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Thèse Banque d'Algérie juin 2013

Date de création: 18-06-2013 21:06
Dernière mise à jour: 18-06-2013 21:06
Lu: 389 fois


FINANCES –  BALANCE DES PAIEMENTS – THESE BANQUE D’ALGERIE  JUIN 2013

 (c) D. Akila , El Moudjahid, 17 juin 2013. Extraits 

Les crédits à l’économie ont augmenté de 6,27% au 1er trimestre 2013 par rapport à la même période de 2012. L’Algérie est-elle réellement face à un choc externe similaire à celui de 2009 conséquemment à la baisse de ses revenus pétroliers, comme l’a fait entendre récemment le gouverneur de la Banque d’Algérie ?  Mohamed Laksaci a affirmé, en fait, que le solde global de la balance des paiements de l’Algérie est estimé à seulement 846 millions de dollars, au premier trimestre, contre un excédent de 4,164 milliards de dollars  durant la même période de 2012. « En référence au 1er trimestre 2009,  cela peut s’interpréter comme un choc pour la balance des paiements extérieurs  en 2013 », a déclaré le gouverneur de la BA qui soulignera, pour la circonstance, que le prix de pétrole a  fléchi de 5,70% au cours du premier trimestre en sus d’un recul des quantités  d’hydrocarbures exportées (-8,86%). Un déséquilibre qui a conduit au recul des recettes d’hydrocarbures du pays, de plus de 3 Mds de dollars, au cours du 1er trimestre 2013 pour atteindre 17,53 Mds de dollars contre 20,37 Mds de dollars  durant la même période de 2012, soit une contraction de 13,9%.
Des données sur lesquelles est revenu, dimanche 16 juin 2013 (Chaîne III) , le conseiller auprès du gouverneur de la Banque d’Algérie pour poser la question, à savoir si ce choc aura la même ampleur que celui de 2009. Les faits s’expliquent par le fait que les prix du pétrole ont été, en moyenne trimestrielle, de l’ordre de 112,5 dollars alors qu’au 1er trimestre de 2012, ils étaient à 119 dollars. Les prix du 1er trimestre 2012 par rapport à ceux de la même période de 2013 ont baissé de 5,7%. Cette légère diminution des prix, a affirmé  Djamel Benbelkacem, s’est accompagnée d’une diminution des quantités exportées, soit de 8,86% et, donc au total, en valeur, les exportations d’hydrocarbures, qui représentent 98% de nos exportations globales, ont diminue de 13,9%. Cette baisse en valeur de nos exportations d’hydrocarbures, s’est accompagnée, a-t-il poursuivi,  d’une augmentation des importations durant le 1er trimestre 2013, de 8,6%. Cette augmentation, en elle-même, ne pose pas problème, dira l’invité de la rédaction de la Chaîne III qui précisera que « le problème reste plutôt lié à la structure de ces augmentations des importations ». Le constat, en fait, est que ce sont les biens de consommation non alimentaires, notamment les voitures, qui ont dopé la facture, soit 83%, alors que les biens de consommation alimentaires n’ont augmenté que de 15%. Par ailleurs, les biens d’équipement industriels ont diminué de 22%. « C’est la conjonction de ces deux phénomènes qui doit être analysée », fera-t-il remarquer. Selon D. Benbelkacem : « Il est encore trop tôt pour déduire à un choc similaire à celui de 2009 ». L’intervenant rappellera, ici, que le gouverneur de la Banque d’Algérie a parlé de référence au choc 2009, « du fait que le 1er trimestre 2013 présentait des similitudes ». « Il faudra suivre le développement  de la situation pour établir cette similitude », a-t-il ajouté.  Fait conjoncturel ou pas « cela dépendra de ce qui détermine cette diminution d’abord au titre des prix. Concernant les exportations d’hydrocarbures, « elles diminuent depuis 2006 et les avis divergents » sur cet aspect.

Réserves de changes : un effet de valorisation
Le conseiller du gouverneur de la BA confirme, une fois de plus, que la fragilité de l’économie de  l’Algérie  « reste liée à la forte dépendance des hydrocarbures, soit 98%, une situation qui génère un potentiel  de vulnérabilité ». Aussi, « le problème ne provient pas du fait, que ce sont les biens intermédiaires qui augmentent, mais réside  « dans l’augmentation des importations de biens de consommation non alimentaires ». Dans cet ordre d’idées, il a déploré le fait que « nous disposons d’une ressource non renouvelable qui est le pétrole mais, qui, au lieu d’être utilisée dans l’investissement pour préparer l’avenir et la diversification de l’économie, on est train de le consommer ». Concernant les réserves de changes, « il faut rappeler qu’il n’y a pas de baisse réellement », soutient M. Benbelkacem qui évoquera, par contre « un effet de valorisation ». En clair, « nos réserves de changes, libellées, une partie en dollars et une partie en euros, entre autres, subissent « cette variation des fluctuations entre les monnaies ». Nos réserves étant majoritairement libellées en dollars, «  il y a eu un petit effet de valorisation qui est négatif ». Plus explicite, il confirmera « qu’il  n’y a pas eu une ponction sur les réserves de changes » d’autant plus qu’il s’agit  « d’une très légère baisse » ce qui ne suppose pas une baisse réelle, cette dernière  étant le résultat d’une balance des paiements négative, « or ce n’est pas le cas ». Dans ce sillage, « si on compare le solde global de la balance des paiements, les entrées de devises moins les sorties, au titre de toutes les transactions entre les résidants en Algérie, et le reste du monde, le solde de 2012 aura été de 12 Mds de dollars ce qui donne à peut près 3 milliards de dollars par trimestre. En 2011, il a été de 20 Mds, soit 5 Mds par trimestre alors qu’on est à seulement 800 millions de dollars pour le 1er trimestre 2013 ». « Il faut voir à moyen et long terme. L’Algérie  doit diversifier son économie pour éviter d’éventuels chocs. On devrait être plus conscients de notre vulnérabilité » avertit D. Benbelkacem. Ce haut responsable de la BA a rappelé, pour la circonstance, « que depuis 2006, nos exportations d’hydrocarbures diminuent », mais qu’en parallèle « notre consommation d’énergie augmente ».

