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Essai Mahmoud Ourabah- "L'Allgérie des plans et des hommes...."

Date de création: 14-01-2026 18:38
Dernière mise à jour: 14-01-2026 18:38
Lu: 16 fois


ECONOMIE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI MAHMOUD OURABAH- «  L’ALGÉRIE DES PLANS ET DES HOMMES..... »

 

L’Algérie des plans et des hommes.1963-1980.Les premiers pas.....Souvenirs de 1963 à 1980, autour d’un projet de développement de l’Algérie . Essai de Mahmoud Ourabah. Editions El Qobia, Alger, 2025,  158 pages, ????dinars

 

Au point de départ, il y a une « équipe du plan », composée de personnes venues d’horizons très divers, reflétant assez bien la diversité des terroirs et des couches sociales (on ne parlait pas de classes sociales) du pays, et sans expérience professionnelle. Mais, toutes   animées , au sortir de la colonisation, d’une forte volonté de valoriser les ressources propres du pays. L’équipe  allait créer et développer durant près de  deux décennies (1963-1980), une ambiance de travail, une « culture de boîte », une solidarité d’armes qui, en définitive, n’était pas , à dire vrai, du goût de tout le monde....celui des « politiques » et des mordus des « priorités » , tout particulièrement . Toute une grande, très grande aventure. Une « embellie » ? Oui, pour beaucoup.Non, pour certains.

Au départ, le « Développement »  du pays tel qu’il fut défini dès les premiers pas visait la construction d’une économie capable, dans la durée, de satisfaire la majorité de la population.

C’est toute une étape de la vie du pays, tout juste sorti de la « nuit coloniale » que nous relate l’auteur, s’étant trouvé côtoyant l’équipe  dirigeante de l’époque.Une équipe dirigeante qui , politiquement , au vu des parcours et des niveaux,  n’ a pas facilité le travail  de la  jeune équipe........soutenue, parfois , par des experts étrangers.....de renom ou.....non.   C’est ce que nous raconte  l’auteur, à travers un  récit assez académique , souvent critique,   mais parsemé d’anecdotes  rendant ainsi assez vivante la compréhension  d’une  économie en voie de planification et une aventure qui finit .....en queue de poisson ( ?). Comme si vous y étiez !

 

L’auteur ne s’est pas contenté de raconter le passé et l’échec  (programmé ?) de la stratégie de planification socio-économique . Il propose , et c’est heureux, après le regard sur le point de départ, un épilogue et une postface à la lumière de la problématique actuelle du développement de l’Algérie, avec notamment un nouveau défi : la « mondialisation ».... » un « cadre nouveau qui entoure  désormais toute politique nationale de développement » . Tout en signalant que le SGD (Stratégie globale de développement) de 1966 en avait déjà tenu compte : « S’inscrire dans les grands courants de la science et de la technologie universelle » .

 

L’Auteur : Économiste spécialisé en économie du développement, ancien Sg du Secrétariat d’Etat au Plan (1963-1979), ancien fonctionnaire du Bit (Genève, 1985-1997)et à l’Oit, auteur de deux ouvrages (Enal,  1981 et 1982)  sur l’économie algérienne, de plusieurs études et articles et d’une chronique  familiale (El Qobia, 2024)

 

Table des matières : Préface/Prologue/10 chapitres/Épilogue/ Postface/Notes pour professionnels (3 notes)/Références bibliographiques

 

Extraits « Un comportement qui, sans être spécifique à l’algérien, est malheureusement trop répandu chez nos « politiques ».Par faute d’idées ou de programmes alternatifs, ils se complaisent dans le dénigrement du passé de leur pays, agrémenté d’affabulations et souvent de calomnies » (Prologue, p 13), «  Nous étions à la veille de l’indépendance, bien moins de 5000 étudiants algériens éparpillés à travers le monde entier » (p19), « Beaucoup de jeunes algériens imaginent difficilement aujourd’hui, l’état de dénuement de la grande majorité de leurs aînés, qu’illustrent par exemple les statistiques de 1963, où un poste important à l’importation était constitué de ballots de friperie » (p 35) , « Au lendemain de l’indépendance, la population algérienne était encore analphabète à 85 voire 90 % , et où le « maraboutisme » dans le sens de l’obscurantisme, était la culture du plus grand nombre » (p 37) , « Le Premier Plan Quadriennal 1970-1973  allait être signé, sous la forme d’une ordonnance, en grande pompe dans la grande salle d’apparat du Palais du Peuple » (p 66), »Que l’Algérie officielle a été bien ingrate avec les serviteurs sincères et honnêtes de l’Etat ! Et ceux que l’Histoire, décidément peu tendre avec l’Algérie, a placé  à des positions où ils devaient le défendre , protéger celui-là parmi les plus fidèles et loyaux serviteurs du Service public, ne l’ont pas fait ou ont laissé faire  » (p 78), « Dans la réalité, les économies même réputées parmi les plus « libérales » fonctionnent ,en fait, avec de puissants instruments publics d’intervention économique, de puissants régulateurs » (p 144),

Avis :Il y a , certes , un brin de nostalgie dans cet essai.....mais beaucoup de vérités . Un ouvrage que nos (jeunes) gestionnaires devraient lire et méditer , ne serait-ce que pour ne pas commettre les mêmes erreurs , si tant est qu’elles aient existé.

 

Citations : « Les planificateurs s’impatientent toujours, pour avoir les données les plus actuelles pour pouvoir « prévoir le présent » (reconstitution de l’année en cours), tandis que les statisticiens étaient choqués des « cadrages comptables » effectués par le planificateur » (p 51), « Il faut bien exercer l'esprit critique et se méfier des trois types de mensonges : « le mensonge tout court, le mensonge satanique et le mensonge statistique » (Le  ministre chargé du Plan,  K.Ahmed, cité, p 51), « Trop souvent le style grandiloquent était assimilé à « discours politique » (p 101), « A quoi bon bouger à partir du moment en effet où tout doit venir du chef pour le meilleur ou le pire ?.....Tout attendre d’un « en haut » dont par ailleurs on surestime toujours la capacité d’agir et la liberté de manœuvre réelle »  (p108) , « Aucune théorie économique ne donne  la recette ou la solution « clés en mains » pour accéder à coup sûr au développement » (p 130), «  La lutte contre la pauvreté passe par plus de liberté, pour pouvoir responsabiliser  les principaux intéressés.C’est une condition indispensable  de succès des programmes d’actions ciblant l’éradication de la misère » (p 139), « Les politiques de l’emploi ne peuvent se concevoir désormais qu’au niveau international,  dans la durée.Elles devraient au moins être au centre de la politique économique des États, au même titre que la surveillance des fondamentaux financiers » ( 142) ,