’est déprécié de 3,38% au 1er trimestre 2014 (106,7062 euros/DA) par rapport au même trimestre de l’année passée (103,213 euros/DA). Une chose est certaine, le taux de change effectif réel du dinar s’est en définitive déprécié de 1,81% au 1er trimestre 2014 par rapport à la même période de 2013.
Sur un autre registre, les crédits bancaires à l’économie ont atteint 5 314 milliards de dinars à fin mars 2014 dont 74,25% au titre des crédits à moyen et long terme contre 72,4% à fin 2013. Les prêts aux entreprises privées atteignent plus de 2 427 milliards de dinars contre 2 367 milliards de dinars en 2013 et progressent ainsi de 19,50%. Quant aux crédits aux ménages, ils ont augmenté de 4% à un rythme proche de celui des crédits à l’économie. Concernant la liquidité bancaire, elle s’est légèrement améliorée et a atteint plus de 2 978 milliards de dinars à fin mars dernier contre plus de 2 865 milliards de dinars à la même période de l’année 2013.
En ce qui concerne l’inflation des prix à la consommation, elle a enregistré, en glissement annuel, note la BA, une baisse de 3,55 points de pourcentage par rapport à mars 2013. Cette tendance baissière est générée par la faible baisse de l’inflation en glissement de l’ensemble des groupes, à l’exception de celui de l’éducation-culture et loisirs. Estimée à 1,98% en moyenne annuelle, l’inflation est descendue en dessous de 2% pour la première fois depuis octobre 2006.

 BANQUE CENTRALE – NOTE PREMIER SEMESTRE 2014

 La note de conjoncture de la Banque centrale signale une contraction des réserves de changes à 193,269 milliards de dollars, une baisse des ressources du Fonds de régulation des recettes de 5 238,80 milliards de dinars à 4 773,51 milliards de dinars et un déficit de la balance des paiements de 2,3 milliards de dollars.

La baisse des quantités d’hydrocarbures exportées durant le premier semestre de l’exercice actuel n’a pas été sans conséquence sur les revenus du pays. Les exportations du pétrole et du gaz ont enregistré un recul de 1,37% pendant le premier semestre 2014 et se sont établies à 31,83 milliards de dollars contre 32,27 milliards de dollars à la même période en 2013. Cette baisse en rythme semestriel de ces exportations s’explique par la diminution des quantités exportées, évaluée à -1,02%, soit de 51,11 millions de TEP (tonne équivalent en pétrole) au premier semestre 2013 à 50,59 millions de TEP à la même période de l’année en cours.
En dépit d’une “relative bonne tenue” des prix des hydrocarbures qui ont atteint 110,27 dollars/baril au 2e trimestre 2014 contre 109,55 dollars/baril au 1er trimestre 2014, les recettes pétrolières sont maintenues entre 31 et 32 milliards de dollars. “La ventilation des exportations indique que la baisse des hydrocarbures gazeux exportés, estimée à -1,34 milliard de dollars, n’a été compensée que partiellement par l’augmentation des exportations d’hydrocarbures liquides, évaluée à +0,90 milliard de dollars”, explique la note de conjoncture du premier semestre 2014 de la Banque d’Algérie.
Parallèlement, indique le document de la Banque d’Algérie, les importations de biens ont poursuivi leur progression à 29,83 milliards de dollars au premier semestre 2014 contre 29,22 milliards de dollars à la même période de 2013. “Cet emballement des importations est dû aux hausses enregistrées par les groupes des biens d’équipements industriels, produits semi-finis et biens alimentaires, dans un contexte de recul de celles liées aux groupes énergie et biens de consommation non alimentaires”, explique la Banque d’Algérie.
L’analyse par groupe de produits montre que les importations de “biens d’équipements industriels”, qui occupent le premier rang avec une part relative de 29,2%, ont enregistré une hausse de l’ordre de 9,3% au premier semestre 2014, contribuant ainsi à hauteur de 123% à la hausse totale des importations de biens.
Cet accroissement a concerné davantage l’importation des turbines à gaz. Avec une contribution de 77,4% à la hausse totale des importations, les importations de “produits semi-finis” qui occupent le second rang, avec une part relative de 20,7%, ont progressé de 8,2% au cours de la période sous revue.