L’investissement productif marchand reste très faible
L’investissement productif marchand est très faible en Algérie. Hors hydrocarbures, il a été de 5% en 2008, 5,2% en 2007 et 11% en 2010, ce qui est relativement faible, alors que le taux de l’investissement global a été de 39%.. Djamel Benbelkacem qui fera que rappeler un constat établi, a indiqué que « les crédits à l’économie sont en hausse, chaque année, mais que nous partons d’une base extrêmement faible ». « Nous avions une base importante dans les années 1980 mais avec le retrait de l’Etat de l’investissement productif marchand, le privé devait reprendre le flambeau durant la phase de transition de notre économie, ce qui n’a pas été le cas malheureusement », a déploré le conseiller de la Banque d’Algérie.  
Les indicateurs qui permettent d’apprécier ou d’évaluer la rentabilité et la solidité des banques ne sont pas forcément directement liés aux exportations ou le solde global de la balance des paiements, devait préciser l’intervenant. Faudra-t-il opter, ainsi, pour une politique prudentielle ? « Le problème ne se pose pas ainsi ». Autrement expliqué, « c’est bien que les crédits soient en hausse, mais il faut que ces crédits soient sains », à même d’éviter les créances non performantes. En chiffres, il affirmera que les crédits à l’économie ont augmenté de 6,27% au 1er trimestre 2013 par rapport à la même période de 2012. Les montant globaux des crédits au secteur privé ont atteint 2.369 milliards de dinars alors que, les montants alloués au public ont totalisé 2.205 Mds DA, soit près de 5.500 Mds DA au total. Il ressort que les crédits accordés au privé sont plus importants, soit une augmentation de 5,1% et 7,5% pour le secteur public.  La part des crédits, à moyen et long termes, qui représentent, en principe, les crédits d’investissement, a augmenté à 70,2% fin mars 2013, alors que les crédits aux ménages ont augmenté de 4,4%.  Dans le même sillage, les créances non performantes à fin 2011, représentaient 14% des crédits globaux. Mais, si on prend les créances  provisionnées sur lesquelles les banques ont opéré des ponctions sur leur valeur ajoutée, (produit net bancaire), le chiffre descend à 4%, indiquera D. Benbelkacem  qui affirmera que la part des créances non performantes dans les crédits globaux baisse en Algérie d’année en année, mais que les efforts doivent être soutenus dans ce sens. « Il faut toujours tirer la sonnette d’alarme lorsqu’il s’agit de l’avenir de notre pays », a-t-il conclu.

Allocation de change : en attendant l’officiel
En ce qui concerne l’augmentation annoncée par le gouverneur de la Banque d’Algérie, en mars dernier, de l’allocation de changes au profit des ménages, l’invité de la rédaction s’est contenté d’admettre qu’il ne disposait actuellement d’aucune information à ce propos. Pour rappel, le gouverneur de la Banque d’Algérie avait fait part dernièrement que le taux de change serait revu à la hausse par la Banque d’Algérie à même de freiner l’impact du marché parallèle des devises. « Nous travaillons à la BA sur la révision des plafonds de l’allocation de change et cela vise à approfondir la convertibilité courante du dinar au profit des ménages pour restreindre leur recours au marché parallèle des devises », avait déclaré  Mohammed Laksaci qui déclarait que « la question est en cours d’étude au niveau de la BA ».

Inflation : une  décélération depuis janvier 2013
 Le conseiller du gouverneur de la Banque d’Algérie fait état d’une « véritable décélération de l’inflation depuis janvier 2013 ». On constate  après un pic du taux de l’inflation enregistré fin décembre, pour toute l’année 2012, avec une moyenne de 8,89% et une montée en janvier 2013, de 8,91%, (en raison des augmentations des tarifs des transports, etc.),  une véritable décélération de l’inflation à partir de janvier  2013. Et de se référer aux données de l’ONS  qui évoque une baisse à 6,9% en mai. Pour le Ramadhan, par ailleurs, le phénomène « est récurrent » car « depuis toujours, les prix augmentent » à cette période de l’année. Toutefois, cet état de fait, « n’aura pas d’incidences notables ou significatives sur l’inflation globale car il faudrait que l’inflation mensuelle de ce mois de Ramadhan soit supérieure à celle de l’année passée pour ce que ça se répercute sur la moyenne annuelle », souligne D. Benbelkacem.  L’inflation en 2012  est due au « choc de la demande liée aux fortes augmentations des salaires et rappels et à l’imperfection des marchés », indiquera-t-il. « Pour 2013, il n’y a pas d’augmentations substantielles des dépenses  des personnels de l’Etat donc les raisons de 2012 ne sont plus opérantes en 2013 », ajoutera-t-il.