FINANCES- ETRANGER- FMI/AFRIQUE/PRÊTS 2025
Le Fonds monétaire international
(FMI) a évalué à 38,6 milliards de dollars les prêts encore dus par les pays africains lors du sommet Africa Forward organisé à Nairobi. Cette
dette représente 31,5 % de l’ensemble des financements accordés par
l’institution à travers le monde, selon les données présentées par sa
directrice générale Kristalina Georgieva.
L’Égypte demeure le premier
débiteur africain auprès du FMI avec un encours estimé à 6,86 milliards de
dollars. Le Kenya arrive ensuite avec environ 2,85 milliards de
dollars, malgré la fin de son programme avec l’institution en 2025.
Face à cette situation, la dirigeante
du FMI a rappelé que certains États africains avaient réussi à solder leurs
engagements financiers auprès de l’organisation. Cette situation offre
plusieurs avantages économiques, en réduisant les contraintes liées au
remboursement et en donnant davantage de marge aux gouvernements concernés.
Les pays qui ont remboursé leurs
dettes envers le FMI peuvent disposer d’une plus grande liberté dans la
conduite de leurs politiques économiques. L’absence d’un programme de
financement actif avec l’institution peut permettre aux États de définir leurs
priorités budgétaires avec moins de contraintes liées aux conditions associées
aux prêts.
Selon Kristalina
Georgieva, plusieurs pays africains ont entièrement
remboursé leurs emprunts auprès du FMI, parmi lesquels le Nigeria, l’Algérie,
l’Afrique du Sud, le Botswana, la Libye,
le Mozambique, Maurice, le Zimbabwe, l’Eswatini et
l’Érythrée.
Le remboursement d’une dette
extérieure peut aussi améliorer la perception d’un pays auprès des
investisseurs. Une dette réduite peut renforcer la confiance des partenaires
financiers et faciliter la mobilisation de capitaux privés pour soutenir des
projets économiques.
Les ressources qui ne sont plus
consacrées au paiement des intérêts et au service de la dette peuvent également
être réorientées vers des secteurs prioritaires comme les infrastructures, la
santé ou l’éducation.
Lors de son intervention à
Nairobi, Kristalina Georgieva
a estimé que le continent africain pouvait devenir « le prochain moteur de
croissance » de l’économie mondiale. Elle a toutefois appelé les
gouvernements africains à diversifier leurs sources de financement.
La directrice générale du FMI a
encouragé les États à attirer davantage d’investissements privés et à accélérer
l’intégration économique à travers la Zone de libre-échange continentale
africaine (ZLECAf).
Cette orientation intervient alors
que plusieurs pays africains font face à une hausse du coût du financement
international. Après la pandémie de Covid-19, de nombreux États ont vu leur
dette publique progresser sous l’effet des dépenses exceptionnelles et du
ralentissement économique.
Même si plusieurs États ont soldé
leurs engagements auprès du FMI, une partie importante des prêts reste
concentrée sur quelques économies africaines. L’Égypte, le Kenya et d’autres
pays bénéficiant de programmes d’appui continuent de représenter une part
importante de l’exposition du FMI sur le continent.
Créé en 1944, le FMI
compte aujourd’hui 191 pays membres et intervient principalement pour
accompagner les États confrontés à des difficultés de balance des paiements ou
à des crises financières. Pour les pays africains, la réduction de la dette
extérieure reste un enjeu majeur afin de préserver leurs capacités
d’investissement et de limiter leur vulnérabilité face aux chocs économiques
internationaux