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Livres - Essais et recherches

Date de création: 27-12-2010 04:40
Dernière mise à jour: 25-03-2014 14:13
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HISTOIRE - BIBLIOTHEQUE D'AL MANACH - LIVRES - ESSAIS ET RECHERCHES

- Ferhat Abbas. L'injustice

de Leila BENAMMAR BENMANSOUR, Alger-Livres Editions,collection Etudes et documents, 331 pages, 675 dinars, Alger 2010

 

L'auteure : Diplômée de l'Ecole nationale supérieure de Journalisme de l'Université d'Alger, diplômé de l'Institut français de presse de Paris 2,  puis Docteur en Information et Communication de l'Université Panthéon -Assas (Paris 2), journaliste et enseignante

Le contenu : Une thèse de recherche universitaire transformée en livre. Elle dévoile, enfin, le triste sort (prison, falsification du combat...) infligé à un grand nationaliste, un républicain et démocrate, en l'occurence Ferhat Abbas, à l'indépendance du pays 

Avis: A lire absolument.

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-Demain se lèvera le jour,

de Ferhat ABBAS. Ouvrage inédit, publié à titre posthume. 170 pages, 690 dinars. Alger-Livres Editions, collection Etudes et documents, Alger 2010.

L'auteur: Né à Taher en 1899, Militant  actif et infatigable  du mouvement national, pharmacien, premier  président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en septembre 1958 , président de la première Assemblée nationale constituante en 1962 à l'Indépendance, par la suite  emprisonné par le régime de Houari Boumédiène, il n'est libéré qu'avec l'arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid. Décédé le 24 décembre 1985 à Kouba (Alger). Auteur de plusieurs ouvrages politiques, il a laissé cet inédit que son fils Abdelhalim a édité. Ferhat Abbas est  enterré au carré des Martyrs d'El Alia (Alger) .

Le contenu : Au soir de sa vie, il a écrit le "dernier acte de sa vie" , à travers des notes, des réflexions, des observations, des conseils, dans une Algérie bien tourmentée , avec un peuple malheureux . Un adieu !

AvisEn le lisant, on retrouvera sans peine Ferhat Abbas, l'intellectuel, le scientifique, le démocrate , le républicain, toujours attaché à son pays, à sa terre et à ses ancêtres.... On aurait voulu bien plus. Hier. Aujourd'hui. Hélas! 

 

 

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Ni valise , ni cercueil. Les pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance.  Ouvrage historique de Pierre Daum. Préface de Benjamin Stora

Média-Plus, Constantine  2012  ( Paru chez Actes Sud- Paris en2012

451  pages, 1 500 dinars

 

Je me souviens d’une petite vieille de 90 ans ou plus, à Annaba, dans les années 80, qui passait son temps (depuis les années 40 et jusqu’à sa mort) à soigner gratuitement les Algériens . Mlle (ou « mamma »)  Paulette était une infirmière (et sage-femme) retraitée de l ’armée françaiseet , elle  avait fait la seconde guerre mondiale. Elle parlait couramment l’arabe algérien (avec l’accent annabi, s’il vous plaît). Elle est morte, toujours plus que fidèle à sa religion catholique, dans un foyer musulman ami, au début des années 90, respectée , …..vénérée… ….Elle avait été enterrée dans le cimetière chrétien de la ville en présence d’une foule immense et mise en terre juste au moment de l’Adhan du Dohr. Une vraie sainte !

Bien d’autres pieds-noirs ont suivi ce chemin de  paix , d’ amour et de franche fraternité…..Près de 200 000 sont restés vivre normalement en Algérie après l’indépendance. La suite est une toute autre histoire…ils ne sont plus que quelques milliers ou quelques centaines ..mais rien ne sert de chiffrer une communauté qui , bien souvent, s’est algériannisée presque totalement , sans cependant , pour la plupart, renier son origine ou sa foi…..et, sutout, son amour profond, réel, pour un pays à nul autre pareil. Soleil, soleil de mon pays !

