DEFENSE-
ENQUÊTES ET REPORTAGES- CONFLITS ARMÉS/VIOLENCE/DÉPLACEMENT DES POPULATIONS
2025
Les
conflits armés et la violence ont provoqué le déplacement de 32,3 millions de
personnes à l'intérieur de leur propre pays en la seule année 2025, surpassant
pour la première fois les catastrophes naturelles comme cause principale des
déplacements internes. Ce chiffre, en hausse de 60% par rapport à 2024, alerte
sur un effondrement de la protection des civils face à la multiplication des
guerres. Le phénomène se remarque dans de nombreuses zones de conflits, avec le
coefficient aggravant de la longévité, ainsi la tendance dangereuse des
destructions massives et systémiques des infrastructures civiles. Le rapport
annuel conjoint du Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC) et
du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), publié mardi, recense 65,8
millions de nouveaux déplacements internes l'an dernier, incluant des fuites
répétées. Parmi eux, les violences armées en représentent près de la moitié,
avec 32,3 millions de cas. Des seuils jamais égalés qui représentent un signal
d’alarme sur les nouvelles tendances désastreuses des conflits, alertent des
responsables de l’IDMC. Au total, 82,2 millions de déplacés internes ont été
comptabilisés fin 2025, le deuxième niveau historique après le pic de 2024.
Près de la moitié des 68,6 millions de déplacés internes dus aux conflits, et
représentant le stock statistique total, sont répartis dans 54 pays fin 2025 et
se concentrent dans cinq États déchirés par la guerre : le Soudan (plus de 9
millions, pour la troisième année consécutive), la Colombie, la Syrie, le Yémen
et l'Afghanistan. Au Soudan, la guerre qui oppose les Forces armées soudanaises
aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), continue de provoquer un
chaos qui, jusqu’à l’année dernière, a déplacé un habitant sur cinq. En Syrie
et au Yémen, les conflits multidimensionnels, mêlant forces gouvernementales,
rebelles et interventions étrangères, maintiennent des millions en fuite
perpétuelle. L'Afghanistan, miné par l'instabilité et les affrontements
tribaux, voit ses civils piégés dans un cycle sans fin de violence. Ces
déplacements liés à la guerre ne cessent de croître avec l'émergence de
nouveaux théâtres d'opérations et la sophistication des armements. De la RDC au
Soudan, en passant par l'Iran et le Liban, les nouvelles vagues de déplacées
s’ajoutent aux anciennes saturant les dispositifs de prise en charge dans des
territoires à peine moins dangereux que les épicentres des conflits. Les
familles rentrent souvent dans des villages rasés, confrontées à des
infrastructures effondrées et à une aide humanitaire rognée par les coupes
budgétaires, comme c’est le cas depuis des mois au sud Liban. Les déplacés
internes, moins visibles que les réfugiés transfrontaliers, souffrent
particulièrement de ces restrictions, notent les animateurs du réseau
humanitaire. Si les catastrophes (29,9 millions de déplacements, en baisse de
35% par rapport à 2024) reculent légèrement, les conflits armés prennent le
relais comme fléau dominant. Le rapport alerte sur une collecte de données en
recul dans 15% des pays surveillés, compliquant les réponses, alors que la
tendance générale est à l’extension des foyers de tension armée.