FINANCES- ETUDES ET ANALYSES-
RICHESSE MONDE/RAPPORT OXFAM 2026
Au moment où le Forum
économique mondial de Davos se tient en ce mois de janvier 2026, le dernier
rapport d’Oxfam intitulé « Résister au règne des plus riches » et publié
avant-hier, dresse un constat sans appel sur l’état de la planète. Selon les
rédacteurs de ce rapport qui se sont basés sur des données chiffrées et
authentiques, nous ne sommes plus simplement face à une crise économique
passagère, mais devant un tournant historique où la concentration extrême des
richesses menace de briser définitivement le contrat social. Le premier constat
relevé par Oxfam ; contraction de « Oxford Committee
for Famine Relief », une confédération internationale d'ONG qui lutte contre
les causes structurelles de la pauvreté et des inégalités dans plus de 80 pays,
est l’explosion de la fortune des ultrariches qui atteint désormais des
proportions défiant l’entendement. Au terme de l'année 2025, la fortune
cumulée des milliardaires à travers le globe a grimpé pour atteindre 18.300
milliards de dollars. Ce chiffre marque un bond spectaculaire de plus de 16
% en seulement douze mois, une croissance trois fois plus rapide que la moyenne
annuelle enregistrée au cours des cinq dernières années. Pour la première fois
dans l’histoire de l'humanité, le monde compte plus de 3.000 milliardaires.
Ces données ne sont pas que des statistiques financières ; elles témoignent
d'une accélération brutale de l’accaparement des ressources mondiales par une
élite de plus en plus restreinte. Oxfam rappelle qu’au moment même où la
fortune des cinq hommes les plus riches a augmenté de 114 % depuis 2020, une
personne sur quatre dans le monde — soit environ 2 milliards d'individus —
souffre d'insécurité alimentaire modérée ou grave. Près de la moitié de la
population mondiale, soit 3,6 milliards de personnes, vit encore avec moins de
6,85 $ par jour, luttant quotidiennement contre une inflation galopante qui a
vu les salaires réels de près de 800 millions de travailleurs chuter
globalement de 1.500 milliards de dollars sur deux ans. Le rapport démontre que
la seule croissance de la richesse des milliardaires durant l'année écoulée —
qui s'est élevée à plus de 2,7 milliards de dollars par jour — aurait suffi à
sortir des centaines de millions de personnes de l'extrême pauvreté. Par
ailleurs, le rapport d’Oxfam analyse en profondeur la manière dont cette
puissance financière se transforme en un pouvoir politique, qualifié
d'oligarchie moderne. Les inégalités économiques ne sont pas le fruit du hasard
mais de choix législatifs délibérés, influencés par ceux qui possèdent les
ressources. Dans de nombreux pays développés, 80 à 90 % des médias
d'envergure nationale sont désormais contrôlés par seulement une dizaine de
milliardaires. Ce contrôle de l'élite économique sur les moyens
d'information tend à marginaliser les préoccupations des classes populaires.
Face à l'insupportable montée des inégalités, les peuples se mobilisent, mais
la réponse des États est de plus en plus marquée par la force. Oxfam et
d'autres organisations dénoncent une tendance mondiale où, en 2025, 142
manifestations antigouvernementales d'envergure ont éclaté dans 68 pays en un
an, la grande majorité ayant subi des violences policières et des répressions
entraînant des détentions arbitraires et des atteintes graves aux libertés
civiles. Le rapport souligne que cette spirale autoritaire menace non seulement
le bien-être économique, mais aussi la paix sociale et la stabilité des
nations. Pour sortir de cette impasse et garantir une vie digne à chaque être
humain, Oxfam exhorte les États à engager une rupture radicale avec le modèle
néolibéral actuel. La recommandation centrale du rapport est l'instauration
immédiate d'un impôt sur les grosses fortunes. Le document démontre qu'un impôt
de seulement 2 % sur la fortune des 3.000 milliardaires que compte la planète,
permettrait de dégager des ressources colossales, estimées à plus 300 milliards
de dollars par an.