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Histoire de la radiotélévison algérienne (III/III)

Date de création: 06-11-2012 19:59
Dernière mise à jour: 06-11-2012 20:23
Lu: 2015 fois


COMMUNICATION- ETUDES ET ANALYSES - HISTOIRE DE LA RADIOTELEVISION ALGERIENNE (III/III)

 

HISTOIRE DE LA RADIOTELEVISON ALGERIENNE 

Par Badr’Edine Mili (octobre-novembre 2012),membre du staff dirigeant de la RTA dans les années 60-70, ancien directeur de l’Audiovisuel au ministère de la Communication et de la Culture, ancien Directeur Général de l’APS ( Algérie Presse Service) °°°

                                                                                       

 

 

 

5- Le chant du cygne

 

Dés le début du mandat de Chadli Bendjedid , à la tête de l’Etat, le détricotage commença, à l’instigation de conseillers inspirés par les dirigeants français, pressés de faire éclater cette tribune, monolithique, jugée par trop politique .

 

Et de fait, malgré un sursaut d’orgueil et de puissance manifesté lors de «  l’Inter- Unions » réunie en 1983 , à Alger , la première et la dernière tenue sur le continent africain, la RTA est morcelée en 4 entreprises , sous prétexte de restructuration, ses capacités techniques et matérielles démembrées et ses cadres historiques dispersés et mutés dans d’autres entreprises du secteur, après avoir osé protester contre le dépècement de l’organisme , dans une pétition adressée à la Présidence de la République. Une opération de démolition dont l’entreprise ne se relèvera plus, même si elle tentera de faire illusion, en s’ouvrant à la classe politique pluraliste issue de la Constitution de 1989 , à l’initiative de Mouloud Hamrouche qui fit nommer, à sa tête , à la place de Abdelkader Brahimi, Abdou Benziane entouré de Amar Bekhouche , Mourad Chebine et Rabah Khoudri, ses animateurs – vedettes.

 

Mais le déferlement des événements qui s’en suivit y mit, brutalement,  un terme , le terrorisme intégriste achevant de la décapiter en assassinant une cinquantaine de ses journalistes et techniciens.

 

Ces années noires enregistrèrent la disparition tragique de :                      

 

Rabah ZENATI, Mustafa ABADA, Ismail YEFSAH, Rachid KHODJA, Abdelkader HIRECHE, Hassen BENAOUDA, Hichem GUENIFI, Khaled BOUGHERBEL, Laid – Ali AIT – EL-HARA, Tayeb BOUTERFIF, Khaled MERZOUK, Ahmed ISSAAD, Ali ABOUD, Nacer OUARI, Abdelghani MOKHTARI, Rachida HAMMADI, Houria HAMMADI, Mekhlouf BOUKHEZAR, Mourad HAMAIZI, Ahmed TAKOUCHET, Mohamed-Aziz MOKHTARI, Yasmina BRIKH, Omar GUEBRIOUT, Said BRAHIMI, Radja BRAHIMI née BOULAOUED, Rabah LALLALI, Ahmed DERDARE, Rachid BENGUEDOUARE, Mohamed FETTAH, Abdelkrim BENDAOUD, Mohamed BELKASSEM, Khaled MERIOUD, Naima ILLOUL, Mourad TAAM, Belkacem SAADI, Slim TRIA, Yahia AMMOUR, El – Hadi SLIM, Driss GUERBOUDJ, Boualem TOUARI, Mohamed KESSAB, Ali REGUIEG, Zoubida BERKANE, Lakhdar MEZIANE, Lakhdar BRIK, Djamel BENAISSA.

 

6- Quel scénario pour quelle ouverture ?

 

