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Diplomatie du Fln - Conférence de Bandoeng

Date de création: 21-04-2013 14:21
Dernière mise à jour: 21-04-2013 14:21
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HISTOIRE – ETUDES ET ANALYSES – DIPLOMATIE DU FLN – CONFERENCE DE BANDOENG

 La participation de la délégation du FLN à la Conférence de Bandung, au mois d’avril 1955, constitue la première victoire de la diplomatie algérienne et le prélude à l’internationalisation de la cause algérienne.
 Les 29 pays participant à la conférence, qui venaient d’accéder à l’indépendance et décidés à peser sur la politique internationale, avaient accordé «tout le soutien au droit du peuple algérien à son autodétermination».

Six mois après le déclenchement de la Révolution de Novembre, des nations émergentes ( la Conférence des nations afro-asiatiques est convoquée par les gouvernements de Birmanie, de Ceylan ( Sri Lanka actuellement), de l'Inde, d'Indonésie ) décidant de se pencher sur leur développement économique et la consolidation de leur souveraineté chèrement acquise se donnent rendez-vous, du 18 au 24 avril 1955 à Bandung, en Indonésie. La présence d’une délégation du Front de libération nationale (FLN) en tant qu’observateur à cet important rendez-vous, en dépit des pressions exercées par l’OTAN et la France, a été une victoire pour la diplomatie algérienne. La participation de la délégation algérienne n’était pas le fruit du hasard. Elle s’inscrivait en droite ligne des objectifs tracés dans la Déclaration du premier Novembre, en l’occurrence l’internationalisation du problème algérien, la réalisation de l’Unité nord-africaine dans le cadre naturel arabo-musulman, Et dans le cadre de la charte des Nations unies, affirmation de notre sympathie à l’égard de toutes nations qui appuieraient notre action libératrice. Et donc, il fallait accompagner la lutte armée d’une action diplomatique, pour faire connaître la cause algérienne, et la justesse du combat du peuple algérien pour son indépendance. La délégation extérieure du FLN devait assurer cette mission. En ce qui concerne la participation à la conférence de Bandung, ce sont Hocine Aït Ahmed et le défunt M’hamed Yazid, qui ont réussi à arracher la sympathie des pays participants en faveur de la question algérienne et  ont érigé l’Algérie en nation. Les deux hommes ont dirigé la délégation représentant les trois États maghrébins (Algérie, Maroc et Tunisie). La victoire du FLN est consacrée dans les résolutions de la conférence. Il faut dire que quatre hommes d’État de dimension mondiale, Nehru, Chou Enlai, Soekarno, Nasser, avaient été convertis à la  thèse anticolonialiste  défendue par le FLN, qui dénonçait la politique de la France coloniale. Ainsi, l’Algérie a réussi son entrée dans le concert des nations. Cette place sera gardée jusqu’à la fin de la guerre. Grâce au travail accompli par la délégation algérienne, qui avait fait un travail immense lors du rendez-vous de Bandung, la question algérienne était posée sur le plan international et l’ONU est saisie de la question algérienne. En septembre 1956, pour la première fois, la question algérienne est inscrite à l’ordre du jour de la 10e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Et c’est là où commencera le compte à rebours de la fin de la France coloniale, pour qui le glas avait sonné le premier novembre 1954.

Notes : Outre les pays promoteurs, les États suivants ont participé à la Conférence : Afghanistan, Cambodge, République populaire de Chine, Égypte, Éthiopie, Côte-de-l'Or, Iran, Irak, Japon, Jordanie, Laos, Liban, Liberia, Libye, Népal, Philippines, Arabie saoudite, Soudan, Syrie, Siam, Turquie, République populaire du Vietnam (Vietminh), État du Vietnam et Yémen. C’est la première conférence internationale qui réunit  les pays d’Asie et d’Afrique nouvellement issus de la décolonisation. Au total , 29 pays que l’économiste Alfred Sauvy, dans un article du Nouvel Observateur de 1952, venait de désigner sous le terme de Tiers-Monde.