A qui la faute ? Bien sûr, bien des fautes ont été commises par les « Indigènes » devenus indépendants. Et, aussi, bien des déceptions comme le Code de la nationalité adopté en mars 1963 qui reprenait les catégories raciales, la religion prenant le pas – Musulmans/Européens -  établies par l’ancien colonisateur , mais cette fois-ci les premiers étant favorisés et non les seconds .Mais, l’histoire de plus en plus en vraie, celle écrite aujourd’hui, cinquante ans après, par l’auteur, entre autres, est en train de corriger les faits détournés, mal expliqués , mal compris, mal retenus… « bien  exploités ». L’auteur, et il n’est pas le seul,  est catégorique : « Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour considérer que l’OAS est le premier et le principal responsable des coups virulents portés contre les accords d’Evian… ».

Les 15 (5 femmes , 10 hommes) émouvants témoignages des personnes (sur les 150 recensées) qui sont soit parties puis revenues, soit séjournant encore ou ont séjourné très longtemps chez eux, en Algérie, donnent une autre image de ce fut la « fuite » des pieds-noirs, trompés par les ultras (véritables producteurs du slogan « la valise ou le cercueil »)  craignant , sans raison bien souvent, on ne sait quelles représailles, enfermés dans une peur d’être « assassinés » par les Arabes, dans la peur ancestrale , réelle ou fantasmée, de l’Autre, en fait, ayant peur d’un déclassement économique, ou tout bonnement racistes sans se l’avouer . Et, une autre image de ce que furent les réactions , à la limite du compréhensible, aux crimes de l’OAS (entre autres et surtout à Oran : 1100 Algériens assasinés entre 1961 et 1962)….Après tout , selon les calculs de l’auteur, le nombre d’Européens pieds-noirs tués (depuis Sétif et Guelma) n’était que d’environ 5 000 (dont , dit-il, 1 800 enlevés au cours de l’année 1962 et jamais retrouvés) …alors que celui des civils musulmans tués par des Français était d’environ 60 000 dont 3 200 par l’OAS et le reste l’étant par les forces de l’ordre (sur un total de 20 000, militaires y compris  contre 230 000 pour toute la guerre).Un pour 10 ( et un pour 75 si l’on compte nos 1 500 000 martyrs)

. La différenceaprle d’elle-même !

 

 

Avis : Trois  années d ’enquête. Un travail de fourmi. Du journalisme d’investigation de première qualité ( il a, aussi, écrit un ouvrage de référence sur « les travailleurs indochinois immigrés de force en Camargue de 1939 à 1952 ») . Mais, un ouvrage à conseiller surtout aux pieds-noirs partis et à leurs enfants afin qu’ils sachent qui, vraiment, était leur véritable ennemi, tous les « faiseurs de haine » …qui, hélas, l’âge n’arrangeant rien, sévissent encore, en France…et que Sarkozy et ses « boys » de droite ont « réhabilité ». ..Comme un certain « bébé » pied-noir , Robert Ménard, ex-RSF, qui avait cru , un moment, au début des années 90, se « faire »un nom sur le dos de la presse algérienne et qui, au milieu des années 2000, vidé de RSF, a cru se « re-faire » au Qatar…et qui, maintenant, , journaliste raté , cherche à « rentabiliser  » la haine des Algériens,  en co-signant, en France,  un ouvrage-pamphlet povocateur à dessein, Vive l’Algérie française. Il faudrait seulement lui rétorquer :Vive l’Algérie indépendante.... On te  dit…m…. ! et, Mazal Ouakfine 

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Algérie. Engagements sociaux et question nationale.De la colonisation à l’indépendance 1830-1962. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (série Maghreb).

 

Ouvrage collectif  sous la direction de René Galissot, assisté de Abderrahim Taleb-Bendiab et Amar Benamrouche

Editions Barzakh , Alger 2007 (1ère édition, Editions de l’Atelier/ Les Editions Ouvrières, Paris, 2006)

 605  pages, 900 dinars.

 

René Galissot avait 20 ans en 1954. Il fait partie de la génération intellectuelle et politique dite de la « guerre d’Algérie ». Enseignant à Alger à l’indépendance….Il lui a fallu vingt autres années de recherche pour concevoir  ce dictionnaire biographique . Un lieu d’interférence de quatre types de militants : Les Européens d’Afrique du Nord, en majorité français, qui introduisent le syndicalisme et le socialisme sans toujours remettre en cause le régime colonial ; les nationaux qui deviennent majoritaires et s’engagent progressivement dans la lutte pour l’indépendance ; quelques Européens nés en Algérie ou venus de l’étranger qui les rejoignent ; enfin, les émigrés qui, travaillant en « métropole », sont au croisement de ces deux inspirations.

