INFORMATIQUE- ETRANGER- PRODUCTION COMPOSANTS ÉLECTRONIQUES
2026
Les composants électroniques qui rendent possibles les
smartphones, l’informatique en nuage, les voitures électriques et les systèmes
d’énergie renouvelable constituent l’épine dorsale invisible de l’économie
numérique.
Celle-ci tire de plus en plus vers le haut les
exportations mondiales : plus d’un dollar sur huit issus du commerce de
marchandises provient désormais des technologies de l’information et de la
communication (TIC), selon un nouveau rapport de la Conférence des Nations
unies sur le commerce et le développement (Cnuced/Janvier
2026). Autrement dit, plus d’un dollar sur huit générés par le commerce des
biens provient des ordinateurs, des équipements de télécommunications, des
composants électroniques et d’autres matériels facilitant le numérique.
Cette croissance est portée par l’augmentation des
échanges de produits TIC qui ont atteint 1200 milliards de dollars en 2024,
soit plus de 12% du total des exportations mondiales de marchandises. Parmi les
composants électroniques qui alimentent cette dynamique figurent notamment les
puces, les cartes de circuits imprimés et les capteurs, dont le commerce a
fortement progressé au cours des quinze dernières années, malgré une légère
baisse en 2023. En revanche, le commerce des équipements électroniques grand
public et d’autres produits TIC est resté stagnant.
Les progrès demeurent très inégaux : ce boom
reste concentré en Asie, véritable centre mondial des biens TIC, représentant
près de 80% de la production en 2024. Le rapport souligne que les pays capables
de produire des composants électroniques sont mieux placés pour garantir des
emplois qualifiés, des retombées technologiques et des revenus d’exportation
plus résilients.A l’inverse,
dans de nombreuses économies en développement, la participation se limite aux
composants à faible valeur ajoutée ou à l’assemblage, ce qui restreint leur
capacité à tirer pleinement parti des transitions numériques et énergétiques.
Sans investissements ciblés et développement des compétences, ces pays risquent
d’être marginalisés à mesure que le commerce numérique s’intensifie. Le rapport
révèle ainsi que l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes réunies n’ont
représenté que 2,5% du commerce mondial des TIC, soit moins de 30 milliards de
dollars. Les économies européennes ont, elles, concentré 57% des exportations
de services TIC en 2024, suivies par l’Asie et l’Océanie (33%). L’Amérique du
Nord détenait une part de 8%.Par ailleurs, le commerce
des produits pouvant être livrés à distance via les réseaux informatiques –
tels que les services de télécommunication et d’informatique, le conseil, la
santé, l’éducation, ainsi que les films, la musique et les livres numériques –
a progressé de 10% en 2024. Leur part dans les exportations mondiales de
services a augmenté au cours de la dernière décennie, atteignant 56% en 2024.La
pandémie de Covid-19 a donné un coup d’accélérateur supplémentaire au commerce
numérique, déjà en forte croissance depuis 2010, souligne la Cnuced. Les économies développées ont représenté environ
les trois quarts de ces exportations, pour une valeur estimée à 3800 milliards
de dollars, tandis que les économies en développement ont exporté quelque 1200
milliards de dollars. Les rédacteurs du rapport relèvent que les inégalités
entre pays développés et en développement dans les exportations de services TIC
et de produits livrables numériquement mettent en évidence des écarts
persistants de capacités numériques. Ils alertent : «Faute
d’investissements dans le haut débit, les compétences numériques, la
gouvernance des données et des politiques commerciales favorables, de nombreux
pays en développement risquent de rester des acteurs marginaux dans l’un des
segments à la croissance la plus rapide du commerce mondial.»Enfin,
les rédacteurs du rapport estiment qu’à une époque de transformations
technologiques rapides, le commerce mondial et le développement économique
connaissent des mutations structurelles. «Derrière les
chiffres, des évolutions de fond révèlent des dynamiques de possibilités,
d’inégalités et de transformations», concluent-ils.