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Basilique - Saint Augustin (Annaba)

Date de création: 27-08-2011 14:17
Dernière mise à jour: 06-05-2014 15:32
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CULTURE - RELIGION - BASILIQUE - SAINT AUGUSTIN (ANNABA)

La Basilique Saint-Augustin de Annaba (ex-Bône, ex-Hippone) a été construite en 1881-1900  par la communauté chétienne de la ville, sur une colline surplombant d'un côté  les ruines romaines , le  port et la baie à l'entrée ouest de la ville  et de l'autre la plaine ( horizons hélas tous  défigurés depuis quelques les annnées 70 par les fumées de l'immense aciérie d'El Hadjar et celui phosphatier ) .

La "Mamelon vert" comme l'appelait Gusrave Flaubert  fut , pendant longtemps un lieu de pélerinage tant il paraissait  établi que Saint Augustin y avait vécu et officié...et enterré.

D'ailleurs, Mgr Dupuch , premier évêque d'Alger, y avait fait ériger, à mi-coteau, un petit autel de marbre blanc surmonté d'une statue de Saint-Augustin coulée dans le bronze de canons turcs.

Ce mausolée fut faussement considéré , pendant longtemps, comme le tombeau de Saint-Augustin. Or, la dépouille de l'illustre enfant de Théveste (Souk Ahras) et étudiant de Madaure (M'Daourouch) , né en 354 et qui est mort en 430, dans l'Hippone assiégée par les hordes vandales, fut transportée en Sardaigne puis à Pavie au VIIIè siècle.

C'est au 6ème siècle que les Vandales , venus probablement de Suède, ont envahi l'Algérie après la chute de l'Empire romain. La ville d'Hippone (Annaba) tomba entre leurs mains en l'an 430 et ils y instaurèrent un Etat Vandale (Voir Fiche documentaire :  Archéologie -Tablettes d'Albertini )

La Basilique est un pur produit africain, avec son style arabo-byzantin.  ll s'apparente à celle de Carthage qui en fut l'onspiratrice. Tous les matériaux qui ont servi à la construction ont été tirés du sol algérien. Les marbres , et tout particulièrement ceux du maître-autel et de la chaire, ont été extraits de carrières de l'Est constantinois: marbre de Guelma, marbre blanc du Filfila (Skikda), onyx translucide d'Ain Smara (Constantine) . Tous sont d'une rare finesse de grain et d'étonnante richesse de tons et de nuances.

Du haut de la terrasse, qui précède le porche de la basilique, on a un panorama qui "coupe le souffle", tout particulièrement la large baie en courbes molles et suaves...paysage enveloppé d'une porofonde quiétude  favorisant la communion avec Dieu.

NOTES: - Selon Achour Cheurfi (Dictionnaire encyclopédique de l'Algérie) , la Basilique a été érigée sur l'emplacement du temple païen de Baal Hamon , adoré par les Numides et identifié au Dieu Saturne des Romains.

- Des travaux de restauration de la Basilique sont en cours à partir de 2010 et doivent durer 30 mois jusqu'en 2013, une opération rendue possible grâce à la contribution de plusieurs partenaires : Wilaya et  APC de Annaba , Région Rhône Alpes, Ville de Saint-Etienne...Et, le pape Benoît XVI a fait, fin 2011, début 2012, un don personnel pour la restauration de la basilique (www.zenit.org)

- La Basilique Saint-Augustin de Annaba (qui contient une relique du corps de l'évêque d'Hippone, son cubitus) a accueilli , en 2009, plus de 20 000 visiteurs dont beaucoup d'étrangers

- A proximité de la Basilique existe une Maison des pauvres , gérée par les Soeurs

 

Samedi 19 octobre 2013, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a représenté le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à la cérémonie d’inauguration de la basilique Saint-Augustin d’Annaba, après sa restauration qui a duré 32 mois. . A la  cérémonie ont assisté des ambassadeurs dont celui  des Etats-Unis et de la France et autres diplomates de plus de 10 pays aux côtés de quelque 400 personnes entre intervenants dans la restauration du monument et invités.

Ce repère phare de l’ancienne Hippone a été réceptionné officiellement en juin dernier pour une enveloppe de 500 millions de dinars.