Près ou plus d’un millier de fiches biographiques, certaines assez longues et bien fournies (exemples :  celle de Abane Ramdane, qui débute l’œuvre  - à tout seigneur, tout honneur…et les hasards heureux de l’alphabet -  et qui comporte pas moins de cinq pages et demie ;   celle   de Alleg Henri né Salem . D’autres moyennement fournies comme celle de Masseboeuf Jean, avec une page, alors que d’autres sont  squelettiques comme celle de Alleg Aicha (On apprend que Henri Alleg  lui aurait emprunté le nom car , jeune militant communiste nouvellement arrivé en Algérie et recherché par la police , il  avait été hébergé en 1941 par la jeune militante qui lui avait alors établi de faux papiers en le présentant comme son frère. Sa cellule est dissoute et elle est exclue du parti pour avoir refusé la reconnaissance de  l’Etat d’Israël).   Tout dépend de la place et du   rôle effectivement joué sur la scène militante, ouvrière et politique.  Mais,  toutes les bios sont plus intéressantes les unes que les autres

C’est tout cela qui fait de cet ouvrage une référence indispensable pour penser la vraie histoire contemporaine du pays…..et, surtout, pour mieux comprendre le mouvement national lui-même et ….après

 

Avis :  A acheter. A lire . Vous serez grandement surpris. A faire lire.  A conserver précieusement. Un appel à l’éditeur : le traduire en urgence. Pour que chaque citoyen, surtout les plus jeunes, puisse connaître l’histoire (bien complexe mais riche ) complète de l’Algérie profonde.On y retrouve des A.l.g.é.r.i.e.n.s,   musulmans, juifs, cathos , protestants , socialos , communistes , athées, des cadres, , des intellos, des fellahs, des ouvriers, des dockers, des syndicalistes, des femmes , des hommes,  …...Des « indigènes » de toutes origines  ,  des « immigrés » de France…... Mais , tous, sinon révolutionnaires, du moins « engagés sociaux » au service du peuple algérien , parfois pour l’indépendance du pays, mais toujours  contre l’exploitation  coloniale.    

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In/dépendances . Etudes et articles . Naqd, revue d’études et de critique sociale, Aumone /Hiver 2012, Alger 2012 ,236 pages en français et 82 pages en arabe, 500 dinars

Qu’avons-nous fait de nos 50 années d’Indépendance, bien souvent conquises chèrement, parfois dans le sang, toujours dans la sueur et la peine . Voilà la grande question à laquelle  des intellectuels et des chercheurs, sociologues, historiens et/ou  politiologues,  pour la plupart africains, ont tenté de répondre  (à la place des politiques qui se montern , aujourd’hui encore, incapables de le faire objectivement, empêtrés qu’ils sont dans l’action quotidienne et les intérêts politiciens). 

Achille Mbembé, Samir Kumar Das, Fabien Ebousi Boulaga, Daho Djerbal, Françoise Vegès, Micere Githae Mugo, Prince K’uma Ndumbe III, Papy Maurice Mbwitti, Tiécoura Traoré, Shaija Patel,  Ellen Ndeshi Namhila, Abdourahman A. Waberi, Iba Der Thiam….

Le tout accompagné de références à des textes-culte , extraits de discours des Anciens comme Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et Cheikh Anta Diop

On y apprendra (ou, bien plutôt, on y re-verra) que , comme le dit Daho Djerbal dans la présentation , « les cinquantes années qui viennent de s’écouler ont donné lieu à des remises en question, à des renoncements et parfois même à des impostures….Le désenchantement a gagné les esprits et ouvert la voie du retour à la domination étrangère, au despotisme et à l’oppression par nos propres gouvernants… »

On verra , aussi, que rien ne s’est passé comme les théories classiques (occidentales) de l’Etat et de la société l’auraient laissé  supposer . Peut-être que  tout est parti de ce que Achille Mbembé  a nommé « le principe autoritaire ».