Les choses changèrent du tout au tout. Après la génération des journalistes Habib Chawki HAMRAOUI, Zahia BENAROUS, Djamel MAAFA, Mohamed- Lamine BENTOUATI,Yazid ATOUT, Messaoud BENRABIE, Salim REBAHI, Brahim SEDDIKI, Zakaria CHABANE, Driss DAKIK, Bachiri MAHREZ, Redouane BENDALI, Hafid DERRADJI, Faiza MOSTEFAOUI et des comédiens Salah OUGROUT, Lakhdar BOUKHERS, Kamel BOUAKAZ , Mustapha HIMOUNE, Hamid ACHIOURI, BAKHTA, etc… une autre prit les commandes d’une nouvelle Télévision ou se distingueront  Khadidja BENGUENNA , Thouraya ZARFAOUI, Soraya BOUAAMAMA,  Kamel ALOUANI,  Abdelkader AYAD, Ahmed BOUBRIK, Abdelkader MAM, Mahfoud BEN HIFRI, Tidjini M’RIMECHE, Madani AMER, Lakhdar BERRICHE, Abdelkader DAAMICHE, Mohamed HENIBECHE, Leila SMATI, Fairouz ZIANI, Lahbib BENALI, Al Mouaataz -Billah DJILLALI, Abdelhak SEDDAH, Karim BOUSSALEM, Farida BELKACEM, Nadir BOUKABES, Lotfi CHERIET, Zine Al Abidine BOUAACHA,Abdelkrim ANISS, Daoud BABA-HANNI, Raouf TIDJANI, Akila AIT-SI -ALI, Rachid El- HADI , Nazim AZIRI, Ahmed LAHRI, Amina NADIR, Khaled KHELFAOUI, Samy NOUREDDINE, Yacine BOUROUILA, Karim AMITI, Youcef SAYEH, Abderahmane AIOUAZ, Hakim AMARA, Tahar BOUSSAHIA, etc et d’une nouvelle Radio avec Mohsen Karim SLIMANI , CHATRANE, Messaoud BOULETIOUR, Salah- Eddine LAKHDARI, Rabah HALLIS, Lalia BEHIDJ, Maamar DJEBBOUR, Dajmel BOUKERCHA, Aziz YOUNSI, Bachir HEDIBEL, Fatiha NEDJAI, Toufik MENDJELI, Mohamed OMEYRI, Badiaa HADDAD, Mina TIKANOUINE, Khaled AKCHOUT, Mohamed TAMALOUSSI, Abdenasser KACEH, Lydia DJENKI, Allaoua BOUCHLAGHEM, MELISSA…

 

 

Cette relève s’effectua, cependant, dans un contexte marqué par un recul technologique qui pénalisera, pour longtemps, le développement de l’entreprise.

 

La reprise s’opéra lentement, parce que l’urgence était ,d’abord, de panser les plaies, de réparer les pertes et de rattraper les retards.

 

Mais les ravaudages ne suffisaient plus. Il fallait répondre aux attentes de la société, autrement que par le clonage de l’unique ou le lancement des radios locales dont le nombre ne devait pas dépasser la barre de six, recoupant les grands ensembles géo- culturels du pays, selon le découpage retenu par le gouvernement Sifi.

 

C’est alors que le Président Liamine Zeroual comprit, en 1998 , que le moment était propice au lancement d’une initiative refondatrice de l’ensemble du secteur, dans le sens de  l’ouverture et de la réhabilitation du service public.

 

C’est tout le sens qu’il donna à la Directive Présidentielle N° 17 qui eut un retentissement plein d’espoir parce qu’elle annonçait une loi cadre sur la communication et des lois spécifiques encadrant les secteurs de l’audiovisuel, de la publicité et du sondage dont les premières moutures furent préparées et formulées, la même année, par des experts nationaux.

 

Les vicissitudes de la vie politique en décidèrent autrement. Les pouvoirs publics s’en tinrent, de façon inattendue, à des postures plus commodes, justifiées par l’urgence des taches de remise à niveau, pour parer à l’hémorragie du corps des journalistes attirés par les chaînes du Golfe et au désinvestissements matériel et technologique subi ,10 années durant, à la suite des actes de sabotage terroristes.

 

Il faut attendre le début des années 2000, avec l’arrivée de Hamraoui Habib Chawki, à sa tête,  pour voir s’amorcer une approche moins tronquée du développement de l’ENTV.

 

Une action, tous azimuts, d’ouverture sur l’extérieur fut, de suite, entreprise, certes, de façon brouillonne et à la hussarde, mais qui aurait , à la longue, été porteuse , n’était –ce une gestion financière chaotique, avec l’entrée en force à la COPEAM et le lancement de la production déléguée, de la coproduction avec les sociétés privées nationales et étrangères, de la formation dans les métiers de l’audiovisuel et de la requalification des cadres.

 

Plusieurs propositions de schémas de réorganisation du service public en holding, plus en phase avec les avancées managériales et technologiques, en cours ailleurs, furent acheminées au plus haut niveau, appuyées par des études de fond. Malheureusement, sans suite. La Télévision comme la Radio, même si, de ce coté-ci , les déficits et les dysfonctionnements sont moins prononcés, furent contraintes de reproduire , faute d’écoute attentive , les mêmes phénomènes de stagnation et de manque d’imagination que par le passé récent.

