FINANCES- PERSONNALITÉS- SMAIL MAHROUG
Dans les coulisses feutrées du Maghreb des
années 1950, bien avant que les frontières politiques ne figent les rivalités
régionales, un homme avançait déjà avec l’assurance silencieuse des grands
bâtisseurs d’État. Son nom, aujourd’hui rarement cité dans les récits
populaires, fut pourtant associé aux plus sensibles rouages économiques de
l’Afrique du Nord : Smaïl Mahroug.Né
à Beni Achache (Beni Ourtilane),
dans les montagnes de Béjaïa, le 21 octobre 1926 ,
Smail Mahroug (compagnon d’école deMohammed
Arkoune) appartient
à cette génération d’intellectuels algériens formés dans les grandes écoles
administratives et financières de l’époque coloniale. Très tôt, il développe
une réputation d’homme méthodique, rigoureux et doté d’une compréhension rare
des mécanismes économiques modernes. Dans un Maghreb encore traversé par les
luttes anticoloniales et les recompositions institutionnelles, ce profil
devient précieux.
C’est ainsi qu’au début des années 1950, alors que le
Maroc entre progressivement dans une phase décisive de transformation
administrative, Smaïl Mahroug
rejoint les structures de planification économique du royaume. Entre 1953 et
1962, il participe aux réflexions stratégiques et aux mécanismes de gestion
financière du ministère marocain de l’Économie. Il a été directeur de la planification au ministère de l'Économie du Royaume du Maroc entre 1953 et 1962.En 1962, il est nommé au sein de l'exécutif provisoire, directeur du Comité National pour la Coopération Technique. En 1963, il est nommé comme conseiller à la présidence du conseil auprès d'Ahmed Ben Bella, puis au conseil d'administration de la banque centrale d'Algérie et enfin Pdg de la Caisse Algérienne de Développement. En 1964 il est nommé directeur général des finances et du plan à la
présidence de la République.En 1967 il est nommé comme membre du conseil supérieur aux hydrocarbures, des
mines et de la chimie.Il a été ministre des Finances durant 5 ans entre 1970 et 1976 dans le gouvernement Boumédiène III.Il est président du conseil
d'administration de l'Union Méditerranéenne de Banque à Paris entre 1976 et 1986.Acteur majeur de la planification
économique, Mahroug participe à la mise en place d’un
modèle fondé sur l’industrialisation lourde, la centralisation budgétaire et la
maîtrise des ressources stratégiques.Son nom reste
particulièrement associé à l’un des tournants les plus décisifs de l’histoire
contemporaine algérienne : la nationalisation des hydrocarbures du 24 février
1971.
Décédé à Paris (France) le 11 janvier 2006. A noter qu’il
était de religion catholique.