DÉFENSE – DOCUMENTS ET TEXTES RÈGLEMENTAIRES-
MINES ANTIPERSONNEL/LUTTE ANTI MINES/RÉSOLUTION CDH.ONU 2026
-Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a
adopté, mercredi 7 octobre 2026, par consensus, le projet de résolution
présenté par l’Algérie sur «l’impact des mines
antipersonnel sur la jouissance de tous les droits de l’homme».
Le vote a eu lieu lors d’une séance plénière tenue
dans le cadre de la 63e session du Conseil et intervient à l’occasion de la
Journée internationale de sensibilisation au problème des mines et de
l’assistance à la lutte anti-mines. Le texte, rappelons-le, a été initié par
l’Algérie dans le cadre de son mandat au sein du Conseil (2022-2025). Il a été
présenté dans le cadre d’un Core Group (groupe
transrégional), composé aussi de l’Afrique du Sud, de la Croatie, du
Mozambique, du Pérou, du Royaume-Uni et de Vanuatu. Intervenant à l’occasion,
le représentant permanent de l’Algérie de l’ONU à Genève, l’ambassadeur Rachid Bladehane, met en avant «l’approche
constructive, inclusive et transparente adoptée tout au long des consultations
sur ce projet de résolution». Notes :
1/L’Algérie a respecté totalement et dans les délais son engagement
international en matière d’élimination des mines antipersonnel. Ayant signé la
Convention d’Ottawa en 1997, avant de la ratifier en 2000, le pays s’est
aussitôt mis à la tâche. Le travail est achevé dès 2017. En effet, l’Armée
nationale populaire a procédé à la destruction, conformément aux exigences de
ladite Convention, du stock national de mines antipersonnel. Environ 9 millions
d’engins ont été ainsi détruits. Parallèlement, l’Armée a poursuivi les efforts
de nettoyage du territoire national, notamment les zones frontalières où des
mines y sont implantées par le colonialisme français durant la guerre de
Libération national, dont le nombre est estimé à 11 millions d’engins
explosifs. L’opération de déminage a été lancée au lendemain de l’indépendance.
Et elle a duré plusieurs décennies, en raison de l’absence de plans de pose des
mines que les autorités françaises ont trop tardé à remettre à l’Algérie. Le
bilan humain de ces engins de la mort est trop lourd. Selon les données
disponibles, les explosions ont causé des milliers de morts et de
blessés : 7300 victimes civiles (4830 durant la guerre de Libération et
2470 après l’indépendance)
2/Selon le rapport Landmine
Monitor, au moins 6279 personnes ont été victimes des mines terrestres et
restes explosifs de guerre en 2024, dont 1945 décès. Selon la même source, les
civils et les enfants sont les premières cibles. Environ 90% des victimes sont,
en effet, des civils, et près de la moitié sont des enfants. Le danger est
notamment plus persistant dans un nombre réduit de pays, dans Myanmar (2029
victimes), la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine, le Nigeria, le Mali, le Yémen
et le Burkina Faso. Alors que la Convention d’Ottawa a fixé un délai de 10 ans
à chaque pays pour dépolluer son territoire, seulement une minorité l’a
respecté.