 

La réforme du secteur public, condition, sine qua non, de l’ouverture, tarda à voir le jour , alors que les problèmes des infrastructures, du siège, de la TNT , de la TVHD, du financement, de la publicité, du redéploiement et du recyclage des ressources humaines sont demeurées entières, en attente de solutions structurelles fiables.

 

Une situation qui a préparé le lit de l’émergence et de l’essor de chaînes privées algériennes, de droit étranger, sur le sort desquelles le législateur qui travaille sur la nouvelle loi de l’audiovisuel est appelé à trancher dans le vif.

 

Le passif et les handicaps que les démembrements de l’ex- RTA traînent, encore, depuis la restructuration ratée de 1986, ne sont pas faits pour faciliter l’ouverture. Il faut noter, à ce propos, que l’instabilité de l’établissement s’est , depuis cette date, traduite par une inflation galopante du nombre de Directeurs généraux  qui s’y sont succédés et dont le nombre à excédé, pour l’ENTV, l’ENRS et TDA réunis, la vingtaine en moins de 25 ans- le règne le plus bref de l’un d’entre eux fut d’une semaine- alors que pour une période identique, allant de 1962 à 1986 il n’y eut que 5 Directeurs généraux dont 2 ont accomplis un mandat de 7 années chaque un.

 

Et pourtant la nécessité est telle qu’il faut y aller , de préférence, dans l’ordre et la sûreté, plutôt que dans la précipitation et l’improvisation.

 

Le Président Abdelaziz Bouteflika admit, finalement, que l’Algérie ne saurait continuer à traîner ce boulet qui freine le développement de la communication et de la culture du pays.

 

La mise en perspective des reformes présidentielles, dont l’ouverture de l’audiovisuel à l’initiative privée est un  des éléments- clefs , devra , cependant, pour être crédible, mobiliser toutes les énergies industrielles, techniques, médiatiques, humaines et associatives nationales, dans le cadre d’une action pondérée et concertée, de sorte que soient évités  les dérapages et les risques de retomber dans l’étau de nouveaux monopoles, ceux des puissances de l’argent et du lobbying occulte, plus nocifs, encore , que ceux du régime fermé.

 

Voilà le défi auquel l’Etat et la société sont confrontés et qu’ils sont condamnés à relever, ensemble, pour faire sortir, enfin, les médias de l’audiovisuel de l’ombre vers la lumière.

 

Si cela arrive, enfin, à se concrétiser, les sacrifices consentis par les générations successives dont la longue liste vient d’être déclinée, pour la première fois dans l’histoire de la presse, n’auraient pas été vains.

 

Ils auraient, au moins, servi à conduire la société algérienne, en bon ordre, vers une normalité pleinement assumée.

    

P.S : L’espace réservé à cette contribution s’est révélé, malheureusement, très limité, pour citer tous les hommes, toutes les femmes et tous les événements qui ont marqué ces 50 années de la vie de ce vieux compagnon des Algériens et je m’en excuse, auprès de ceux dont j’aurai, involontairement, omis de rappeler le souvenir. Cela  devrait, en principe, faire l’objet d’un ouvrage complet, un devoir dont je compte m’acquitter, dans un proche avenir, pour témoigner de l’Histoire mouvementée de ces deux médias, dans leur rapport avec l’Etat et la mémoire collective de la société, cette mémoire qui , pour être tout à fait complète, est obligé de rentrer en possession de ses pans retenus, encore en otage en France. Le Président François Hollande serait bien inspiré, à l’occasion de son prochain voyage en Algérie de faire un geste probant dans cette direction. Avec son feu vert, l’INA pourra , alors, nous restituer des archives plus sérieuses et plus crédible que les documentaires sur les matchs du Gallia Sports d’Alger ou le sacrifice du mouton de l’Aid chez «  les indigènes » dont il nous fait , de temps à autre, l’aumône, pour nous leurrer et se donner bonne conscience .Voeu pieux ou demande réalisable ? On le saura dans un mois…  

