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Grève - Théorie des trois âges - Nacer Djabi

Date de création: 12-11-2010 04:17
Dernière mise à jour: 12-03-2011 02:10
Lu: 459 fois


TRAVAIL - ETUDES ET ANALYSES - GREVE - THEORIE DES "TROIS ÂGES"- NACER DJABI

- Le sociologue Nacer Djabi a présenté (in El Watan du vendredi 15 janvier 2010) une lecture socio-historique des grèves au niveau de la SNVI (Rouiba et d'autres secteurs):

"  Dans les années 1970-1980, la SNVI et d'autres secteurs ont connu une première génération de grèves. Il sagissait de grèves "expressives": elles reflètent une classe ouvrière inexpérimentée , la durée du débrayage est courte et le mouvement non généralisé, les revendications sont orales et pas claires donc pas négociables. Nous sommes alors dans une situation où les grèves sont interdites et où les grèves sont menées par des "leaders" qui oscillent entre syndicalisme et opposition (berbéristes, trotskystes,pagsistes, islamistes..). Les autorités interviennent en proposant unilatéralement des solutions salariales lors d"assemblées générales. Ces grèves des années 1970-1980  sont répétitives: sans revendications claires, sans négociations, la contestation est automatiquement reconduite.

A partir des années 1980, la classe ouvrière passe à des grèves "instrumentales": plus longues car dépendantes de l'avancée des négociations, basées sur des revendications claires, écrites et concrètes. C'est une classe ouvrière qui accumulé une certaine expérience et qui avance des représentants des travailleurs connus et identifiés.

Aujourd'hui (2010), la symbolique des grands complexes comme la SNVI  n'est plus la même. Les travailleurs gardent une fierté d'appartenir à un gigantesque complexe, souvent visité par Houari Boumediène et des présidents étrangers. Les ouvriers, qui habitent les 100 km à la ronde, sont fiers de leurs "bleus de travail" estampillés SNVI, de leurs bus detransport qui viennent les prendre au village le matin, de l'organisation du travail, etc... Mais, maintenant , les choses ont changé: avec le secteur privé et la montée du secteur tertiaire, le secteur public a perdu de sa force de pression, et les syndicalistes doivent aujourd'hui penser à changer de mentalité  ".