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Bilan 2008 / 2012

Date de création: 06-04-2013 14:10
Dernière mise à jour: 06-04-2013 14:10
Lu: 481 fois


SCIENCES  –  RECHERCHE SCIENTIFIQUE -  BILAN 2008/2012

L’Algérie dispose de 2.083 chercheurs permanents activant dans 25 centres et unités de recherche  et de 24.000 enseignants exerçant des activités de recherche dans plus de 1.100 laboratoires de recherche sur un total de 45.000 enseignants universitaires.

Sur l’ensemble de ce potentiel, on compte à peine 8.300 enseignants chercheurs et 270 chercheurs permanents qui sont titulaires d’un doctorat  et qui sont habilités à mener des activités de recherche et considérés comme des chercheurs universels par l’UNESCO.
Ainsi le nombre de chercheurs confirmés en Algérie ne dépasse pas les 8.600. Seulement 2.100 ont le grade de professeurs ou de directeurs de recherche. C’est en somme ce qui a été relevé par Abdelhafid Aourag, directeur général de la recherche scientifique au ministère de l'Enseignement supérieur qui a procédé dimanche 17 mars 2013, , à la présentation du bilan de mise en œuvre de la seconde programmation nationale des activités de recherche pour l’étape 2008-2012 et à l’exposition de l’avant projet de loi portant loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique et l’innovation 2014-2018.
 A. Aourag a appelé les participants à l’étude et à l’enrichissement de l’avant projet de loi qui sera soumis aux deux chambres parlementaires en juillet 2013. Ce document faut-il le rappeler comporte 50 articles et 8 grands chapitres liés aux activités de recherche, à l’organisation et aux moyens institutionnels, aux dispositions financières, au développement des ressources humaines et à l’évaluation des activités de la recherche scientifique et du développement technologique. «La nouvelle loi pour le quinquennat 2014-2018, vise notamment, la promotion de la recherche à l’intérieur de l’entreprise. C’est la recherche qui se déplace vers l’entreprise et non pas l’entreprise qui vient vers l’université. Les plates-formes technologiques formeront ainsi le trait d’union entre l’université et le secteur socioéconomique», a notamment indiqué A. Aourag, qui précise que les entreprises publiques et privées seront prises en charge par son secteur en matière d’investissement dans les équipements de recherche sur les problématiques de ces secteur qui deviennent des projets de recherche pour les étudiants et les chercheurs. Cette plate-forme technologique et ces pôles d’excellence permettront, selon A Aourag, à avoir un espace commun entre les deux parties pour qu’elles puissent travailler ensemble ; chose qui n’existait pas auparavant. «Cette troisième loi vise essentiellement cette consolidation entre le chercheur universitaire et l’expert du secteur socioéconomique», affirme-t-il.
Pour ce qui du bilan de la deuxième loi, le directeur général de la recherche scientifique l’estime «positif dans son ensemble». Tout en évoquant la batterie de décrets et de lois réglementaires relatifs à ce domaine, il a relevé trois projets en cours d’étude, à savoir, l’élaboration des  projets de décrets exécutifs modifiant et complétant les décrets exécutifs relatifs aux unités et laboratoires de recherche en vue notamment d’y intégrer les dispositions consacrant l’autonomie de gestion, l’élaboration du projet de décret exécutif fixant les conditions d’exercice des activités de recherche par les chercheurs à temps partiel et l’élaboration du cadre réglementaire instituant les mesures incitatives au dépôt des brevets et aux publications scientifiques
S’agissant des indicateurs de la recherche et des perspectives, il a indiqué que le nombre de chercheurs par million d’habitants est inférieur à la norme avec 680 chercheurs seulement. A titre comparatif, il a cité les cas du Japon qui compte 5.200 chercheurs permanents, de la France qui en dénombre 4.200 et surtout la Tunisie qui avoisine les 2.200 chercheurs permanents par million d’habitants.

87% des chercheurs permanents ne sont pas titulaires d’un doctorat

Abordant la répartition du potentiel enseignant exerçant au niveau des laboratoires de recherche, A.Aourag affirme que plus de 13.000 enseignants ont le grade de maître-assistant et exercent au niveau des laboratoires de recherche et sont titulaires du diplôme de magister. Il faut ajouter à cela plus de 2.800 doctorants. Ces effectifs, selon le conférencier,  représentent plus de 66 % du potentiel algérien impliqué dans la recherche scientifique. «Cet état des choses a, et aura des conséquences sur la qualité de la production scientifique et sur le nombre de brevets déposés», dira- t-il avant de préciser que 87 % du potentiel des chercheurs permanents ne sont pas titulaires du doctorat. A. Aourag a relevé une légère augmentation de la production – brevets, de l’ordre de 10 %, par rapport à la première programmation. On compte 134 brevets dont 66 relèvent des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, 52 des centres et unités de recherche et 16 des centres de recherche hors MESRS. Pour ce qui du personnel de soutien, A. Aourag a indiqué que cette catégorie est «essentielle» pour le développement technologique et reste en deçà des normes. On compte dans les centres de recherche à peine 394 individus dont 268 ingénieurs d’Etat, 85 techniciens supérieurs et 41 techniciens pour 27.000 chercheurs. Bien en deçà de la norme internationale qui est de 2 ingénieurs pour un chercheur. Il y a lieu pour A. Aourag, rendre plus attrayant le métier de personnel de soutien, c’est ce qui a été affirmée à travers la publication du décret exécutif n° 12-22 du 17 janvier 2012, instituant le régime indemnitaire des fonctionnaires appartenant aux corps des personnels de soutien à la recherche. Ce texte permettra l’intégration des personnels de soutien à la recherche dont le salaire sera équivalent à celui d’un maître assistant au départ avec un plan de carrière.
A. Aourag a évoqué en outre, l’adoption de trois arrêtés ministériels relatifs à la prime de rendement, au jury d’intégration des ingénieurs de recherche et aux modalités de fonctionnement du jury de promotion aux grades d’ingénieurs de recherche. Selon A. Aourag l’aspect positif du système national de recherche est que la moyenne d’âge de nos chercheurs ne dépasse pas les 45 ans. «Cela témoigne de la jeunesse de nos capacités qui se traduit par un manque d’expérience, et qui peut être à l’origine de l’immaturité de la gouvernance de nos laboratoires de recherche. Il faut néanmoins se rassurer quelque peu et insister sur le fait que cette donne est un atout important pour l’avenir du pays en termes de projections à moyen et long termes», précise-t-il. Il a rappelé par ailleurs le nombre d’étudiants et enseignants inscrits pour la préparation d’un doctorat d’état et qui est de 33.000 candidats. « Nous pouvons en déduire que pas moins 17.200  (33.000 – (13.000 + 2.800)) inscrits en doctorat n’exercent pas d’activités de recherche au sein d’un laboratoire.

