HISTOIRE-
PERSONNALITES- ALI MELLAH (COLONEL ALN)
Le
colonel Ali Mellah naquit le 14 février 1924 au village de Mekira,
dans la daïra de Tizi Gheniff, une quarantaine de
kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou). Enfant, il a
reçu une éducation religieuse auprès de son père, imam, qui lui a enseigné les
bases de la langue arabe et lui a fait mémoriser le Coran. Il lui a également inculqué
l’amour de la patrie et l’attachement aux valeurs ancestrales du peuple
algérien. Déjà tout jeune, il se rebelle contre la France coloniale et refuse
d’accomplir le service militaire obligatoire. Il exerce alors comme enseignant
et imam, à l’image de son père. Ali Mellah s’engage très tôt dans le mouvement
national en rejoignant le Parti du Peuple Algérien, en 1945, où il devient par
la suite responsable de région. En 1947, il intègre l’Organisation spéciale
(OS) et participe à ses réunions des 16, 17 et 18 février 1947. En 1949, il
enseigne à Aïn Bessem sous la supervision de Krim
Belkacem qui l’a désigné responsable de l’activité nationale révolutionnaire
dans les villages des régions de Tigzirt et d’Azazga. Il prend part à la réunion du 29 octobre 1954 à Ighil Imoula, destinée à préparer
les groupes de moudjahidine chargés de mener les premières opérations du 1er
novembre 1954, notamment à Tigzirt contre les
services de police, de gendarmerie et la mairie. Le 1er novembre 1954, il
dirige un groupe qui attaque la mairie d’Azazga. Le 4
novembre, il participe avec plusieurs moudjahidine à une attaque contre un
centre militaire colonial à Tizi Djemaa, près d’Aïn El Hammam. Le 14 novembre,
ses hommes abattent 14 soldats français. Le 21 janvier 1955, il réussit à
récupérer une importante quantité d’armes lors d’un affrontement au cours
duquel il est blessé au genou. Il est alors évacué vers Aïn El Hammam pour y
être soigné tout en assurant le commandement des groupes locaux. En novembre
1955, après le départ d’Omar Idris, commandant de la région d’Aïn El Hammam,
Ali Mellah prend en charge les missions militaires et mène une attaque réussie
contre le centre militaire de la localité. La même année, il assure par intérim
la direction de la région de TiziOuzou. Grâce à ses
capacités organisationnelles et à son sens stratégique, il est chargé fin 1955
de diriger un groupe de 200 moudjahidine vers la Wilaya IV afin de soutenir la
Révolution. À la suite du Congrès de la Soummam, il est nommé, sur proposition
du colonel Amar Ouamrane, commandant de la VIe Wilaya
avec le grade de colonel. Il œuvre alors à structurer la lutte armée dans cette
vaste région saharienne aux conditions climatiques difficiles et au relief
ouvert, en organisant politiquement et militairement les moudjahidine et les
militants. Il tombe en martyr le 31 mars 1957, en compagnie de son secrétaire
et de plusieurs membres de son état-major, dont ses adjoints, le commandant
Abderrahmane Djouadi, dit Abderrahmane Aârous, Khawas Ahcène et Si Ahmed Rougi, au Djebel El Louh
dans la wilaya de Médéa.