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2022.2025/ BILAN AAPI
La revue «Investissement» de
l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) a livré ,
mi-janvier 2026, un bilan qui éclaire la
dynamique des investissements en Algérie sur la période de novembre 2022 à fin
novembre 2025.
R
éparties sur l’ensemble des secteurs économiques, pas
moins de 18.712 projets d’investissement ont été enregistrés auprès de l’Agence
algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), pour un montant global
estimé à 8.049,03 milliards de dinars, soit l’équivalent de 59,6 milliards de dollars,
affirme l’AAPI. Ces initiatives promettent la création de 454.802 emplois
directs, un volume considérable pour une période de seulement trois ans qui
traduit un regain d’activité palpable dans le tissu productif national. Le
paysage est marqué par une domination écrasante des capitaux locaux, qui
représentent 98,4% du total des projets enregistrés. Ainsi, 18.413 initiatives
purement algériennes ont été déposées, pour une enveloppe financière de 6.777,9
milliards de dinars, l’équivalent de 50,2 milliards de dollars, avec une
projection de 416.187 postes de travail. A l’opposé, les investissements
étrangers ne captent que 1,6% de l’ensemble, à travers 299 projets dont la
valeur atteint 1.271,1 milliard de dinars (9,4 milliards de dollars) et qui
devraient générer 38.615 emplois. Ces projets étrangers se déclinent en 31
réalisations détenues intégralement par des étrangers, 164 projets qualifiés de
majeurs, 115 opérations d’investissement direct étranger et 184 partenariats
mixtes, signe que l’Algérie parvient peu à peu à séduire les capitaux
extérieurs, malgré un contexte mondial tendu. Côté répartition sectorielle,
l’industrie de transformation s’impose comme le fer de lance de cette vague
d’investissements. Avec 6.240 projets, soit 33,3% du total, ce secteur mobilise
3.073,1 milliards de dinars (27,6 milliards de dollars) et vise la création de
245.743 emplois, ce qui représente pas moins de 54%
des postes globaux attendus. Ce poids dominant s’explique par la volonté
nationale de renforcer la valeur ajoutée locale et de réduire la dépendance aux
importations. Les secteurs des transports et de la logistique occupent la 2e
place avec 4.891 projets (26,1%), soutenus par 916,66 milliards de dinars et
prévoyant 53.999 emplois. La construction suit de près, avec 4.512 initiatives
(24,1%), 890,84 milliards de dinars investis et 74.201 postes à pourvoir,
reflétant un boom immobilier et infrastructurel. L’agriculture et la pêche
maritime ne sont pas en reste. Ils totalisent 1 311 projets (7% du
portefeuille), pour 517,82 milliards de dinars et 21.730 emplois projetés, un
enjeu vital pour la sécurité alimentaire du pays. Les autres domaines se
partagent les opportunités restantes, à savoir 471 projets dans la santé, 247
dans l’hôtellerie et la restauration, 209 dans les industries extractives, et
831 dans les services divers, démontrant une diversification progressive de
l’appareil productif. En termes de nature des investissements, l’équilibre est
frappant entre nouveautés et expansions. Les projets de création pure s’élèvent
à 9.475 (50,6%), avec 4.181,16 milliards de dinars et 245.154 emplois attendus,
tandis que les extensions d’activités existantes comptent 8.989 réalisations
(48%), mobilisant 3.821,83 milliards de dinars pour 206.195 postes. Les
opérations de réhabilitation classique restent limitées à 173 projets (0,9%,
26,30 milliards de dinars), et les réhabilitations élargies à 75 (0,4%, 19,72
milliards de dinars), indiquant que l’essentiel de l’énergie se porte sur la
croissance plutôt que sur la remise à niveau. Pourtant, une lecture
géographique du bilan révèle des déséquilibres persistants. Les wilayas du Nord
concentrent la majorité des dépôts, tandis que le Grand Sud, riche d’un
potentiel exceptionnel en énergie, mines, agriculture saharienne et ressources
minières, affiche des taux d’implantation relativement faibles. Cette disparité
appelle des initiatives publiques ciblées et des mesures incitatives renforcées
pour stimuler les investisseurs dans ces zones stratégiques. Heureusement,
plusieurs grands projets structurants sont en gestation. Il s’agit
d’infrastructures de base, d’unités de transformation agroalimentaire,
d’exploitations agricoles sahariennes et de valorisation des produits du
désert. Ces ambitions pourraient transformer les régions du Sud en véritables
pôles de croissance, favorisant une diversification économique durable. Mais au-delà des chiffres, la revue «Investissement» met enexergue la
maturité d’une économie nationale en marche vers plus de résilience. Le secteur
privé, locomotive incontestée, absorbe et propulse les investissements locaux
tout en s’ouvrant progressivement aux flux étrangers. Les politiques
d’incitation de l’Etat, à travers les exonérations fiscales, facilités
administratives, et codes incitatifs, portent leurs fruits, comme en témoigne
cette accélération récente. A terme, ces dynamiques devraient non seulement
multiplier les emplois durables, mais aussi attirer des technologies de pointe
via les mégaprojets, avec l’objectif de consolider la place de l’Algérie comme
destination incontournable en matière d’investissement en Afrique du Nord et au
cœur du bassin méditerranéen