Annuellement, la basilique était visitée, avant sa restauration, par 18.000 touristes, chercheurs, étudiants et curieux qui remontent le temps et retracent une partie de l’histoire de l’Algérie. Symbole d’échange entre l’islam et le christianisme, elle est également visitée par près de 1000 pèlerins chrétiens par an.

- Lancés en novembre 2010, les travaux de restauration ont été confiés à une entreprise française spécialisée dans le domaine de la préservation des sites et monuments anciens, avec la contribution de plusieurs partenaires ainsi que des institutions gouvernementales nationales et étrangères, et le concours de l’Association Diocésaine d’Algérie, initiatrice du projet.

- La cérémonie a été rehaussée par la présence de l’évêque du diocèse de Constantine et Hippone, ainsi que par celle de Mgr Paul Desfarges et Mgr Dominique Lebrun, représentant la Conférence des évêques de France et des ambassadeurs, ainsi que les consuls généraux de différents pays d’Europe, d’Afrique et des Amériques, aux côtés d’une délégation composée d’élus de la région Rhône-Alpes et de la mairie de Saint-étienne.
Une région et une ville françaises, qui ont contribué financièrement à la réalisation de l’opération de rénovation de cet édifice religieux au même titre que plusieurs diocèses de France et différents partenaires algériens publics et privés et institutions gouvernementales nationales et étrangères.
On citera au nombre de ceux-ci des mécénats exprimés depuis la Norvège, la Croatie, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne, la Finlande, le Cameroun, les états-Unis, l'Argentine, le Mexique et l'Union européenne. Prenant la parole dans ce cadre solennel, après les directeurs généraux du groupe Sider et de Sonelgaz, ainsi que des représentants des sociétés Lafarge et Total, l'évêque de Constantine et d’Hippone, Mgr Paul Desfarges, s’est félicité de la réalisation, en un temps relativement court, des immenses travaux de restauration dont a fait l’objet la basilique.
Des travaux qui ont rendu à l’édifice “tout son éclat”, a souligné cet évêque, qui a été l’une des chevilles ouvrières de ce projet de réhabilitation. Et d’ajouter que la basilique est “un symbole des liens entre les religions” et qu’elle doit demeurer à ce titre “au service du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée”. Mgr Desfarges a également rappelé que les autorités, des entreprises et particuliers d'Algérie, de France et d’Allemagne ont généreusement contribué au montage financier de ce projet de restauration, qui a coûté près de cinquante milliards de centimes, et de citer parmi les donateurs le pape émérite Benoît XVI, qui s’était manifesté à titre personnel pour l’intérêt qu’il porte à la mémoire de Saint-Augustin.
Selon les représentants de l'association diocésaine, la restauration de la basilique, entamée à l’automne 2010, a mis à contribution plusieurs entreprises spécialisées, dont l'entreprise Girard d'Avignon (France) et l'Atelier du Vitrail Cassiopée de Marseille (France), lesquelles ont déplacé quelque 200 tonnes de matériels nécessaires aux travaux et mis tout leur cœur pour rendre au lieu sa configuration initiale, ce qui n’a pas été une tâche facile, compte tenu de l’état de détérioration avancé de l’édifice.

- Au financement  ont pris part l'APC de Annaba, l'Etat français et la ville de Saint-Etienne jumelée avec la wilaya de Annaba et la République fédérale d'Allemagne qui ont soutenu le projet. Aussi, de nombreuses entreprises publiques et privées de droit algérien ou internationales, telles Sonatrach, Sonelgaz, Sider, Algérie Télécom, l'entreprise portuaire de Annaba, le groupe Mehri et Total Saipem, Lafarge ainsi que le groupe Vinci, trois fondations italiennes de Milan, Sienne et Rome et plusieurs autres entreprises locales se sont associées à la puissance publique.
Les concours algériens (fonds publics et mécénat des sociétés nationales, soit près de 200 millions de dinars) et les contributions des mécènes privés ou de collectivités étrangères dépassent les 130 millions de dinars, auxquels se joignent les dons recueillis par l'Association Diocésaine d'Algérie. Le déploiement de ces fonds a permis la sauvegarde de ce prestigieux joyau du patrimoine architectural de l'Algérie. Présentés en image, les travaux de restauration de la basilique d'Hippone ont fait ressortir le délabrement que vivait l'édifice par les affres du temps, avant d'être réhabilité avec tous les soins, mais surtout avec les matériaux précieux de l'Est algérien, d'Italie et de France.
L'effet marquant dans cette opération de restauration de taille, est le transfert du savoir-faire dans le domaine de la restauration.
Dans ce sens, il ya eut un chantier école tout autant que celui de Notre-Dame d'Afrique à Alger, où des stagiaires des centres de formation ont reçu tout au long de l'opération de restauration, une formation qui aura duré 3 années, avec la remise des diplômes de qualification au profit d'un personnel qui sera qualifié en le domaine, et par conséquence, l'opportunité de restaurer des édifices culturels et architecturaux méconnus et menacés

