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Carte de journaliste professionnel -Ahcene Djaballah Belkacem

Date de création: 31-12-2013 15:44
Dernière mise à jour: 31-12-2013 15:44
Lu: 614 fois


COMMUNICATION – EUDES ET ANALYSES – CARTE DE JOURNALISTE PROFESSIONNEL – AHCENE DJABALLAH BELKACEM –

 

 

Journée d’étude et débat avec les journalistes sur le projet de décret exécutif concernant la Carte d’identité du journaliste professionnel, organisés par la ministère de la Communication, dimanche 29 décembre 2013 (Résidence El Mithaq, Alger)

Intervention de cadrage

 

 

Tout d’abord,

un petit tour du monde de la carte de journaliste professionnel, sur la base de quelques exemples significatifs. On  peut, ainsi,  dégager quatre (4) approches méthodologiques dans la gestion de la carte :

 

1/ Celle , assez rigide et corporatiste ,à l’exemple de l’Italie : Il y a un Ordre des Journalistes (composé d’un Ordre national et d’antennes régionales) qui délivre la carte .

La loi stipule que « nul ne peut prendre le titre de journaliste ou pratiquer cette profession sans être inscrit au registre de l’Ordre »

2 catégories sont inscrites dans l’annuaire :

. Les professionisti…. personnes qui pratiquent leur métier de manière exclusive.

. Les publlicisti…………qui exercent une autre profession en plus du journalisme.

Le registre prévoit une autre catégorie , celle des praticanti (ou journalistes débutants) , ainsi qu’une liste spéciale pour les journalistes de nationalité étrangère travaillent dans le pays

A noter que l’accès à la profession  est soumis à un examen (test d’aptitude écrit et oral) organisé par l’Ordre.

L’Ordre a sa Charte des devoirs du journaliste

On peut adjoindre à ce pays la Belgique. Il n’y a pas de carte, mais il y a des documents d’identification avec un N° dit d’AGREATION , sorte de laissez-passer national valable 1 année (avec un insigne spécial pour le véhicule) ……… ; et c’est le ministère de l’Intérieur qui les fournit. On passe , bien sûr, par l’Association générale des Journalistes Professionnels et l’Association des Journalistes de la Presse périodique

Conditions : Travailler en Information générale, à titre principal et, en mesure de prouver 2 années de revenus journalistiques. Il y a une carte de stagiaire délivrée par l’Association.  

L’Espagne est en train de se diriger vers une organisation corporatiste (la Constitution prévoit , par la loi, des Collèges professionnels …Seul, celui des journalistes n’a pas été organisé (pour, dit-on, des raisons politiciennes internes) mais les régions autonomes sont en train de légiférer dans ce sens (Catalogne, Pays Basque, Navarre ..)

 

2/ Celle qui laisse aux Associations de journalistes et d’ éditeurs une totale liberté d’organisation : Il y a les exemples de la Suisse où trois Associations de journalistes gèrent la Carte de presse suisse et gèrent des Registres des Professionnels des Médias (RP). D’où une « guerre des cartes de presse….et même les éditeurs de la presse écrite quotidienne ou périodique de la Suisse Romande a lancé , en 2006, sa propre carte de presse (avec desc avantages matériels comme la lovation de véhicules, le téléphone ….) suivant l’exemple de son pendant alémanique qui avait lancé l’idée plusieurs années auparavant

Il ya , aussi l’Australie dont la Constitution ne garantit pas la liberté d’expression……et la censure est donc « possible ». D’ailleurs, l’Australie figure dans la liste des « Ennemis de l’Internet » de RSF. Il y a , heureusement, un syndicat qui veille aux droits des journalsites et qui permet à ses membres d’obtenir une carte de la presse de la FIJ. D’autres organsismes proposent également la leur, rendant la visiblité et la reconnaissance de chacune ocbscure 

Il y a , aussi , le Brésil où depuis 2010, la Fédération nationale des journalistes , qui rassemble les Syndicats de journalistes brésiliens, et les représente au niveau national, délivre sa propre carte de presse. Auparavant, il fallait détenir un diplôme supérieure de journalistme et s’inscrire dans un registre professionnel (au ministère du Travail) afin d’être considéré comme journaliste . L’autodidacte était exclu de la profession

Il y a, aussi, avec une appproche identique, la Norvège, la Suède, le Canada (le Québec)…

 

3  / Celle qui est totalement inorganisée, se suffisant de principes constitutionnels : Il y a les Etats Unis d’Amérique . Le 1er amendement de la Constitution américaine garantit la liberté de la presse. Il n’y a pas de définition légale du journaliste et il faut voir du côté des lois adoptés individuellement par les Etats sur la protection des sources, les « Shield Laws » (39 Etats ainsi que le District de Comumbia à fin  2013. Chaque Etat apporte sa définition du journaliste

Il n’a pas de carte de presse  et la plupart des journalistes ont des cartes fournies par leur propre employeur.

