RELATIONS INTERNATIONALES- DOCUMENTS POLITIQUES-
STRATÉGIE /RENCONTRE PRÉSIDENT TEBBOUNE. MÉDIAS NATIONAUX, 7 FÉVRIER 2026
-S’
exprimant lors de son entrevue périodique avec les représentants
de médias nationaux (El Ahdath et El Moudjahid),
diffusée samedi soir (7 février 2026)
sur les chaînes de télévision et de radio publiques, le chef de l’État a
précisé que ces relations reposent sur «l’intérêt mutuel et le respect de la
souveraineté des États». Interrogé sur la visite récente du haut conseiller du
président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, Massad Boulos, la deuxième en six
mois, le président de la République a affirmé que l’Algérie entretient des
relations privilégiées «avec toutes les grandes
puissances». «J’ai reçu récemment des félicitations du
Président Xi Jinping et des appels du Président Poutine. Nous nous entendons
bien avec toutes les grandes puissances», a répondu le
chef de l’Etat, soulignant la qualité des relations entre l’Algérie et les
Etats-Unis. «Nous sommes contents de nos relations
avec les Etats-Unis, et eux aussi sont satisfaits de la qualité de ces
relations», a-t-il assuré, relevant également l’excellence des relations qu’entretient
l’Algérie avec la Chine et la Russie. Le Président a souligné l’expertise et
les connaissances approfondies de M. Boulos
concernant l’Afrique du Nord et le monde arabe, notamment en raison de ses
origines et de sa relation étroite avec le Président Trump. « Nous avons des
liaisons fortes avec l’Italie » Le chef de l’Etat a également fait état de
l’excellence des relations entre l’Algérie et l’Italie, «un
pays avec lequel nous avons aujourd’hui des liaisons très fortes». «Mme Giorgia Meloni,
(présidente du Conseil des ministres italien, ndlr), a été à l’origine du plan
Mattei fait dans le cadre de l’aide à l’Afrique, et sa façade, c’est bien
l’Algérie, un pays auquel l’Italie accorde toute l’importance dans le cadre de
ce plan», a-t-il relevé, soulignant que le Centre de formation, de recherche et
d’innovation agricole Enrico-Mattei à Sidi Bel Abbès
devient un centre africain. Le chef de l’Etat a également cité le projet
intégré de mise en valeur agricole de 35 000 hectares à Timimoune qui servira également
à la formation de stagiaires issus du continent africain. Le président de la
République a également rappelé que l’Italie est «le
premier client de notre gaz». Un pays, a-t-il souligné, avec lequel l’Algérie
n’a aucun problème d’immigration irrégulière. «J’ai
une amitié particulière avec le président de la République italienne, Sergio Mattarella, auquel je voue beaucoup de respect, et je crois
que c’est réciproque», a assuré le chef de l’Etat, tout en précisant que la
visite qu’effectuera Mme Meloni après le Ramadhan
vise à «faire le bilan de tout ce qui a été fait et en même temps, lancer,
c’est son idée à elle que je soutiens à fond, une chambre de commerce algéro-italienne». « Je salue le courage, l’honnêteté
intellectuelle de Mme Royal » Interrogé sur l’état des relations avec la
France, le président de la République a refusé d’y répondre. «Si
vous permettez en toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la
France», a-t-il assené. Il a en revanche exprimé tout son respect à Mme
Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, qui a récemment
effectué une visite en Algérie, saluant «son courage,
son honnêteté intellectuelle et sa franchise», assurant qu’«elle est la
bienvenue». Concernant la déclaration du ministre français de l’Intérieur
désirant venir en visite en Algérie, le chef de l’Etat a affirmé que «cela le regarde. S’il veut venir, il est le bienvenu». Interrogé sur la question des OQTF (obligations
de quitter le territoire français), le président de la République a assuré
qu’il s’agit d’ «un problème des pays d’accueil ». Il
a précisé que la décision de régulariser les ressortissants algériens à
l’étranger qui se trouvent dans des situations précaires ou irrégulières «n’a rien à voir avec les OQTF». Il a rappelé, à ce propos,
que des OQTF ont été refusées à un ministre qui «s’est
permis de prendre les Algériens pour les mettre dans des avions et les envoyer
vers l’Algérie». Le Président a relevé que les personnes qui font l’objet d’une
procédure d’expulsion «ont des droits». Même lorsque
la justice ordonne leur éloignement, «il y a possibilité de faire appel», a-t-il souligné. Il a également rappelé qu’ «entre l’Algérie et la France, il existe des accords
