Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Presse - Miliani Hadj (III/V)

Date de création: 16-02-2014 21:46
Dernière mise à jour: 16-02-2014 22:10
Lu: 477 fois


 

 

 COMMUNICATION – ETUDES ET ANALYSES- PRESSE ECRITE -MILIANI HADJ (III/V)

 

LA PRESSE ECRITE EN ALGERIE

POSITIONNEMENTS MEDIATIQUES ET ENJEUX LINGUISTIQUES

© Par MILIANI Hadj,  Université de Mostaganem – CRASC/2013

 

A la fin de l’année 2009, parmi les sites web algériens de presse les plus populaires en Algérie10, les quatre premiers titres étaient des quotidiens

arabophones : 1. echoroukonline.com ; 2. elkhabar.com ; 3. elheddaf.com ; 3.

ennaharonline.com ; 4. elwatan.com ; 5. lebuteur.com ; 6.liberte-algerie.com. Il faut

signaler la place, encore modeste, de journaux électroniques algériens d’information,

essentiellement francophones (avec quelques cas de version en arabe). Le site algeriainterface.

com, créé en 1999, a été le pionnier de cette génération de publication sur le

net. Parmi les plus réputés actuellement, nous pouvons citer Tout sur l’Algérie lancé

en juin 2007, Dernières Nouvelles d’Algérie, maghrebemergent.com, vivalalgerie.

com, Kalima DZ, Algérie1.

Tous ces indices, qui méritent d’être corrélés à d’autres variables (facteurs de

notoriété, rubriques lues, indices de confiance, etc.), montrent que nous sommes bien

en face d’une double immersion culturelle au travers de la lecture de presse

massivement arabophone en terme quantitatif, et d’un ancrage diversifié de la presse

francophone en terme qualitatif. Mais ce que configure cette forte présence de la

presse (une des plus denses en Afrique et dans le Monde Arabe), c’est bien une

pratique de la lecture préférentielle. On voit dans certaines enquêtes partielles qu’elle

est souvent le seul support de lecture pour une majorité d’Algériens alphabétisés. Mais

il faut, pour expliciter (en partie) cette préférence, prendre en compte les problèmes

liés, par exemple, à la disponibilité du livre, à sa diversité, à sa diffusion et à son

accessibilité (prix, réseaux de bibliothèques, etc.). Il y a également l’absence de

télévisions et de radios « indépendantes »/privées en mesure d’offrir des informations

plus diversifiées que celles données par la télévision et les radios publiques actuelles,

ainsi que la faiblesse relative de l’accès à Internet.

DES REALITES LINGUISTIQUES AUX POSITIONNEMENTS ECONOMIQUES

Ces dernières années, l’évolution du marché de la presse est très rapide, , à la

fois à travers la création et la disparition de titres, mais également par le dynamisme

ou le fléchissement de certaines publications. Cependant, un certain nombre

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

NOTE : 8/ Parmi les 30 millions d’enquêtés, plus de 40% d’entre eux déclarent lire et écrire en arabe alors

qu’environ moins de 2% seulement disent le faire en langue française (enquête menée en 2008 par

l’Office National des Statistiques ).

9 / Selon l’enquête réalisée par IDEATIC & Med&Com, en septembre 2009, 80,8% des internautes

algériens lisent la presse en ligne.

10 / Echoroukonline et elkhabar.com proposent des versions en français et en anglais de leur journal en

ligne, ce qui n’est pas le cas de la presse francophone sur le net. Les sujets, souvent polémiques, donnent

lieu sur ces sites à d’intenses débats entre internautes et offrent, malgré quelques dérapages verbaux, un

véritable espace public d’échanges interactifs.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

d’observateurs considèrent cette multiplicité de titres comme une donnée assez

inhabituelle par rapport aux normes économiques :

En Algérie, nombreux sont les spécialistes qui constatent que «

l’existence de plus de trente quotidiens francophones ou arabophones

(dont les deux tiers en français) à vocation nationale est un non-sens

économique ». Comment autant de titres parviennent-ils à survivre alors

que seuls quelque six quotidiens peuvent compter sur leur diffusion pour

se maintenir ? (Kraemer, 2002 : 199)

Dans un secteur où plus des deux tiers des entreprises de presse sont privées, il

est évident que la concurrence est active pour gagner à la fois un lectorat plus

important et attirer le maximum d’annonceurs publicitaires., même si on reconnaît

que, pour les deux tiers des titres, la survie économique dépend en grande partie des

crédits accordés par les entreprises d’impression publiques. Les nouvelles méthodes

managériales initiées par les journaux les plus en vue les ont amenés à commander

des études de marché ou à solliciter des sondages, et de rendre largement compte des

résultats mettant en valeur leur place dans le paysage de la presse écrite. Si dans leurs

articles, les journaux les plus importants évitent directement de faire part de leur

rivalité commerciale, idéologique et/ou linguistique, ils réfèrent régulièrement à ces

différents sondages, enquêtes (qu’ils commanditent ou pas) pour faire valoir leur

positionnement stratégique au regard de leur lectorat, des annonceurs et de la

profession.

En juillet 2007, le quotidien arabophone El Khabar citait une étude réalisée par

l’Institut français IMMAR classant les journaux les plus lus par région en Algérie. Sur

les quatre régions, El Khabar est classé en tête dans trois d’entre elles (Est, Ouest et

Sud) et second pour le Centre. Son concurrent, Echourouk Al Yaoumi est classé à la

troisième place à l’Est, à l’Ouest et au Sud et à la 4ème place au Centre. Le premier

quotidien francophone classé est El Watan à l’Est (4ème), Le Quotidien d’Oran à

l’Ouest (2ème place), Liberté (1ère place) au Centre et à la 2ème place au Sud. L’enquête

conclut que le lectorat de l’Est est le plus arabisé et celui du Centre le plus francisé.

On voit que dans cet ensemble de données, à cette période (2007), ce qui paraît

important pour El Khabar c’est de montrer, face à la montée en puissance de son

concurrent immédiat Echourouk Al Yaoumi, qu’il était largement en tête auprès du

lectorat arabisé. La presse francophone apparaît disqualifiée par une sorte

d’atomisation territoriale, chacun des titres importants étant leader dans une région. Il

en ressort ainsi qu’en plus de leur modeste tirage, par rapport aux titres leaders de la

presse arabophone, El Watan, Liberté et le Quotidien d’Oran ne disposent pas d’un

pourcentage de lecteurs conséquent au niveau national.

Pour sa part, le quotidien francophone El Watan sollicitera une autre expertise qui

permettra une valorisation du journal non pas au niveau national, mais au plan

continental. Dans cette enquête, 4 International Media and Newspapers (4IMN),

montre que les positions acquises par les journaux algériens indiquent une plus forte

visibilité de la presse francophone qui se classe aux 5ème (El Watan), 7ème, 10ème, 16ème

187

et 46ème places, alors que la presse arabophone occupe les 2ème et 33ème places11(El

Watan, 2010).