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Révolution algérienne Novembre 1954/ Les 6 pères fondateurs

Date de création: 01-11-2026 19:08
Dernière mise à jour: 01-11-2026 19:08
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HISTOIRE -PERSONNALITÉS- RÉVOLUTION ALGÉRIENNE NOVEMBRE 1954/LES 6 PÈRES FONDATEURS

Face aux  colonialisme français, six (6) hommes ont scellé le destin de toute une nation : Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Mohamed Boudiaf, Rabah Bitat et Didouche Mourad. Fondateurs et stratèges de la Révolution algérienne, ils ont fait de leur sacrifice et de leur soif absolue de liberté le moteur du sursaut patriotique de novembre 1954.

Mostefa Ben Boulaïd, le roc des Aurès
Né le 5 février 1917 à Arris, dans les Aurès, Mostefa Ben Boulaïd est l’un des piliers du mouvement nationaliste algérien. Militant du Parti du peuple algérien (PPA), puis du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), il comprend très tôt que les discours ne suffiront pas à faire plier le système colonial. Son engagement se forge dans les montagnes chaouies, où il tisse des réseaux militants et prépare les hommes au combat. Membre fondateur du Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA), il prend la responsabilité de la zone des Aurès lors du déclenchement de l’insurrection, le 1er novembre 1954. Son rôle est déterminant : cette région montagneuse devient l’un des principaux foyers de la lutte armée. Arrêté en février 1955 et condamné à mort, il parvient à s’évader de prison en novembre de la même année. Mais le chef des Aurès ne verra pas l’indépendance. Le 22 mars 1956, il meurt dans l’explosion d’un poste radio piégé, après son retour au maquis. Il avait 39 ans. Sa disparition prive la révolution d’un organisateur de premier plan, mais son nom reste indissociable de la guerre de Libération nationale.

Mohamed Boudiaf,  le révolutionnaire revenu de l’exil
Né le 23 juin 1919 à M’Sila, Mohamed Boudiaf appartient à cette génération de militants qui ont progressivement tourné le dos à l’action politique traditionnelle pour miser sur la lutte armée. Engagé dans le mouvement nationaliste, il participe à l’Organisation spéciale (OS), structure clandestine chargée de préparer l’insurrection. Lorsque les divisions du mouvement nationaliste s’aggravent, il fait partie de ceux qui cherchent une nouvelle voie pour sortir de l’impasse. Il joue un rôle central dans la création du CRUA, prélude à la naissance du Front de Libération nationale (FLN). Chargé notamment de coordonner les différentes zones, il compte parmi les six hommes qui préparent le déclenchement du 1er Novembre. Son parcours bascule le 22 octobre 1956, lorsque l’avion qui le transporte avec d’autres dirigeants nationalistes est intercepté par les autorités françaises. Emprisonné, il ne retrouve la liberté qu’après le cessez-le-feu de 1962. L’indépendance ne met pourtant pas fin à son éloignement de la scène politique algérienne. Installé à l’étranger pendant plusieurs décennies, il revient en janvier 1992 pour prendre la tête du Haut Comité d’État, dans un pays plongé dans une grave crise politique. Le 29 juin 1992, il est assassiné à Annaba, alors qu’il prononce un discours. Son retour, porteur d’espoirs pour une partie de la population, s’achève tragiquement.

Larbi Ben M’hidi, le sourire face à la mort
Né
en 1923 à Aïn M’lila, Larbi Ben M’hidi est l’une des figures les plus marquantes de la génération du 1er Novembre. Engagé très tôt dans le mouvement nationaliste, il rejoint le PPA, puis le MTLD. Comme plusieurs de ses compagnons, il tire de l’impasse politique et de la répression coloniale la conviction qu’une insurrection organisée est devenue nécessaire. Membre fondateur du FLN, il prend la tête de la zone V, correspondant à l’Oranie. Organisateur rigoureux, il participe à la structuration de la lutte armée et s’impose par son sang-froid, son sens politique et sa capacité à mobiliser les hommes. En 1956, il joue un rôle important dans la bataille d’Alger, où il contribue à la coordination de l’action révolutionnaire dans la capitale. Arrêté par les parachutistes français en février 1957, il est interrogé et torturé. Il décède le 4 mars, après avoir été exécuté clandestinement par l’armée française, sous les ordres du général Paul Aussaresses. Sa mort, longtemps entourée de mensonges officiels, devient l’un des symboles de la violence coloniale. Ben M’hidi reste un exemple de courage exceptionnel. Face à ses tortionnaires, il n’a pas cédé d’un pouce. Son parcours rappelle que la révolution algérienne ne reposait pas seulement sur les armes, mais aussi sur une volonté politique portée par des hommes d’une détermination rare, que la répression n’a pas réussi à briser.