encadrant ces procédures, lesquels doivent être respectés». «Nous
avons mis en place des procédures pour que le consul puisse visiter les
personnes sous OQTF. S’il constate que tout est légal, il donne son accord et
délivre le laissez-passer», a déclaré le chef de
l’Etat, avant d’affirmer qu’il «n’est pas encore né,
celui qui peut humilier l’Algérie». Sur le plan régional, M. Abdelmadjid
Tebboune a réitéré la détermination de l’Algérie à demeurer un facteur de
stabilité dans son environnement immédiat, à la faveur des relations de bon
voisinage qu’elle entretient avec les pays limitrophes. « J'ai adressé une
invitation au président du Niger, M. Abdourahmane Tiani
» Dans ce contexte, il a annoncé avoir adressé une invitation officielle au
président du Niger, M.Abdourahmane
Tiani, pour une visite en Algérie, mettant en avant le
respect qu’il porte à son homologue nigérien. Évoquant la Mauritanie, le chef
de l’État a insisté sur le «caractère fraternel» des
relations bilatérales faites de solidarité mutuelle et d’entraide, affirmant
que l’Algérie «tente d’aider ce pays frère dans la mesure du possible»,
notamment dans les domaines de la santé et de l’enseignement. «Nos relations avec les États sont désintéressées», a-t-il
précisé, soulignant que «la Mauritanie est libre dans ses choix et ses
relations». Concernant le Sahel, le président de la République a précisé que
l’Algérie n’a aucune responsabilité dans la crise avec le Mali, soulignant que
même la médiation menée par l’Algérie pour un consensus entre le nord et le sud
du pays a été faite en réponse à la demande malienne et sous l’égide de l’ONU
et de l’Union africaine. Insistant sur l’ «histoire
commune» liant les deux pays, il a tenu à mettre en garde contre «ceux qui s’y
rendent pour l’armement et la spoliation des biens». Il a, par ailleurs,
qualifié les relations avec le Burkina Faso de «bonnes»,
réaffirmant la disponibilité de l’Algérie à les renforcer davantage.Abordant
le dossier libyen, M. Abdelmadjid Tebboune a rappelé la profondeur des liens
historiques entre les deux pays, forgés dans la lutte contre le colonialisme,
soulignant que «tout ce qui touche la Libye touche également l’Algérie». Il a
mis en avant le rôle du Mécanisme tripartite des pays voisins (Algérie, Égypte
et Tunisie) ainsi que les réunions périodiques de leurs ministres des Affaires
étrangères sur la situation dans ce pays frère, insistant sur la nécessité de «laisser les Libyens décider librement de l’avenir de leur
pays et de choisir leurs représentants». Il a, à ce titre, souligné
l’importance des élections législatives, conformément aux recommandations des
Nations unies. S’agissant de l’Égypte, pays frère, le président de la
République a rappelé que les relations bilatérales reposent sur près de sept
décennies de complémentarité, marquées par une histoire commune et un soutien
mutuel constant. «Tout ce qui touche l’Égypte nous
touche également, et nous rejetons toute agression contre ce pays», a-t-il
affirmé, considérant le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi comme son
frère. «Lorsque nous avons été agressés en 1963,
l’armée égyptienne a été la première à nous venir en aide. Je l’ai vécu et le
défunt Moubarak (ancien président égyptien), était à l’époque pilote. « Un
micro-Etat a tenté de s’ingérer dans nos élections » De même, lorsque l’Égypte
avait besoin de nous, le regretté Houari Boumediene s’est immédiatement engagé,
sans épargner le moindre effort», a-t-il souligné,
estimant que les deux pays sont sur le même bateau. «Je
suis animé de la même volonté que celle des défunts Boumediene et Nasser»,
a-t-il assuré. Le chef de l’État s’est également félicité desrelations «plus que fraternelles» liant l’Algérie au Koweït et au
Royaume d’Arabie saoudite, soulignant que «tout ce qui affecte le Royaume
affecte aussi l’Algérie». Il a, en outre, salué le haut niveau atteint par les
relations algéroqataries. Par ailleurs, le président
de la République a dénoncé les tentatives d’ingérence d’un «microÉtat» qui a cherché à intervenir dans les
élections en Algérie ainsi que dans d’autres dossiers internes, réaffirmant la
vigilance de l’Algérie face à toute atteinte à sa souveraineté. «Ce micro-Etat a tenté de s’ingérer dans nos élections et
dans d’autres dossiers. Il a brandi la menace de nous appauvrir à travers
notamment l’arbitrage international…», a-t-il fait
remarquer, avant d’asséner : «Ne nous poussez pas à regretter le jour où on
vous a connu».