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Mausolée berbère - Imedghassen

Date de création: 11-05-2008 13:00
Dernière mise à jour: 10-05-2013 17:02
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CULTURE - ARCHEOLOGIE - MAUSOLEE BERBERE - IMEDGHASSEN

Le mausolée du roi numide Imedghassen, construit il y a 24 siècles est situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Batna.Unique par son architecture dans toute l'Afrique du Nord, l'édifice se trouve sur le territoire de la commune de Boumia.
Construit à la fin de IVè siècle avant l'ère chrétienne, ce monument funéraire est érigé sur une base circulaire de 59 m de diamètre. Il est entouré de colonnes surmontées d'un toit en forme de cône gradué de 18,50 m de hauteur. Le tout est en pierre de taile, rendues solidaires par des crampons en bois de cèdre enrobé de plomb. 
Les études faites à ce jour reconnaissent l'architecture authentiquement berbère de ce monument qui représenterait une évolution dans le système de construction funéraire de l'Afrique de Nord. Elles signalent toutefois la présence d'influences grecques, visibles notamment dans les colonnes.
Ce monument est le plus vieux vestige assez bien conservé de l'ancienne architecture berbère. Mais, ces dernières années, sa partie extérieure a connu des dégradations notables. La nécropole mitoyenne au mausolée a pratiquement disparu à cause des intempéries mais, aussi, en raison de l'exploitation ininterrompue de ses pierres dans la construction de nouvelles maisons par les habitants de la région.

Une fondation mondialement connue (World Monument Watch, WMW) a qualifié  , en 2010, dans  un de ses rapports, l'état du tombeau de déplorable en le classant, avec le tombeau de Massinissa (Soumaâ Khroub) parmi les 100 sites les plus menacés dans le monde. Son président, le Dr Gaetano Plumbo,  avait même affirmé que son organisation avait versé, il y a de cela plus de 8 ans,  beaucoup d'argent pour l'entretien et la restauration des deux monuments.... En octobre 2010, les travaux étaient abandonnés. avec même des dégradations encore plus importantes que par le passé.

En 2011, les travaux et le chantier sont toujours à l'abandon.

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Par Nadir Hammou, Aps. jeudi 9 mai 2013. Extraits ©

Sur le bas-côté d’un chemin communal reliant la localité de Boumia à la route Batna-Constantine se dresse, tant bien que mal dans une zone déserte, un des plus vieux monuments funéraires berbères d’Afrique du nord, l’Imedghacen, dédié au roi Madghis, considéré comme un des plus importants ancêtres des tribus berbères.

Bâti au IVe siècle av.JC, le monument en pierre de taille se compose d’une base cylindrique d’un diamètre de près de 59m, décorée de 60 colonnes doriques surmontées d’une corniche, et d’un tronc de cône constitué de gradins qui lui donne un aspect de coupole.

Le mausolée comprend aussi trois fausses portes sculptées dans la roche ainsi qu’une chambre funéraire vide de toute trace d’ossements humains ou d’objets funéraires, probablement emportés par des pilleurs sur des générations successives.

Dans sa description du monument, l’historien égyptien Al Bakri (10e siècle) rapporte, pourtant, la présence de beaux bas-reliefs qui décoraient le mausolée, représentant des animaux, aujourd’hui disparus. Une plateforme au sommet suggère la présence au sommet d’une sculpture décorative.(...............)

Selon le directeur de la Culture de la wilaya contacté par l’APS, les travaux de restauration du mausolée d’Imedghacen devaient commencer au début de 2012.

Sur place, rien n’indique, cependant que des travaux soient en cours, a-t-on constaté. Désert, le site est protégé par une modeste clôture et seul un panneau métallique d’information signale son existence.

Il existerait, selon des spécialistes, une dizaine d’autres tombeaux berbères enfouis sous terre dans un périmètre de 500 mètres, autour du mausolée royal, classé en 2012 par le "World monument fund" (Fond mondial des monuments) parmi les 100 sites dans le monde les plus en danger.

Entre restauration bâclée et efforts désespérés de la société civile

Une opération de restauration entreprise, en 2006, par la Direction de l’urbanisme et de la construction (Duc) de la Wilaya de Batna à l’aide d’engins de démolition avait causé des graves préjudices au mausolée dont la structure a été ébranlée et le dôme endommagé.

L’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels (Ogebc) s’est saisi du dossier en 2012, avant de d’élaborer une étude préalable à une opération de restauration du mausolée, parallèlement à une étude de protection du site, selon son directeur Abdelwahab Zekagh.

Devant le manque d’expertise algérienne, le directeur de l’office préconise une "opération mixte", nécessaire selon lui pour en finir avec les opérations de restauration approximatives et non maîtrisées.

L’association "Les amis de l’Imedghacen" qui se dit satisfaite de voir le site placé sous tutelle du ministère de la Culture, presse maintenant l’Ogebc d’engager concrètement les travaux de restauration.

De son côté, elle multiplie depuis de nombreuses années les activités culturelles à caractère pédagogique dans une tentative désespérée de sauver du péril le monument funéraire de l’auguste aïeul des berbères d’Afrique du Nord.