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Sports scolaires- El Watan/Abdelghani Aichoun

Date de création: 25-12-2013 14:30
Dernière mise à jour: 25-12-2013 14:30
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SPORTS – ENQUETES ET REPORTAGES - SPORTS SCOLAIRES- EL WATAN/ABDELGHANI AICHOUN

Sport scolaire : Un créneau mal exploité dans le développement sportif

© Par Abdelghani Aichoun, El Watan,  24 décembre 2013 

 

Le débat autour de la formation dans le sport est omniprésent sur la scène sportive nationale. Il refait surface à chaque mauvaise performance d’une équipe nationale ou d’un club.

Un débat qui se fait de plus en plus persistant sans que, toutefois, des solutions soient envisagées. Hormis quelques actions ponctuelles, rien, ou peu, a été initié dans le but de relancer la formation sportive en Algérie. Le problème est encore plus visible dans le football, une discipline plus que médiatisée. Si la formation au sein des clubs est quasi absente, ou de mauvaise qualité, la situation est encore plus compliquée en ce qui est du sport scolaire, jadis, un des terreaux de la formation en général.
Le système scolaire algérien, dans sa configuration actuelle, et malgré toutes les réformes initiées au fil des années, n’accorde pas d’importance majeure au sport. Une importance qui décline au fur et à mesure qu’on descend d’un palier de l’enseignement à un autre. Pourtant, c’est là justement qu’un enfant reçoit l’initiation au sport. S’il acquiert les bases de la pratique sportive au primaire, l’évolution, par la suite, est plus en moins fluide et son intégration au sein d’un club est plus qu’aisée. Ceci en plus du fait que cette pratique pourrait faire découvrir à l’enfant une vocation.

Sur le terrain, la chose est tout autre. Selon des chiffres qui nous ont été communiqués par la Fédération algérienne du sport scolaire (FASS), le déficit en enseignants d’EPS (éducation physique et sportive), au sein du système scolaire algérien, avoisine les 50%. Un chiffre qui concerne bien évidemment les deux paliers, moyen et secondaire.
Dans le premier palier, le primaire, ces enseignants ne sont pas carrément prévus. Ainsi, selon toujours ces sources, il y a 13 000 enseignants d’EPS seulement pour un ensemble de 24 000 établissements scolaires. Presque un enseignant pour deux établissements. Ce qui est très insuffisant. Au-delà des raisons ayant conduit à cette situation, liées entre autres aux capacités de formation des centres spécialisés dans le sport et à la création de postes budgétaires, ce déficit fait qu’un élève sur deux environ ne pratique pas le sport durant son cursus. Pourtant ce n’est pas l’intérêt qui fait défaut. De plus, le sport n’est pas une matière facultative.


Pas d’enseignants de sport au primaire


Au primaire, c’est une tout autre problématique. Le système éducatif n’a pas prévu de séances de sport supervisées par un «spécialiste». Dans le planning de l’écolier, le sport a sa place. Mais c’est l’instituteur «habituel» qui doit s’en charger. Une personne qui, généralement, n’a aucune qualification en la matière. L’adjoint du directeur technique national (DTN) de la Fédération algérienne du sport scolaire (FASS), Abdelaziz Slimani, nous a déclaré que durant les années soixante-dix, l’instituteur du primaire bénéficiait d’une formation d’une quinzaine de jours en enseignement du sport. Il recevait les rudiments de l’apprentissage de la pratique sportive.

Ce qui ne se fait plus actuellement. Celui-ci préconise de revenir à cette méthode : prodiguer une formation de quelques jours pour les instituteurs. En somme, quand ces séances ne sont pas carrément annulées, les enseignants se contentent d’imposer des «tours de piste» aux élèves. Ils les dirigent d’après ce qu’ils gardent, de mémoire, de leur jeunesse. L’enseignement du sport au primaire n’est plus «académique». «Je leur fais quelques tours de piste et des exercices rudimentaires durant leurs séances», nous a déclaré une enseignante dans une école primaire de la commune de Aïn Benian, à l’ouest d’Alger. Celle-ci affirme qu’elle ne s’appuie nullement sur une méthode académique. Elle ajoutera que certains de ses collègues «annulent carrément les séances de sport», sans que cela provoque de réaction de la part de la direction. L’autre problème est lié à l’absence d’infrastructures nécessaires dans certains cas. Dans beaucoup d’écoles, il n’y pas d’espace dédié au sport. La séance est programmée dans la cour de l’école avec une surface souvent inadapté et source de risques de blessures pour les enfants.


