SANTE-
MALADIE- OSTÉOPOROSE
C’est
une maladie asymptomùatique qui se révèle souvent par
une fracture. L'ostéoporose fragilise le squelette en réduisant la densité
osseuse. Celle-ci se mesure au niveau
des vertèbres et du col du fémur, parfois sur tous les os.P ourquoi touche-t-elle plus
les femmes après la ménopause ? Comment la dépister ? Que faire pour garder des
os solides tout au long de sa vie ? Des praticiennes y répondent point par
point fin octobre 2026 . Pour la Pr Aouichat,
cheffe de service de rhumatologie au CHU de Douéra
(Alger), l'ostéoporose ne s'annonce pas par un
symptôme particulier, jusqu'à la fracture. Le vieillissement aggrave la
situation, la maladie progressant avec l'âge. La proportion de patientes
atteintes d'ostéoporose relevée par une étude menée dans près de 16 wilayas est
de 37,2%. La spécialiste tire la sonnette d'alarme : plus d'un tiers des
personnes concernées, surtout au-delà de 50 ans, vivent avec une fragilité
osseuse dont beaucoup ignorent l'existence. L'ostéoporose est une porosité de
l'os. Il perd en épaisseur, en structure et en texture, et en solidité. Un
simple faux pas, une chute de sa hauteur, parfois même un effort banal, peut
suffire pour provoquer une fracture. Le piège est là. L'ostéoporose ne fait pas
mal. Tant qu'il n'y a pas de fracture, rien ne l'annonce et cette particularité
la rend si redoutable. Le Pr Aouichat s'adresse
directement aux patients : ne comptez pas sur la douleur pour vous pousser à
consulter. Elle rappelle aussi que la fracture n'est pas un symptôme mais une
complication. Une fois qu'elle survient, on n'est plus dans la prévention
primaire, le dépistage, mais dans la prévention secondaire. Les chiffres des fractures du col du fémur
sont élevés. Une étude tunisienne, citée par la spécialiste, en recense une
toutes les deux heures. Après une fracture de la hanche, 20 à 30% des patients
décèdent dans l'année, comme en Algérie. Ce n'est pas la fracture elle-même qui
tue, précise-t-elle, mais ce qu'elle entraîne : immobilisation, escarres,
infections. Après une fracture vertébrale, la surmorbidité
augmente de 32% sur un suivi de 8 ans. Une première fracture expose à une
deuxième puis à une troisième. Le Pr Aouichat parle de «cascades
fracturaires». D'où son message aux médecins et aux malades : l'idéal est de
dépister avant la première fracture, mais il ne faut jamais baisser les bras
une fois qu'elle est survenue. Chaque fracture évitée compte. Le Dr Cheriet,
maître assistante en rhumatologie au CHU de Beni Messous
(Alger), plaide d'abord pour la correction d'une une idée reçue. L'ostéoporose n'est
pas réservée aux femmes qui disposent d'une protection naturelle, les
œstrogènes, qui préservent l'os avant la ménopause. Quand elle survient tôt,
avant 45 ans, voire dès 40 ans, cette protection disparaît, l'os perd sa solidité
et sa densité chute. Le tabac, les corticoïdes pris sur la durée, certains
traitements et situations hormonales, les carences en vitamine D et en calcium,
les maladies inflammatoires et auto-immunes, dont les rhumatismes et les
antécédents familiaux sont aussi des facteurs de risque. Le déficit en vitamine
D, fréquent chez les femmes comme chez les hommes, est aggravé par le mode de
vie moderne : trop de temps passé à l'intérieur, trop peu de soleil. Selon
elle, la chaleur et la cuisson excessive des aliments contribuent aussi à faire
perdre la vitamine D aux aliments. La masse osseuse qui se constitue tôt
atteint son pic vers 30 ans, puis diminue peu à peu. D'où l'importance de la
prévention, dès le plus jeune âge : une alimentation riche en calcium et en
vitamine D (amandes, poisson), une exposition suffisante au soleil, et une
activité physique régulière qui stimulent l'os et aident à fixer le calcium. Le
diagnostic repose sur l'ostéodensitométrie (DMO), disponible dans les
structures spécialisées, notamment les services de rhumatologie. L'examen,
réalisé par rayons X, dure environ cinq minutes. Il mesure la densité des
vertèbres et du fémur. Pour les deux spécialiste, la priorité sera donnée aux
femmes de plus de 65 ans, les femmes ménopausées avant l’âge de 40 ans, les
personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète ou les troubles
thyroïdiens et celles et ceux qui prennent des corticoïdes au long cours. Le
danger de la maladie tient aux fractures, surtout celles de la hanche et de la
colonne vertébrale qui peuvent nécessiter une chirurgie complexe.