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Tout travail reposant sur le recours à la seule mémoire comme source d'écriture de l'Histoire, en l'absence de documents écrits plus fiables, comporte, cela va sans dire, des risques d'omissions. C'est ce qui est arrivé avec le texte consacré à l’Histoire de la radiotélévision algérienne et publié par le Soir d’Algérie le 28 octobre 2012.
Par acquit de conscience et pour être juste avec les hommes et les femmes qui ont forgé cet outil ou continuent de le faire aujourd'hui dans le cadre de la relève, j'ai souhaité porter à l'attention des lecteurs les compléments suivants :
1- A la liste des noms des chefs d'orchestre, chanteurs et musiciens, il y a lieu d'ajouter ceux de Mohamed Iguerbouchene, Tayssi Akla, Réda Doumaz, Merwane Farah...
2- A la liste des noms des comédiens, ceux de Mohamed Touri, Kaci Ksentini, Mohamed Hattab, Omar Azzouz, Akila...
3- A la liste des noms des réalisateurs, ceux de : Ahmed Rachedi, Nadia Cherabi ...
4- A la liste des compositeurs, poètes, hommes de lettres et de programmes, ceux de Assia Djebbar, Mouloud Mammeri, Momo, Ammi Mourad, Fodil Boumala, Aziz Smati, Mourad Sennouci, Mohamed Ali Allalou, Ryad Boufedji, Lemdani, Amel Mouloua, Belkacem Babaci, Salim Saâdoun, Toufik Douma, Rachid Fares, Asma Itim, Aissa Salhi, Youcef Mazouz...
5- A la liste des noms des journalistes, ceux de Zine-El-Abidine Ben Badis, Amar Bousalem, Mohamed Harzellah, Dalila Bouchama, Nora Benchikh, Salima Rekhroukh, Kamel Alouani, Ahmed Meguaache, Farida Bessaa, Brahim Younsi, Tayeb Hafirassou, Affaf Belhouchet, Mourad Boutadjine, Abdelhamid Zahir, Saida Bendjeddi, El Hadji Saïd Daoud, Smaïn Belkaïdia, Aziz Messalti, Fouad Messous, Amar Hellas, Lazhar Meratla et les photographes- cameramen Hachi et Ouaoua...
6- A la liste des ingénieurs et techniciens, ceux de Abdelhamid Bouksani, le premier Algérien à avoir occupé les fonctions de secrétaire général de l'URTNA, Lahlou, Mordjane, Mustapha Kamel Brouki, Youcef Sahraoui, Mohamed Lekhal, Fatima Chouikh, Mohamed Bendaoud, Mohamed Bourkiche, l'arpenteur du Sahara...
7- A la liste des noms des cadres de l'administration, ceux de Abdelaziz Lourari, Abdelghani Saichi, Aziz Chaaf, Amel Lahlou...
8- A la liste des noms des soutiens à la logistique, ceux de Messaoud Badji, Salim Bendada, Bakhta et Yamina...
Enfin, il s'agissait de lire : Othmane Bouguettaya et non Mohamed Bouguettaya. Et pour conclure sur le sujet des archives audiovisuelles nationales retenues en France, je me dois d'indiquer, pour être plus complet, qu'il y en a qui sont, ici même en Algérie, l'objet de rétention, sinon d'une frustrante absence d’exploitation publique, je pense, en particulier, aux trésors photographiques entreposés dans les coffres-forts du CNDPI, contenant des photos qui datent des débuts de la colonisation ainsi que des clichés inédits sur les personnalités historiques de la Révolution. De leur côté, des détenteurs privés de pans entiers du patrimoine photographique national devraient les verser aux fonds des musées et autres institutions concernées et je pense ici, surtout, à ceux détenus par les héritiers Mohamed Kouaci, le photographe de la Révolution, dont quelques-uns seulement ont été rendus publics. Le cas concerne, également, les collections se trouvant entre les mains des proches des différents présidents qui se sont succédé à la tête de la République algérienne. A la lumière de ce qui précède, on perçoit, dans toute son ampleur et sa difficulté, le caractère ardu de toute tentative d'écriture de l'Histoire de quelque secteur de notre pays que ce soit, ce qui devrait inciter les amateurs désirant frayer avec cette discipline d’être plus précautionneux et de ne pas prendre les vessies pour des lanternes, ainsi que s'est hasardé à le faire, dernièrement, le journaliste d'un quotidien national francophone, présentant, sans préciser sa source, un certain Lopez, directeur à la RTF coloniale, comme un futur pied rouge (sic !) sollicité, à l'indépendance, «par Abderahmane Laghouati pour former les cadres techniques de la nouvelle RTA» (re-sic !), de quoi faire hérisser le poil de ceux qui ont pris en main, le 28 octobre 1962, le commandement d'une institution de souveraineté qui a tant fait pour le pays, tout au moins, au cours des premières années de son existence. 


        B. M (Alger, articles parues dans Le Soir d'Algérie , 28  et 31 octobre 2012)

°°° Pour toute information complémentaire ou toute reproduction commerciale, contacter l’auteur :  badmili@yahoo.fr