Un réservoir de plus de 33.000 chercheurs potentiels

Pour le conférencier  cela représente un réservoir de plus de 33.000 chercheurs potentiels. A ce titre, A. Aourag insiste sur la nécessité de trouver des solutions et des mécanismes pour que les soutenances puissent se faire dans les temps impartis afin que ce potentiel puisse être fonctionnel à l’horizon 2016. Les objectifs édictés par la loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique 2008-2012, ont constitué la feuille de route pour A Aourag qui a indiqué «en moins de quatre années, nous sommes en mesure d’affirmer que de nombreux objectifs sont quantitativement atteints, en dépit de nombreuses difficultés conjoncturelles», souligne-t-il.
Il a relevé dans ce contexte la mobilisation de centaines d’experts nationaux afin de donner un contenu aux 34 programmes nationaux de recherche, en lançant les appels d’offres et en sélectionnant  2842 projets en cours d’exécution. Il a indiqué par ailleurs que les objectifs visant à mobiliser 28.000 enseignants-chercheurs ainsi que 1.000 laboratoires de recherche sont atteints. «Nous sommes passés de 13.700 enseignants-chercheurs en 2008 mobilisés dans 640 laboratoires de recherche, à 24.622 enseignants-chercheurs mobilisés dans 1.116 laboratoires de recherche, en 2012 », relève-t-il. Ce dernier n’a pas omis d’évoquer l’effort «appréciable» qui a été enregistré dans la coopération scientifique à travers des partenariats bi et multilatéraux. S’agissant des actions en cours pour la consolidation des équipes de chercheurs au sein des laboratoires A. Aourag met en exergue la nécessité d’aider les chercheurs à apprécier, mesurer et améliorer leur performance individuelle et à travailler à la diffusion de bonnes pratiques et promouvoir l'échange d'expériences entre équipes. Il y a lieu, en outre, de stimuler des mesures d’auto-évaluation dans le cadre d’une politique commune et de travailler à la visibilité des chercheurs et des laboratoires à travers les sites web de leur institution, à faire intégrer les doctorants dans les laboratoires de recherche et à réglementer le transfert des enseignants-chercheurs d’un laboratoire à un autre afin d’assurer la stabilité du laboratoire et protéger sa production scientifique. Il évoque aussi la définition des critères d’évaluation et de classement des laboratoires de recherche, avec l’indentification et la récompense des  laboratoires d’excellence en les dotant de moyens conséquents.


L’avant-projet de loi 2014-2018 :Nécessité d'une nouvelle vision

Un nouveau modèle centré sur le développement de filières scientifiques et techniques, la valorisation des Sciences sociales et humaines, une mutualisation des moyens (campus), une collaboration et une coopération accrues soutenues par l’International, tel est l’objectif visé par l’avant projet de loi portant loi d’orientation et de programme à projection quinquennale sur la recherche scientifique et le développement technologique et l’innovation 2014-2018.
Les priorités ? Il faut tabler sur le développement technologique et l’innovation. La recherche doit prendre en charge différents domaines liés à l’agriculture, la pêche, les ressources hydriques, le système d’éducation, de la santé et la promotion de l’emploi, la recherche fondamentale, les sciences sociales et humaines, les énergies renouvelables et la protection de l’environnement, la lutte contre la désertification, le développement et l’application des technologies spatiales et des TIC, la prévention des risques naturels et technologiques majeurs… Les perspectives pour l’année 2013, se résument en l’évaluation des activités de recherche. Il s’agit selon A. Aourag d’initier un débat contradictoire entre pairs sur les critères et les grilles d’évaluation des activités de recherche par grande discipline (Sciences sociales et humaines, Sciences médicales, Sciences et techniques, Sciences fondamentales, Sciences du vivant, etc). Ces grilles tiendront compte des spécificités des objets évalués (laboratoires, projets de recherche, projets de coopération). Il y a lieu aussi de l’organisation des laboratoires de recherche tout en procédant à la maîtrise des données relatives aux potentiels des chercheurs.    

37 % des chercheurs sont des femmes

En Europe, seuls cinq pays atteignent la parité : L'ex-république Yougoslave de Macédoine, la Lettonie, la Lituanie, la République de Moldova et la Serbie. Dans la Communauté des états indépendants, la participation des femmes atteint les 43 % alors qu'en Afrique, elle est estimée à 33 %. En Algérie ce taux dépasse les 37 %. L’analyse de ces chiffres révèle que de plus en plus de jeunes femmes s’impliquent dans la recherche en Algérie.

(Source : Presse algérienne dont El Moudjahid, Sarah Sofi)