Avis : Pour connaître « l’auberge » dans laquelle les héritiers ( ou les continuateurs) des Révolutions nous ont « embarqué »….bon gré , mal gré ! Destiné surtout aux étudiants et aux universitaires….et aux « décideurs politiques » s’ils ont encore le temps de feuilleter (les bouquins, pas les « rapports ») et la capacité de comprendre

Extraits: « L’Etat postcolonial , de par sa prétention à être un Etat-théologien (….) a produit des cadres d’action, des régimes de  savoirs et des pratiques dont le but final est de faire admettre par les autres agents que le monopole de la proclamation de la vérité lui revient » (Achille Mbembé, p17) et  «Le mal que l’occupapnt nous a fait n’est pas encore guéri, voilà le fond du problème. L’aliénation culturelle finit par être partie intégrante de notre substance, de notre âme et quand on croit s’en être débarrassé , on ne l’a pas encore fai  complètement » (Cheikh Anta Diop, p 215) 

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TALEB ABDERRAHMANE. Guillotiné le 24 avril 1958. Portrait historique par Mohamed Rebah. Préface de Mohamed Bouhamidi. Apic éditions, Alger 2013. 102 pages, 500 dinars

C'est un véritable crève-cœur que de voir, aujourd'hui, et cela dure déjà depuis un bon bout de temps, un lieu devenu - juste après l'Indépendance et durant les années 60, 70 et 80 -hautement symbolique (mythique même) pour la jeunesse algérienne en général et la jeunesse estudiantine en particulier, «abandonné» à des travaux qui n'en finissent pas et aux rats, offrant aux regards extérieurs, en plein centre d'Alger, le naufrage de notre mémoire collective.

Le lieu, c'est le Cercle Taleb Abderrahmane qui, durant la période coloniale (cela s'appelait l'Ottomatic), était le rendez-vous de tous les étudiants fascistes, un lieu où se tramèrent, avec Lagaillarde, bien des complots criminels OAS.

Etudiants au début des années 60, nous étions fiers, garçons et filles, surtout les tout nouveaux, de nous attabler à sa terrasse non pour parader ou plastronner, mais surtout pour rendre hommage, pour nous «relier», à un grand combattant : Taleb Abderrahmane.

Eveillé à la politique à 15 ans, ayant, suivi la foule des travailleurs, sortie de la Casbah le 1er mai 1945, maquisard, capturé les armes à la main au sud de Blida, car «vendu» à l'ennemi, guillotiné à 28 ans le 24 avril 1958. Un jeune pas encore adulte mais déjà un homme, un vrai. «Monsieur le Professeur» comme l'appelait affectueusement sa maman, Yamina, tellement éblouie par son savoir car il fréquentait l'Université. Trois condamnations à mort successives pour le même motif : préparation de substances explosives (utilisées par la Zone Autonome du FLN dans la Bataille d'Alger). Mais aucune ne l'avait ébranlé, faisant face dignement, froidement et tranquillement à ses «juges», puis à son bourreau. «Pour ma patrie, pour mon idéal et pour mon peuple
… Je saurai mourir». Face à l'imam venu lire la «Fatiha» au pied de l'échafaud, il lança : «Prends une arme et rejoins le maquis».

Avis : Petit livre complet. Clair, précis, concis. Avec des annexes, très utiles, ainsi qu'une bibliographie. Petit livre complet
… et utile pour réveiller les mémoires endormies et les héros oubliés

Extrai
t(s) : Taleb Abderrahmane et ses amis (Akkache, Ould Amrouche, Bouhraoua, Mustapha Kateb, Mohamed Zinet, Hadj Omar…) «étaient semblables par leurs rêves, ceux d'une Algérie libre, d'une vie meilleure pour ceux qui travaillent, d'un monde plus juste et plus humain» (p 29), «Taleb Abderrahmane est un héros exceptionnel. Le livre le montre avec un grand talent. L'autre mérite de ce livre est de nous rendre intelligible l'engagement massif des autres étudiants et lycéens qui furent aussi des héros. Certains, de grands héros» (p 79, Mohamed Bouhamidi)