-- Des centaines de chrétiens établis en Algérie ont participé, samedi 3 mai 2014,  à Annaba, au jubilé organisé en célébration du centenaire de l'élévation de l'église Saint-Augustin au rang de Basilique mineure.
La célébration de cet évènement religieux a été marquée par la présence du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, envoyé spécial du pape François, du nonce apostolique Thomas Yeh Sheng Nan, de plusieurs évêques, ainsi que de représentants des ministères algériens des Affaires religieuses et des Affaires étrangères.
La célébration de ce jubilé a été entamée par une marche de pèlerins venus des quatre coins du pays en direction de la basilique sur une distance d’environ 700 m, du pied de la colline sur laquelle trône la basilique jusqu’à la salle où a été célébrée la messe.
L’évêque du diocèse de Constantine-Hippone, Mgr Paul Desfarges, a estimé, à cette occasion, que la célébration du centenaire de la Basilique dédiée à Saint-Augustin l’algérien, qui coïncide avec la fin de sa restauration, constituait un "moment fort" pour tous les chrétiens. La restauration de cette basilique, avec la contribution de plusieurs partenaires et institutions gouvernementales nationales et étrangères, et le concours de l’Association Diocésaine d’Algérie, constitue un "symbole édifiant de la cohabitation entre les religions", a estimé Mgr Desfarges. "La restauration de la basilique de Saint-Augustin constitue un véritable symbole d’amitié et de fraternité entre les religions musulmane et chrétienne", a-t-il souligné, avant de revenir longuement sur le parcours d’Aurelius Augustinus, ou saint Augustin, né dans le municipe de Thagaste (actuelle Souk Ahras).
 "Un homme dont la pensée qui nous remet devant les questions essentielles continue à être étudiée dans les grandes universités du monde", a relevé l’évêque du diocèse Constantine-Hipponne qui fut l’une des chevilles ouvrières de la restauration de la basilique entre 2010 et 2013. Le représentant du ministère algérien des Affaires religieuses et du Wakf, Abderrezak Sebgag, a fait part, de son côté, de "l’esprit de tolérance et de fraternité qui doit animer les comportements de tous les croyants".
Il a indiqué que la célébration de cette fête religieuse "témoigne des bonnes relations entre les autorités algériennes et le Vatican et, par ricochet, entre musulmans et chrétiens".
Rappelant les propos du cardinal Tauran qui avait récemment souligné à Alger qu’"il ne s’agit pas là de dialogue entre les religions musulmane et chrétienne, mais plutôt d’un dialogue entre croyants", le même responsable a souligné que "chaque croyant est un citoyen avant tout".
Quelque 3.000 chrétiens pratiquent "le plus normalement du monde" leur religion, a encore indiqué M. Sebgag, rappelant que l’Algérie "a de tout temps été un pays ouvert sur le monde, respectueux de toutes les religions". Cette célébration devait donner lieu, dans l’après-midi, à la présentation des différentes étapes de la restauration de la basilique, ainsi qu’à l’organisation d’une conférence sur le dialogue interreligieux, animée par le Dr Abderrezak Bensalah et le cardinal Jean-Louis Tauran.

Voir aussi Fiche documentaire  PERSONNALITE - SAINT-AUGUSTIN  in secteur HISTOIRE

Voir aussi in Culture- Enquêtes et Reportages - Basilique Saint-Augustin- El Watan Week end/Mélanie Matarèse