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Livres - Romans

Date de création: 14-12-2010 05:19
Dernière mise à jour: 12-12-2013 16:28
Lu: 834 fois


 

CULTURE - BIBLIOTHEQUE D'AL MANACH - LIVRES - ROMANS

- Caméléon ,

 

de Zoubir SOUISSI. 414 pages. 680 dinars . Casbah Editions, Alger 2010.

L'auteur: Il n'a  connu d'autre métier que celui de journaliste (Alger Républicain, An Nasr, El Moudjahid quotidien, Révolution Africaine, APS  et, enfin , en 1990, membre fondateur du premier quotiden indépendant (de statut privé )  Le Soir d'Algérie dont il fut longtemps le directeur). Il a été , aussi, président du Conseil de l'éthique et de la déontologie, créé par les journalistes au début des années 2000. Il est l'auteur d'un premier ouvrage, en 2006, chez le même éditeur, un essai politique qui conte son itinéraire de grand reporter  à travers les évenements politiques et socio-économiques importants  nationaux et internationaux :  La tête de l'orphelin.

 

 Le contenu : L'histoire d'un Algérien oppportuniste qui navigue, depuis l'Indépendance du pays (et même avant), jusqu'à nos jours, Sans vergogne, il s'agrippe aux plis des  pouvoirs: Pas de moralité, pas d'éthique et encore moins de grands mots. "La fin justifie les moyens".

 

Avis:  Ouvrage très engagé. Du Souissi pur jus ! A lire ....sans modération, même si c'est , par instants, déprimant. Le Souissi moqueur, sympathique gros "titi" constantinois,  est plus digeste que le Zoubir austère, les bons mots ne suffisant pas à cacher toujours sa douleur de voir un pays (et bien  de ses enfants)  sombrer dans l'opportunisme politique et  l'affairisme  de tous poils. 

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- La brèche et le rempart

 

de Badr'Eddine MILI. 335  pages. 550 dinars . Casbah Editions, Alger 2009.

L'auteur:  Journaliste

 Le contenu : L'histoire d'une ville, Constantine, à travers la saga d'une humble famille.C'est , aussi, l'histoire d'un pays, opprimé, et qui cherche à se libérer. Tout en vivant et en travaillant .

Avis:   C'est comme si vous y étiez!

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- Il était une fois peut-être pas

 de Akli TADJER. 3328 pages. ???? dinars .  Editions APIC , Alger 2010.

L'auteur:  

 Le contenu : A mi-chemin entre le conte et le roman social. Ecriture simple et efficace. Un homme quitté par sa fille et qui se retrouve plongé dans une solitude qu'il n'imaginait pas. 

Avis:   Se lit aisément, le style étant simple et facile.

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- Al Qahira essaghira

 

de Amara LAKHOUS. 216 pages. 350 dinars .  Editions Ikhtilef, Alger 2010.

L'auteur:  Il a déjà écrit un grand succès...en Italie

 Le contenu : Rome en 2005 avec un groupe d'immigrants qui prépare une opération terroriste visant des monuments italiens . Ils sont infiltrés..

Avis:   A ne pas rater. Car, Lakhous est un très grand écrivain......méconnu par les lecteurs arabophones.

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- Alger, un théâtre de revenants

 

de Fadela M'RABET . 201 pages. ???? dinars .  Editions Dalimen, Alger 2010.

L'auteure:  Une féministe engagée et sincère

 Le contenu : Plusieurs personnages , voix multiples telle une pièce de théâtre, une langue poétique, belle et riche en rythmique. Des souvenirs..

Avis:   A ne pas rater.

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Mémoires de la chair

 

de Ahlam MOSTEGHANEMI  . 383 pages. 850 dinars .  Editions SEDIA , Alger 2010 (l'édition originale DHAKIRAT AL-DJASSAD a été produite en arabe en 1985 et une première édition en français a été réalisée par les Editions Albin Michel en 2002).

L'auteure:  Beucoup plus femme que féministe. Du coeur et du corps.

 Le contenu : Peu de  personnages mais des voix mulutiples qui racontent un présent tout d'amour .....et de réalisme assez dur par moments.....et qui racontent aussi le passé  et une cité mythique, Constantine

Avis:   De la grande littérature avec quelque chose de poétique. A ne pas rater. . Pour les lecteurs francophones. Pour les arabophones qui ne l'ont pas encore lu, malgré son "ancienneté", ils "ratent" quelque chose de grand. Lire ausi de la  même auteure, Le Chaos des sens

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- Le mensonge de Dieu 

 

de Mohamed Benchicou . 648  pages. 1200 dinars .  Editions Koukou et Inas, Alger 2011.

L'auteur:  Journaliste très engagé ayant débuté à El Moudjahid avant avril  1990 , écrivain, il a dirigé la rédaction d'Alger Républicain puis a créé en 1991,  Le Matin,  un quotidien au succès fou, fou, fou, si fou.....qu'il fut "liquidé" après que son directeur eût fait quatre mois de prison. Pamphlétaire, et aussi, poète,  il est désormais un romancier de talent...qui ne s'en laisse pas facilement conter.