Des importations en hausse…
“Avec une part relative de 18,2% les situant au troisième rang, les importations de ‘biens alimentaires’ ont connu une hausse sensible, passant de 4,8 milliards de dollars au premier semestre 2013 à 5,4 milliards de dollars au titre de la période sous revue”, affirment les rédacteurs de la note.
Ce sont les importations de lait et de poudre de lait qui ont le plus augmenté, passant de 645,5 millions de dollars au cours du premier semestre de 2013 à 1,2 milliard de dollars au cours du premier semestre de 2014.
Les importations de “biens de consommation non alimentaires”, qui occupent le quatrième rang avec une part relative de 16,8%, ont, quant à elles, enregistré une baisse, passant de 5,3 milliards de dollars au cours du premier semestre 2013 à 5 milliards de dollars au cours de la même période de 2014.
Ce recul est dû à celui des importations de véhicules de tourisme à 1,8 milliard de dollars au premier semestre 2014 contre 2,3 milliards de dollars au premier semestre 2013, pendant que les importations de médicaments se sont accrues (1,2 milliard de dollars au premier semestre 2014 contre 954 millions de dollars au premier semestre 2013).
Cette situation marquée par la hausse des importations de biens, conjuguée au recul des exportations en la matière, a engendré une contraction de l’excédent commercial de la balance des paiements de l’ordre de 911 millions de dollars, passant de 3,667 milliards de dollars au premier semestre 2013 à 2,756 milliards de dollars au premier semestre 2014. À cela, il y a lieu d’ajouter le déficit du poste “services hors revenus des facteurs” qui s’est aggravé de 851 millions de dollars, passant de 3,2 milliards de dollars au premier semestre de 2013 à 4,1 milliards de dollars au premier semestre 2014.
Ce creusement du déficit intervient à la suite de la hausse des importations des services techniques et de ceux liés au bâtiment et travaux publics, qui ont progressé, respectivement, de 297 et de 444 millions de dollars.
Par ailleurs, les sorties de ressources au titre des revenus de facteurs se sont, quant à elles, stabilisées à 4 milliards de dollars en rythme semestriel.
Or, les transferts nets se sont légèrement améliorés, passant de 1,4 milliard de dollars au premier semestre 2013 à 1,5 milliard de dollars au premier semestre 2014. Résultat : “Le déficit du compte courant de la balance des paiements s’est aggravé au cours du premier semestre de l’année en cours, passant de 350 millions de dollars au premier semestre 2013 à 2,3 milliards de dollars au premier semestre de 2014, sous l’effet de la contraction de l’excédent du solde commercial et du creusement des déficits des postes services et revenus”, constate la Banque centrale. Cet état de fait a provoqué, ainsi, une contraction des réserves officielles de changes à 193,269 milliards de dollars à fin juin 2014, après une progression au second semestre 2013 à 194 milliards de dollars en fin de période.
Malgré cette tendance défavorable, précise la banque des banques, le niveau des réserves de changes “reste adéquat pour permettre à l’Algérie de faire face à une persistance du choc sur la balance des paiements extérieurs pour le reste de l’année ou au-delà, d’autant que l’encours historiquement bas de la dette extérieure (3,719 milliards de dollars à fin juin 2014 contre 3,396 milliards de dollars à fin décembre 2013) concourt à la position financière extérieure nette”. La “faible contraction” des recettes pétrolières s’est, selon les rédacteurs de la note, conjuguée à des exportations hors hydrocarbures en hausse “appréciable”, atteignant 757 millions de dollars au premier semestre 2014 contre 620 millions de dollars durant la même période de 2013.
Sur un autre registre, la situation monétaire dévoile un amenuisement des créances nettes de l’État sur le système bancaire, sous l’effet principalement d’une contraction des ressources du Fonds de régulation des recettes à 4 773,51 milliards de dinars à fin juin 2014 contre 5 238,80 milliards de dinars à fin 2013. Cette contraction est liée à la forte augmentation des décaissements au titre des dépenses d’équipements par rapport au premier semestre 2013, en situation de poursuite de la progression des dépenses courantes. La liquidité bancaire a été évaluée à 2 757,89 milliards de dinars à fin juin 2014.
Les crédits bancaires à l’économie ont atteint les 5 760,61 milliards de dinars à fin juin 2014 contre 5 156,30 milliards de dinars à fin décembre 2013. Plus de 51% de ces prêts sont accordés au secteur privé.