Un déficit en enseignants d’EPS au moyen et au secondaire


Ainsi, ce n’est qu’en atteignant le cycle moyen que l’élève est pris en charge par une personne qualifiée, un enseignant d’EPS. Mais comme signalé plus haut, il y a un déficit énorme en la matière. Un déficit qui, faut-il le dire, touche même les clubs, puisque, selon le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, si les catégories seniors ne font pas face à ce problème, les catégories inférieures souffrent du manque de techniciens qualifiés. Lors d’une conférence de presse animée au lendemain de sa réélection à la tête de la FAF, au mois de février dernier, celui-ci a indiqué que le football national enregistre un manque de 9000 entraîneurs. Ce qui ne veut pas dire, bien évidemment, que le problème est réglé là où il y a un enseignant spécialisé dans le sport. Le sport s’arrête quand la séance se termine. La pratique n’est pas «pérenne». On ne constitue plus automatiquement, dans tous les établissements, des équipes de football, volley-ball, handball ou autres, qui s’entraînent régulièrement. Si ces dernières sont mises sur pied c’est à l’occasion d’événements ponctuels. «On organise des tournois. Beaucoup d’élèves y prennent part. Mais ce sont des actions ponctuels et non une pratique qui est suivie tout au long de l’année», nous a déclaré Azedine Bensaadi, secrétaire général de la FASS. En d’autres termes, là où la direction de l’éducation est dynamique, des événements sportifs sont organisés, et les écoliers y prennent part avec plaisir, mais dès que l’activité en question se termine, l’équipe concernée est mise en veilleuse.

De plus, il n’y a pas de rapports consolidés entre les établissements scolaires et le mouvement sportif. Combien de talents sportifs ont été détectés par leurs enseignants et pris en charge par un club sportif ? Le chiffre pourrait être insignifiant et souvent le résultat de rapports personnels et privilégiés entre l’EPS et le dirigeant du club. Tout cela pour dire que le sport scolaire ne représente plus beaucoup dans le système sportif algérien, si système il y a. «L’enseignement de l’éducation physique et sportive est obligatoire à tous les niveaux de l’éducation nationale et de la formation et de l’enseignement professionnels. Elle est sanctionnée par des épreuves d’évaluation», stipule pourtant l’article 15 de la loi n° 13-05 du 23 juillet 2013 relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives. 
 

Moins de 4% d’élèves seulement participent à des compétitions inter-scolaires :

La pratique sportive dans l’école, au-delà de son aspect éducatif, se mesure, entre autres, par le nombre de licenciés, c’est-à-dire d’élèves qui prennent part à des compétitions sous l’égide de la Fédération nationale du sport scolaire (FASS). Et, à ce titre, les chiffres sont loin d’être satisfaisants, mais reflétant, néanmoins, la réalité du terrain. Selon des responsables de la FASS, il y a, actuellement, 331 000 licenciés.

Un chiffre qui représente 3,90% du nombre global d’élèves scolarisés l’année 2013-2014 lequel est de 8 470 007. Ce qui est insignifiant sachant que l’enseignement du sport est obligatoire à l’école algérienne. De plus, les enfants sont souvent intéressés par les compétitions sportives.

Cela renvoie à une situation où le sport scolaire ne bénéficie pas de l’attention nécessaire de la part des responsables, ce qui fait qu’au fil du temps, les événements sportifs interscolaires deviennent de moins en moins présents dans l’école algérienne. La FASS espère hausser ce chiffre, relatif au nombre de licenciés, à 350 000, voire 400 000 dans un avenir proche.    

 A. A.