La Society of Professionnal Journalists , une organisation journalistique fondée en 1909, ne délivre pas de carte de presse mais tente de promouvoir le comportement déontologique et propose un code d’éthique

On peut y ajouter l’Allemagne où la presse est considérée comme un 4è pouvoir . La profession reste ouverte à tous ceux qui veuelent la pratiquer .

  L’Association allemande des Journalistes (30 000 membres, tous des journalistes à temps plein ) négocie les conventions collectives , délivre une carte , non obligatoire bien qu’utile . Il y a d’autres associations . Le respect de la déontologie est assuré par un Conseil allemand de la presse, un organe d’autocontrôle qui évalue également les plaintes relatives aux publications et qui a élaboré un code de déontologie

 

4  / Celle qui se situe dans un système mixte : Il y a , en tête la France, avec , au départ, un texte réglementaire d’essence étatique puis, par la suite, un organisme paritaire indépendant qui promeut l’auto-régulation.

En France, la carte de presse est délivrée par une Commission de la Carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) , organisme mixte paritaire fondé en 1935 et composé à parts égales de journalistes professionnels et de représentants des employeurs

Il est mandaté par l’Etat et non par un Syndicat ou par un employeur

Et, le métier de journaliste est définui par le Code du travail

Après 1945, la carte est devenue obligatoire « afin d’épurer la presse des anciens collabos » 

A perdu de son importance. Mais reste un symbole fort , garant de l’indépendance de la profession et un outil indispensable face aux acteurs quotidiens de l’information. Conditions pour l’obtenir : 3 derniers bulletins de salaire, certificat de l’employeur spécifiant la fonction et le montant des appointements, quelques exemples de production…Frais de dossier de 48 à 50 euros à parts égales par l’employeur et le journalistes, carte de stagiaire, carte de pigiste (avec respect de règles), renouvellement chaque année, chômeur pris en compte….

Il y a la même approche au Luxembourg : Conseil de presse paritaire créé par une loi de 79 complétée en 2007. Membres nommés par arrêté grand-ducal sur PROPOSITION des milieux professionnels respectifs. A missions larges (code de déontologie, questions de liberté d’’expresion..)

Il ya la Côte d’Ivoire (carte d’identité de journalistes professionnels et de professionnels de la communication/ commission partitaire instituée par loi de 2004 , installée en 2007)

Il y a l’Algérie ; ce qui était prévu par la loi d’Avril 90

Il y a la Tunisie (problème non réglé en raison de la représentation syndicale qui a 3 membres dans la commission où il y a un conseiller du tribunal administratif)…

 

 

Enfin, on peut tirer quelques conclusions ou résumer la chose :

 

1 /  La carte d’identité de journaliste professionnel est , désormais, une NECESSITE………..non pour ses avantages matériels , mais surtout pour son utilité  dans l’exercice du métier

A telle enseigne que nous avons aujourd’hui, UNE CARTE INTEERNATIONALE qui est en train de s’imposer de plus en plus à travers la FIJ. La FIJ (150 associations profesionnelles ou syndicats nationaux affiliés) représente 600 000 membres dans plus de 120 pays et elle est reconnue par les Nations unies comme l’entité habilitée à s’exprimer au nom des journalistes. Elle émet donc une carte de presse reconnue mondialement at qui permet à ses titulaires de recevoir de l’assistance en cas de problèmes . Valable 2 ans et contre paiement : environ 45 dollars

Le journaliste s’engage à respecter le code d’éthique de la FIJ

www.ifj.org

 

 

2/ Dans tous les pays, sauf bien sûr, dans les désormais rares pays dictatoriaux et non démocratiques, la carte relève , de plus en plus, du système d’auto-régulation, c’est-à-dire  avec une gestion directe (de l’étude du dossier jusqu’à la délivrance et/ou le retrait de la carte) par les journalistes eux-mêmes…………..avec, parfois, mais pas toujours, le soutien discret , surtou au départ, afin de donner des assises juridiques aux futures actions, des Appareils étatiques  (aux Etats Unis et dans les pays où il n’y pas de règlementation précise, , l’assisse jurique est  la Constitution) .

 

3/ L’auto-régulation s’opère par le biais de Conseils paritaires, journalistes et éditeurs

 

4/ D’une manière générale, la possession d’une carte de journalistes professionnelle est toujours liée au respect de règles ou d’un code d’éthique et de déontologie

 

5/ et, enfin et surtout, l’existence d’Associations et d’organisations professionnelles fortes (journalistes, éditeurs et autres…) 

 

 

 Et, pour conclure :

une citation priseau hasard :

 « La carte, c’est le droit permanent de regard de la profession sur elle-même. C’est le contrôle du journalisme par les journalistes »