DEFENSE – ETUDES ET ANALYSES- TERRORISME/SURVEILLANCE SANCTIONS
CS/37ème RAPPORT ONU (MAI 2026)
37ᵉme rapport de l’Équipe d’appui
analytique et de surveillance des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU (Extraits et
synthèse presse)
Le rapport a été présenté, en
application de la résolution 2734 (2024) concernant l’EIIL (Daech), Al-Qaida et
les personnes et entités qui leur sont associées. Cette équipe est mandatée par
le Conseil de sécurité de l'ONU, pour évaluer et suivre l'application des
sanctions contre Daech, Al-Qaida et les talibans. Elle publie régulièrement des
rapports détaillés sur l'évolution de ces menaces à l'échelle mondiale. Dans le
chapitre lié au statut de la menace en Afrique du Nord, le rapport a relevé que
l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est restée
présente dans le sud de l’Algérie, l’ouest de la Tunisie et le sud-ouest de la
Libye, ses effectifs ayant été estimés à 200 terroristes. Le document a mis en
exergue les efforts de l’ANP dans la traque des résidus terroristes, notamment
activant au sein d’AQMI, née suite à l'affiliation du Groupe salafiste pour la
prédication et le combat (GSPC), dirigé par Hassan Hattab
(qui s’est rendu aux services de sécurité) à Al-Qaïda. Le GSPC a été
officiellement rebaptisé Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et a tenté de se
restructurer et de mener des attaques terroristes, notamment au nord et à l’est
du pays. Le noyau dur de cette organisation a été neutralisé par des
détachements de l’ANP, grâce, notamment, à l’efficacité du travail de
renseignement et à l’intensification des opérations de ratissage ciblant,
notamment, les anciens maquis des terroristes. Les conséquences de cette traque
sont mises en exergues dans le rapport
. «En
Algérie, AQMI a continué de subir la pression des opérations de lutte
antiterroriste», lit-on. Dans ce cadre, le rapport a cité l’une des opérations
militaires phares menées avec succès par les détachements de l’ANP. (.....................................).
Le rapport de l’équipe mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU a souligné
que dans le cadre de ses efforts de restructuration, AQMI «a
déplacé l’essentiel de sa présence et de ses activités de l’Algérie vers le
nord du Mali». Les chefs terroristes d’AQMI ont maintenu, selon la même source,
des liens étroits avec JNIM (Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans),
soit Jama’at Nusrat alIslam wal-Muslimin, une
organisation terroriste considérée comme la principale coalition djihadiste
affiliée à Al-Qaïda au Sahel. Selon les informations fournies par l’Équipe
d’appui analytique et de surveillance des sanctions, les chefs terroristes d’AQMI
ont assisté aux principales réunions des dirigeants du JNIM, très actif au
Mali, au Burkina Faso et au Niger, un indicateur d’une coalition, notamment
face aux dissidences. En effet, de nombreux terroristes activant au sein de ces
deux organisations terroristes se sont rendus aux autorités militaires
algériennes au niveau des frontières Sud, notamment Bordj Badji Mokhtar, Adrar
et Tamanrasset. Des redditions collectives ont été enregistrées, grâce à
l’approche algérienne de lutte antiterroriste. Pour le MDN, l’augmentation
significative du nombre de terroristes s’étant rendus aux forces de sécurité
constitue «un indicateur particulièrement révélateur
de l’efficacité de l’action menée». Le chiffre des repentis est passé de 5 cas
en 2022 à 8 en 2023, avant d’atteindre 27 en 2024, puis 38 terroristes en 2025.
Cette tendance traduit l’effondrement du moral au sein des résidus des groupes
terroristes, la diminution de leur capacité de recrutement et de résilience,
ainsi que le succès du discours institutionnel, ayant contribué à isoler le
terrorisme sur les plans idéologique et social et à tarir ses différentes
sources. La majorité de ces repentis activaient «au sein de groupes terroristes
activant à l’étranger». Le rapport a fait savoir que
le groupe terroriste Jama’a Nusrat
ulIslam wa al-Muslimin a également renfloué ses caisses, «grâce au produit des enlèvements contre rançon». Une
preuve tangible de «la prolongation de vie» des
groupes terroristes, à cause de l’argent de la rançon. L’Algérie, qui est à
l’origine de la criminalisation du paiement de rançon, a toujours plaidé pour
assécher le financement du terrorisme. Un autre groupe terroriste, en
l’occurrence l’EI Daech, tente de se redéployer dans la région du Sahel, après
sa défaite en Syrie et en Irak. Le rapport souligne que
«Daech a montré un intérêt croissant pour certaines régions d’Afrique».
La menace posée par l’EIIL (Daech) et Al-Qaida en Afrique du Nord a continué
d’être considérablement atténuée par les opérations de lutte contre le
terrorisme. En effet, les détachements de l’ANP ont mené des opérations
permettant de déjouer la structuration de Daech en Algérie. En août dernier,
une tentative d’infiltration terroriste a été déjouée aux frontières sud-est.
Quatre terroristes abattus par l’ANP. Les criminels activaient au sein du
groupe «Djeich el Sahara»,
affilié au groupe terroriste de «Daech». Les terroristes étaient en mission
destinée à réorganiser les rangs de l’organisation terroriste
«Daech» en Algérie. Alors qu’ils tentaient de traverser les frontières,
ils ont été localisés, repérés et abattus, ce qui renseigne sur l’efficacité du
renseignement ayant permis de mettre en échec l’infiltration terroriste, mais
aussi de déjouer un plan criminel, qui consiste, notamment, en le relancement
du groupe terroriste «Daech». Le rapport évoque
également l’orientation des groupes terroristes au Sahel vers d’autres cibles. «Au Mali, JNIM a concentré ses activités dans le nord et le
centre du pays, ainsi que dans la région de l’ouest, cette dernière émergeant comme
un nouveau front. Démontrant sa capacité à lancer des attaques coordonnées à
grande échelle sur plusieurs fronts, le groupe a étendu ses opérations, audelà des cibles militaires, pour atteindre des objectifs
économiques, notamment en attaquant des sites miniers et des installations
industrielles exploitées par des investisseurs étrangers».
L’Algérie, consciente de la gravité de cette menace, a procédé également au
renforcement du dispositif de la sécurisation et la protection des
infrastructures sensibles, notamment économiques et énergétiques. (................................)
Un autre axe important :
l’exploitation des communications par satellite commercial par des groupes
terroristes et leur maîtrise croissante de l’intelligence artificielle, ce qui
suscite de plus en plus de préoccupations. Le rapport relève
«une augmentation notable de l’utilisation des nouvelles technologies».
Les groupes terroristes ont tiré parti des systèmes commerciaux de
communication par satellite, qui leur ont permis de communiquer à faible coût,
rapidement et de manière relativement sûre dans les zones reculées, mett-il en garde. Les terroristes ont également fait preuve
d’une plus grande maîtrise dans l’utilisation de l’intelligence artificielle,
qu’ils ont principalement mise au service de leur propagande, se montrant de
plus en plus habiles pour ce qui était d’intégrer sans trace des outils
d’intelligence artificielle et des effets visuels dans leurs messages de
radicalisation et de recrutement. «Bien qu’elle ne
change pas radicalement la capacité de ces groupes, cette tendance représente
un défi croissant pour l’action internationale de lutte contre le terroriseme, affirme le rapport