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Mohamed Lamine Debaghine (Complément)

Date de création: 24-01-2026 20:13
Dernière mise à jour: 24-01-2026 20:13
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HISTOIRE- PERSONNALITES- MOHAMED LAMINE DEBAGHINE (Complément)

DISCOURS PRONONCÉ DEVANT LE PARLEMENT FRANÇAIS EXTRAITS DU DISCOURS DU Dr MOHAMED LAMINE DEBAGHINE (Source JORF, Débats, 1947, p.4463)

«N’oubliez pas, Mesdames et Messieurs, l’Algérie est une Nation. Elle a été une Nation et a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. (…) Les traités conclus entre l’État algérien et des nations telles que l’Angleterre, les États-Unis et la France elle-même prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine. Bien mieux, non seulement la France a échangé des instruments diplomatiques qui ne laissent aucun doute sur la reconnaissance de la souveraineté de l’Algérie à cette époque, mais encore – et cela on ne le sait pas suffisamment – il y a eu au XVIe siècle une véritable alliance entre la France et l’Algérie. Et une alliance ne peut se conclure qu’entre deux États souverains et non entre un vassal et un suzerain. L’Algérie était à ce point considérée comme un État souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution que pendant le Consulat, la France jugea que, seule la nation algérienne, qui était à cette époque souveraine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux et même lui prêter gracieusement de l’argent. Cela s’est produit en 1797. Les sommes prêtées par l’État algérien s’élevaient à plusieurs millions de francs-or. Les considérations dont je viens de faire état ne peuvent laisser aucun doute quant à la reconnaissance de la souveraineté algérienne par la France (…) L’Algérie, malgré son héroïque lutte, a perdu sa souveraineté dans une guerre qui fut malheureuse. Nous ne pouvons admettre que ce sera là le terme de sa souveraineté. Elle reconquerra sa liberté, elle redeviendra elle-même, nous en sommes persuadés (…). Un siècle d’oppression n’a pas fait perdre à l’Algérie sa personnalité ni sa farouche détermination de redevenir elle-même. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, comme hier, il ne peut s’agir pour nous, Algériens, d’accepter une solution, quelle qu’elle soit, qui ne postule pas avant toute chose le respect de la personnalité algérienne, le développement de notre culture arabe et surtout la garantie absolue du retour à notre souveraineté nationale (…). L’Algérie a le droit de disposer d’elle-même. Ce droit, elle l’a acquis sur le champ de bataille ; elle le revendique aujourd’hui. C’est pourquoi elle s’élève contre tout statut que, de force, on voudrait lui imposer. Le peuple algérien considère qu’il a le droit et le devoir de se déterminer lui-même et de choisir les institutions politiques qui doivent le régir (...) L’Algérie ne reconnaît pas l’état de fait créé par la conquête de 1830, l’Algérie n’est pas française, elle ne l’a jamais été et elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut quel qu’il soit (…) Mohammed Lamine Debaghine