Didouche Mourad, le jeune chef tombé au combat
À 27 ans, il avait déjà engagé sa vie dans la révolution. Né le 13 juillet 1927 à Alger, Didouche Mourad appartient à la génération des jeunes nationalistes impatients de voir l’Algérie sortir de la domination coloniale. Militant du PPA, puis du MTLD, il s’engage dans l’action clandestine et participe aux réseaux de l’Organisation spéciale. Son parcours le conduit à travailler étroitement avec Mohamed Boudiaf, avec lequel il partage la conviction que le Mouvement national doit se réorganiser autour d’un objectif clair : l’indépendance. Il compte parmi les fondateurs du CRUA et fait partie des six dirigeants qui préparèrent l’insurrection de novembre 1954. La responsabilité de la zone II, dans le Nord Constantinois, lui est confiée. Sur le terrain, il s’attache à organiser les premiers groupes de combattants et à donner une structure à une lutte encore balbutiante, confrontée au manque d’armes, de moyens et d’expérience militaire. Son destin est brutalement interrompu le 18 janvier 1955, lors de la bataille de l’Oued Boukerker, près de Condé-Smendou, dans la région de Constantine. Il meurt à 27 ans, quelques semaines seulement après le déclenchement de la révolution. Sa disparition prématurée prive le mouvement d’une de ses pièces essentielles. Didouche Mourad n’aura pas connu les grandes étapes de la guerre ni l’indépendance. Mais son engagement précoce, sa place dans l’organisation du 1er Novembre et sa mort au combat ont fait de lui l’une des figures emblématiques les plus attachantes du 1er novembre 1954 .

Krim Belkacem, du maquis aux accords d’Évian
Né le 15 décembre 1922 dans la région de Draâ El Mizan, en Kabylie, Krim Belkacem est le seul des six chefs historiques à avoir connu et tenu le maquis plusieurs années avant le déclenchement de l’insurrection. Dès les années 1940, il s’engage dans le mouvement nationaliste. Recherché par les autorités françaises, il prend le chemin de la clandestinité et organise des groupes de combattants dans les montagnes kabyles. Lors de la préparation du 1er Novembre, il apporte au futur FLN une expérience militaire et des réseaux d’une importance capitale. Responsable de la zone III, il participe à l’organisation de la lutte armée et s’impose rapidement parmi les principaux dirigeants de la révolution. Son parcours évolue ensuite vers les responsabilités politiques et diplomatiques. En mars 1962, il est le négociateur en chef des accords d’Évian, qui ouvrent la voie à la fin de la guerre et à l’indépendance. C’est lui qui signe, au nom de la délégation algérienne, les textes mettant fin au combat libérateur et à plus de 130 années de colonisation barbare. Du maquis aux négociations d’Evian, son itinéraire témoigne du parcours d’un révolutionnaire hors pair.

Rabah Bitat, l’homme de l’ombre d’Alger
Né le 19 décembre 1925 à Aïn El Kerma, dans la région de Constantine, Rabah Bitat est l’un des six chefs historiques du FLN. Son engagement nationaliste commence au sein du PPA, puis se poursuit dans le MTLD et l’Organisation spéciale. Militant clandestin, il acquiert une expérience précieuse dans la préparation des actions et la structuration des réseaux, à une époque où la surveillance policière rend chaque déplacement risqué. Lors des préparatifs du 1er Novembre 1954, il reçoit la responsabilité de la zone IV, centrée sur Alger et sa région. La mission est délicate : la capitale concentre les forces de sécurité coloniales, les infrastructures administratives et les principaux centres de décision. Il participe à la mise en place du dispositif insurrectionnel, dans des conditions où le secret et la coordination sont essentiels.
Arrêté le 23 novembre 1955, il est emprisonné pendant plusieurs années et ne retrouve la liberté qu’après le cessez-le-feu. Contrairement à plusieurs de ses compagnons, il survit à la guerre de libération et prend part à la construction de l’État indépendant. Après 1962, il occupe différentes fonctions politiques, avant de devenir président de l’Assemblée populaire nationale en 1977, poste qu’il conserve jusqu’en 1990.Rabah Bitat meurt le 10 avril 2000. Son parcours relie deux périodes intimement liées : celle de la clandestinité révolutionnaire et celle des institutions de l’Algérie indépendante. Il demeure l’un des acteurs essentiels de la préparation du soulèvement de 1954.