 Le contenu : L'histoire de l'Algérie à travers la saga d'une lignée de combattants comme seule l'Algérie profonde , multiethnique, multiraciale,  multiconfesionnelle, a su  en produire.......une Algérie trahie par un présent qui fait mentir Dieu lui-même.   

 

Avis:  Ouvrage très documenté, très bien écrit, très dense, très engagé...qu'il faut lire très calmement. Pour très bien comprendre le déroulé de l'histoire et pour ne pas se précipiter (comme certains conservateurs ou fanatiques) à se suffire du seul titre pour croire en je ne sais quelle conspiration (encore un autre mensonge)  et pour s'en aller "casser" du démocrate et du républicain .

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- Le Miroir aux Alouettes

 

de Badr'Eddine MILI. 227 pages. ??? dinars . Chihab Editions, Alger 2011.

L'auteur:  Journaliste

 Le contenu : L'histoire d'une vie, d'un jeune homme à Alger, à travers l'apprentissage de la politique. C'est , aussi, l'histoire d'un pays, sorti de l'oppression..., et qui y entre par une autre porte..

Avis:   Une autobiographie déguisée? 

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La Malédiction. Roman de Rachid Mimouni, Chihab Editions, Alger 2012 (Editions stock 1993), 255 pages, 500 dinars

Une oeuvre publiée la première fois en France, en 1993, juste avant son décès prématuré. ….obligé à  l’ « exil »par ceux-là mêmes dont il avit dénoncé l’intégrisme (« De la barbarie en général et de l’intégrisme en particulier » , ouvrage publié en 1992).

1991 : C’est la grève « insurectionnellle » des islamistes intégristes à Alger, et l’occupation des places publiques. Objectif : « prendre » le pouvoir.

Ils prennenet le contrôle du plus grand hôpital d’Alger , « lieu de naissance et de mort », avec beaucoup plus de morts et de douleurs que de naissances et de joies,   et y instaurent un ordre qui préfigure celui qu’ils veulent, alors, imposer au pays entier.

Des histoires qui s’imbriquent. Un écrit-métaphore d’une nation déchirée. Un avenir incertain et insaisissable. Un passé mythifié . Une malédiction qui s’acharne , sans discontinuer, sur tout  un peuple , avec son lot de discordes et de luttes fratricides. L’Algérie …..de toujours . Maudite ? Qui sait. En tout cas une Algérie inespérée. Mais , une Algérie  que , cependant, l’on aime. Or, les  trop grands amours  tuent…Celui-ci  a tué ,à « grand feu » , de l’intérieur, Rachid Mimouni…..à l’âge de 50 ans. Il voulait certianement « tout dire » avant de « partir ».

Avis : Un roman sombre , presque noir par son atmosphère mais sublime par son style . Du Rachid Mimouni, déjà bien talentueux,  au sommet de son art. Mais, à lire avec modération par les sexagénaires et plus . Car, remuer les couteaux dans des plaies, encore vives,  n’ est pas recommandé pour la santé.

 

Extraits« Du centre du pouvoir n’émane qu’une odeur de cadavre en putréfaction » (p. 16), «  A l’heure d’affronter la mort, les plus puissants de ce monde ont des frayeurs d’enfant » (p.91), «  La justesse d’une cause n’a pas l’immense vertu de nous préserver de l’injustice. Bien au contraire, la conviction de notre bon droit a souvent tendance à nous rendre moins vigilants. Ainsi connmencent les dérives »

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Les anges meurent de nos blessures.Roman de Yasmina Khadra.  Casbah Editions, Alger 2013. 403  pages, 980  dinars

Cette fois-ci, notre  (peut-être)  futur Président de la République , après s’être intéressé à la vie d’un Algérien de  « bonne famille » (« Ce que le jour doit à la nuit ») au sein  de la (bonne) société coloniale d’un village aisé de l’Ouest du pays, se penche sur la vie  d’un Algérien pire que miséreux, durant l’entre-deux guerres ….Et,  toujours, en contact avec une partie de la (mauvaise) société européenne.

La première fois, c’est la vie de la classe moyenne ,la petite bourgeioise européenne et arabo-« assimilée », qui est décortiquée, avec  une certaine sympathie, il faut l’avouer. Cette fois-ci, c’est le petit peuple pied-noir d’Oran (le terme n’ existait pas encore) et le tout petit peuple « bougnoule » qui sont visités. Des lieux communs, avec toujours en arrière fond, l’exploitation de l’Arabe : le monde de la boxe, les maisons de tolérance  avec leurs maquereaux et leurs prostituées, la petite truaunderie, les bidonvilles et autres  taudis des uns et les appartements miséreux  des autres .Une seule et même socité qui fait tout (tous les coups tordus en général, souvent à coups de couteaux) pour s’en sortir, laissant loin derrière elle tout souci de lutte contre l’exploitation par les grands colons.