Une charte inspirée par Nehru signée sur la base des principes suivants :   

1) Respect des droits humains fondamentaux en conformité avec les buts et les principes de la Charte des Nations unies ;
2) respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de toutes les Nations ;
3) reconnaissance de l'égalité de toutes les races et de l'égalité de toutes les Nations, petites et grandes ;
4) non-intervention et non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays ;
5) Respect du droit de chaque Nation de se défendre individuellement ou collectivement conformément à la Charte des Nations unies ;
6) refus de recourir à des arrangements de défense collective destinés à servir les intérêts particuliers des grandes puissances quelles qu'elles soient ; refus par une puissance quelle qu'elle soit d'exercer une pression sur d'autres ;
7) abstention d'actes ou de menaces d'agression ou de l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un pays ;
8) règlement de tous les conflits internationaux par des moyens pacifiques, tels que négociation ou conciliation, arbitrage ou règlement devant les tribunaux, conformément à la Charte des Nations unies ;
9) encouragement des intérêts mutuels et coopération ;
10) respect de la justice et des obligations internationales. (...).    


Abdelmadjid Chikhi, directeur général du Centre National des Archives :
“Chadli El-Mekki s’était désisté au profit du FLN”


“Le problème qui s’était posé à Bandung est qu’il y avait en fait deux délégations algériennes. La délégation du FLN, présidée par Aït Ahmed et M’hamed Yazid, et la délégation du MTLD, qui était présidée par Chadli El-Mekki. Les chefs d’État qui avaient préparé cette conférence, à savoir Ahmed Soekarno, pour l’Indonésie, Shoan   Li, pour la Chine, Djamel Abdennasser pour l’Égypte, Djawel Lel Nehru, pour l’Inde et Joseph Broz Tito pour la Yougoslavie – Joseph Broz Tito n’a pas assisté, mais la Yougoslavie était présente.
Ces 5 chefs d’État avaient posé la question : Qui représentera l’Algérie ? Parce qu’au début de la Glorieuse Révolution de Novembre, le FLN venait d’être créé. Partant de ce fait, ils avaient déclarés : «Nous n’avons pas encore de rapports avec ce mouvement, donc nous ne reconnaîtrons que le MTLD.
C’est à ce moment-là que Djamel Abdennasser avait demandé qu’on le laisse trancher la question. Aussi, il avait sollicité ses pairs pour lui permettre de régler le problème avec les Algériens. Le défunt président egyptien Djamel Abdennasser s’était ensuite entretenu avec les deux délégations.
En définitive, M. Chadli El-Mekki avait décidé de désister et de renoncer à participer avec la délégation comptant les membres du MTLD, et avait fait une confidence : "Il faut reconnaître un fait. La Révolution a bel et bien éclaté. Elle se poursuit et elle va de victoire en victoire. Donc, il n’est pas logique que le FLN ne soit pas représenté  à la conférence." Pour ce qui est de l’arrestation de la délégation du MTLD, je n’ai pas connaissance de ce fait. M. Chadli El- Mekki m’en a parlé dans les années 1970 et il n’a pas fait allusion à ce fait.
Il y a une chose qu’il faut souligner : si l’indonésie ne reconnaissait pas à ce moment-là le FLN, je ne pense pas que la police indonésienne ait pu appréhender Chadli El-Mekki et Mezghena. Cela ne colle pas parce que leur gouvernement ne reconnaissait pas le FLN. C’est à la suite des efforts de Djamal Abdennasser avec Hocine Aït Ahmed et Chadli El-Mekki qu’il y a eu un compromis qui a permis au FLN de représenter l’Algérie, et à ce moment-là elle était consacrée sur la scène internationale comme étant le représentant légitime du peuple algérien.»
Propos recueillis par Soraya G. (Forum de la mémoire d’El Moudjahid, 20 avril  2013 , El Moudjahid, 21 avril 2013)