TÉLÉCOMMUNICATIONS - FORMATION CONTINUE-
SATELLITES ALGÉRIENS/HISTORIQUE (III/III)
Auteur : Hamimi Rabie, ancien
directeur général adjoint de l’Entv /Rediffusée In
Facebook à l'occasion du lancement réussi ce 31 Janvier 2026 d'ALSAT-3B précédé
d'un autre (3A) au début du même mois.
Abdelkader BAÏRI est ce fils d’un modeste et honorable receveur des
Transports Algérois (TA) qui avait été un brillant élève en mathématiques de
l'ancien lycée du Champ de manœuvres, l’actuel lycée El Idrissi, étudiant
ensuite à l’Université de Nice et enfin à University
of California, Berkeley. Repéré pour ses compétences exceptionnelles dans un
pays-continent qui n'en manquait assurément pas, Il avait servi durant de
longues années l'Organisation américaine Intelsat à vocation quasiment
universelle. Il fut en Algérie l’un des directeurs généraux des
Télécommunications au sein du MPT.
C’est à ce titre qu’il avait développé les télécommunications et hissé
notre pays au rang des premières nations utilisatrices de la télécommunication
spatiale à des fins domestiques. L’Algérie lui doit ainsi qu’à ses
collaborateurs le Complexe de Lakhdaria qui fut un
des fleurons de la télécommunication spatiale mondiale, en ce sens qu’il avait
la particularité de trafiquer avec les deux grands réseaux mondiaux de
télécommunications par satellite de l'époque, qu’étaient l’américain et le soviétique.
Il avait conçu et mis en œuvre en 1974 tout le système de couverture par
satellite de notre Sahara à travers l’installation progressive d’un réseau
fiable et intégré de stations terriennes. Ce réseau a permis notamment au
programme de la Télévision nationale d’être véritablement national en parvenant
aux coins les plus reculés de l’Algérie profonde. L’Algérie venait d’occuper
ainsi la 4 ème place mondiale dans la couverture
domestique par satellite après, excusez du peu, les États-Unis, le Canada et
l'ex- URSS.
Après avoir été poussé dehors comme beaucoup d’autres par l’ingratitude
des hommes, Abdelkader Baïri a fait les beaux jours
d’Arabsat à sa création et dont il a été le directeur
général durant une dizaine d’années et ensuite de l’Union Internationale des
Télécommunications en qualité d'Expert international. Cette expertise associée
à l’amour de la patrie, concept maintenant tombé en désuétude, a fait que la
première expérience mondiale d’échanges de news par satellite ait été l’œuvre
d'un tout petit groupe du Boulevard des Martyrs qui avait parié, en Mars 1983,
dans la grande Salle de l’Hôtel Aurassi, où était
présent le gotha mondial des mass média, dans le cadre de la 4 ème Conférence Mondiale des Unions de Radiodiffusion et
Télévision, que l'impossible n’était pas algérien. La preuve de cette expertise
venait d’être administrée à la communauté mondiale et en particulier à l'Unesco
qui, à l’occasion de son Séminaire de 1981 sur le
dissémination des informations dans le monde, considérait cet échange,
dans le cadre du Nouvel ordre mondial de la communication, comme techniquement
impossible. C’est dans cette ambiance qu’était né, peu à près, rattaché à
L’ASBU, le Centre Arabe d'Alger en charge des échanges de news et programmes
par satellite, avec sa dimension régionale désormais reconnue, suivi un peu
plus tard par le Centre Afrovision pour la région
Afrique, dont le siège est également Alger, mais qui se meurt depuis sa
création en 1991, faute de volonté …. L'objectif stratégique à terme ayant été
de faire d’Alger un carrefour quasiment international d’échange ….
Ainsi est, dit-on, la vie. Ainsi aussi s'exprimaient au gré des
circonstances, à l’image du héros de Miguel de Cervantès, l’inertie des uns et
la détermination des autres. Fatalisme ? Déterminisme ? Là est toute la
question ! A la génération actuelle à continuer à nous donner du bonheur avec
d'autres nouvelles réalisations, et à sortir ces anciens, tous ces anciens, de
la grotte de cette A3kiba d'Algérie, au titre de la reconnaissance qui leur est
due et ce, pour le salut de l'honneur et la grandeur de l’Algérie. Elle ne s'en
trouverait, elle-aussi, que grandie.
En attendant, Il incombe désormais à l’Etat et à ses Institutions de
continuer à donner du sens à sa politique en la matière, à répondre aux
attentes multiples et diverses de cette communauté scientifique et de la
société civile, et de rentabiliser, promouvoir et pérenniser ses
investissements considérables. Dans ce domaine comme en bien d'autres, dont en
particulier les plus sensibles, il est de l’ordre de l’impératif de reconnaitre
une fois pour toutes, le statut qui sied à la compétence, actuelle et ancienne,
et de favoriser les compétences dans tous les centres de décision stratégique.
(*) Informations techniques reprises du site de l’Agence, de la presse
écrite et électronique