Bien sûr, au détour d’une page, les frémissements du mouvement nationaliste sont évoqués, et on note même l’intrusion d’un certain  Ferhat Abbas qui encourage le boxeur-héros (qui ne comprenait presque rien à la leçon de patriotisme expédiée en hâte dans les couloirs surveillés du Saint-Georges) , à « démolir » son adversaire européen, champion d’Afrique du Nord

Excellement écrit. Du Yasmina K.ciselé, chaque mot et chaque phrase étant étudiés, modelés, à leur place, avec un grand amour pour la précision et les détails nombreux , paraissant parfois inutiles et lourds , dès l’abord, mais nécessaires car il vous obligent à ne pas « décoller » d’une histoire presque banale : beaucoup d’Algériens et d’Européens , boxeurs, footballeurs, athlètes, proxos , prostitués, drogués et gangsters… l’ont connu. Mais une histoire prenante car elle résume assez bien la vie des « bougnoules » de l’époque, ceux des villes  tout particulièrment …et des « petits blancs », proches d’eux dans la  misère mais  tout de même exploiteurs.

Avis : Un « pavé » à lire, bien que coûteux. Bof ! on vous rendra 20 dinars sur un billet de 1 000, ce qui vous laissera l’impression que vous n’êtes pas totalement perdant.  Une dépense utile et une lecture qui vous permettra de passer pas mal de temps pour le terminer.Un interrogation, cependant. Je ne suis pas arrivé , tout au long des pages et des réflexions du héros, en dehors des histoires de culs, à comprendre comment un « anaphabète » arrivait à s’exprimer comme un philosophe de haut niveau !Mystère de la (bonne) littérature et de la maîtrise du suspense .Lorsque la fiction est si bien pensée et si bien rédigée , la réalité s’efface d’elle-même.

Extraits : «  Un adage ancestral stipulait que celui qui espère vaut mieux que celui qui attend, et celui qui attend est moins  à plaindre que celui qui renonce » (p 65), «  Tu peux avoir autant de patries que tu veux, si tu n’as pas de famille, tu n’es personne « (p 150), « La gloire se mesure en fonction de la haine qu’elle sucite chez les détracteurs. Là où tu es encensé, d’autres t’enfument, tel est l’équilibre des choses. Si tu veux aller au bout de ton mérite, ne t’attarde pas sur les crottes que tu écrases car il y en aura toujours sur le chemin des braves » (p 239).

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Meursault , contre-enquête. Un roman de Kamel Daoud Editions Barzakh , Alger 2013. 191  pages, 700  dinars

 

En  fait, l’auteur , n’en  a rien à foutre de Camus,. Bien sûr, il a lu ses livres, deux ou trois, mais Camus  n’est pas quelqu’un  qui l’intéresse profondément. Il est ,d’ailleurs, et il le dit quelque part, devenu allergique aux camusiens des deux bords  Une seule obsession ! Comment venger  le  meurtre de son frère aîné,  « l’Arabe » tué  « comme çà » par un pied-noir à l’âme torturé par le doute existentiel.  Un pied-noir, qui, grâce, à ce meurtre , non prémédité mais attendu, ce qui le banalise et le rend encore plus grave, est devenu un philosophe nobelisé. Alors que l’Arabe, lui, deuxième personnage le plus important, n’a ni nom, ni visage, ni paroles…Un histoire absurde, irrélle mais dramatiquement vraie !

L’Indépendance du pays , la libération des énergies et de la douleur contenues durant cent trente ans, est la grande l’occasion  pour « faire justice ».  Ainsi, toujours « comme çà », un occupant , Européen , devenu intrus grâce au retournement de l’histoire , est tué par le jeune frère de « l’Arabe ». L’honneur bafoué de la tribu est enfin vengé et la M’ma,longtemps  « mater dolorosa », revient à la vie…….alors que son tout dernier va passer le reste de sa vie (quelle vie ?) à errer de bar en bar , et à soliloquer, racontant sa version des faits, raconter l’envres du décor et tenter de donner chair à la figure de son frère Moussa ould El Assas , « l’Arabe » , figure niée dans la littérature de l’époque .

Un Arabe enfin identifié.mais tours errant dans un mone nouveau mais tout assussi absurde. K. Daoud, un camusien qui s’ignore ? Eh, oui !

 

 

Avis Le nouveau roman est enfin arrivé. On le rencontre avec cet ouvrage. De l’écriture compliquée mais si  bien construite qu’elle est compréhensible et claire. Se lit d’un trait. De la philo pour tous, avec , en plus, l’arme favorite du chroniqueur : des formules chocs, qui frappent  fort et visent  juste

Extraits «  Un homme qui boit rêve toujours d’un homme qui écoute » (p 19),  «  On dirait que les gens en veulent à la ville et qu’ils y viennent pour saccager une sorte de pays étranger. La ville est un butin, les gens la considèrent comme une vieille catin, on l’insulte, on la maltraire, on lui jette des ordures à la gueule et on la compare sans cesse à la bourgade saine et pure qu’elle était autrefois…. » (p 36), «  Tout le monde veut une femme au village et une pute de la ville «  (p74), «  Les sentiments vieillissent lentement, moins vite que la peau. Quand on meurt à cent ans, on n’éprouve peut-être rien de plus que la peur qui, à six ans, nous saisissait lorsque, le soir , notre mère venait éeindre la lumière » (p 101),