VIE
POLITIQUE- GOUVERNEMENT- DOCUMENTS POLITIQUES- ALLOCUTION PRÉSIDENT PARLEMENT RÉUNI,
30 DÉC.2025/SYNTHÈSE PRESSE
Devant
les deux chambres du Parlement réunies en session extraordinaire, le Président
de la République A. Tebboune
a prononcé, le 30 décembre 2025, le traditionnel discours sur l’état de la
nation. S’exprimant au peuple par l’intermédiaire de ses représentants, le chef
de l’État a délivré des messages forts au cours d’une allocution qui a duré
près de deux heures. Il a tenu à rassurer les Algériens sur la bonne marche du
pays, affirmant que l’Algérie est résolument sur la bonne voie. «L’Algérie de 2025 est indépendante et victorieuse», a-t-il
soutenu. Le président de la République a rappelé que les grandes institutions
financières régionales et internationales, à l’image du FMI et de la Banque
mondiale, ont confirmé que tous les indicateurs économiques du pays étaient au
vert. «Certains partis mal intentionnés ont tenté de
remettre en cause nos chiffres. Mais au final, les grandes institutions
internationales ont confirmé les données que nous avons fournies»,
a-t-il déclaré avec un sourire révélateur. «Nos
chiffres sont exacts et soumis à un examen rigoureux. Nos adversaires les
scrutent dans les moindres détails. S’il y avait la moindre faille, ils
n’auraient pas manqué d’en faire la une de la presse internationale»,
a-t-il insisté, toujours avec assurance. Tebboune ne parle pas sans preuves :
chiffres à l’appui et réalisations concrètes, il a évoqué ce qu’il qualifie
fièrement de «miracle algérien». «Oui,
nous avons accompli, ensemble, des miracles. En 2019, l’inflation était autour
de 10 %. Aujourd’hui, elle est d’environ 2,8 %, et nous la ramènerons à moins
de 2% avant la fin de ce mandat», a-t-il promis. Mieux
encore, a-t-il rappelé, «la croissance était inférieure à 2 %, elle avoisine
aujourd’hui les 5 %». Le chef de l’État a souligné que
l’Algérie a réussi à s’inscrire dans une dynamique d’investissement sans
précédent, citant les chiffres de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement
(Aapi). «Depuis sa création,
19 000 projets ont été enregistrés pour une valeur de 61 milliards de dollars,
permettant la création de 500 000 emplois», a-t-il assuré. Les investisseurs
étrangers participent à 309 projets, représentant 9,5 milliards de dollars, «une réponse claire à ceux qui prétendent que l’Algérie est
isolée», a-t-il affirmé, évoquant également le succès de l’Iatf
à Alger et les contrats record signés par le pays. Pour le président, ces
performances constituent la preuve que l’économie nationale se porte bien et de
manière saine. «Ce n’est pas l’œuvre du seul président
de la République, mais celle de l’ensemble des cadres et des travailleurs de la
nation», a-t-il souligné, leur rendant un vibrant hommage. «Impossible
n’est pas algérien. Ils sont en train de le prouver»,
a-t-il insisté. À ce titre, il a mis en avant l’exploit réalisé en moins de
deux ans et demi par les travailleurs et ingénieurs algériens : la réalisation
de la ligne ferroviaire reliant Ghar Djebilet à
Béchar via Tindouf. Près de 1 000 km de rails posés en plein Sahara, défiant
dunes, vents de sable et températures extrêmes. «Ils
ont travaillé nuit et jour, parfois sous 50 degrés, pour livrer ce projet dans
les délais. Et ils l’ont fait», a-t-il déclaré avec
fierté. «Ce que l’Algérie a accompli dans le domaine
ferroviaire prouve que lorsque l’Algérien décide, il réalise des miracles»,
a-t-il ajouté sous un tonnerre d’applaudissements. Il a d’ailleurs donné
rendez-vous à la fin du mois de janvier prochain pour l’acheminement de la
première cargaison de fer de Ghar Djebilet vers Oran.
«Nous organiserons une grande fête nationale à Tindouf
pour rendre hommage au courage des travailleurs», a-t-il annoncé. «La mine de Ghar Djebilet est
devenue une réalité. Elle constitue le troisième plus grand gisement de fer au
monde. Le rêve du président Houari Boumediene est aujourd’hui concrétisé», s’est-il réjoui. La salle s’est alors levée
comme un seul homme, scandant le nom du Président avant de lancer, à l’unisson
: «Tahya El Djazaïr». Reprenant la parole, le chef de l’État a lancé
que «celui qui ne reconnaît pas les réalisations de
l’Algérie est ingrat et envieux», provoquant une nouvelle ovation. Il a ensuite
insisté sur la poursuite des programmes de développement durable. «Les réformes sont un processus continu visant à consacrer
une gouvernance pour le peuple et par le peuple», a-t-il affirmé. Il a
également annoncé un autre grand rendez-vous pour la fin de l’année 2026 ou le
début de 2027 avec l’entrée en exploitation du phosphate de Bled El Hadba. «Nous multiplierons par cinq nos capacités de production,
passant de 2,5 millions à plus de 10 millions de tonnes par an», a-t-il
précisé, rappelant que le phosphate est au cœur d’une véritable «guerre
mondiale des engrais». «Avec cette mine, nous serons
parmi les mieux armés», a-t-il assuré. Selon le Président, le secteur minier viendra
consolider un renouveau industriel déjà amorcé. «La
politique de production nationale crée aujourd’hui une dynamique importante
après des années de désertification industrielle dues à l’illusion de
l’importation», a-t-il déclaré. Il a rappelé que la part de l’industrie dans le
PIB est remontée à près de 10 %, après avoir été réduite à 3 % par l’ancienne «issaba». Il a cité l’industrie
pharmaceutique comme exemple emblématique. «Nous
assurons plus de 80 % de l’autosuffisance du marché local en médicaments et
nous sommes devenus leaders en Afrique», s’est-il félicité, annonçant la
prochaine production locale de médicaments de biotechnologie. Il a également salué
le rôle de la jeunesse, notamment des 13 000 start-up
algériennes, ainsi que celui de la diaspora. Les agriculteurs ont eux
aussi été largement salués. Le Président a souligné que l’Algérie est désormais
autosuffisante dans plusieurs produits autrefois importés. «Aujourd’hui,
nous exportons l’ail, la tomate ou la pomme de terre grâce aux initiatives de
nos agriculteurs», a-t-il affirmé, annonçant un soutien renforcé du ministère
de l’Agriculture. Reconnaissant toutefois des insuffisances, le Président a
déploré l’échec dans la production de viandes, appelant les acteurs du secteur
au patriotisme. Il s’est ensuite montré ferme face aux spéculateurs,
avertissant que la justice sera intraitable. «Jouer
avec le pain des Algériens ou avec l’unité nationale mène directement à la
prison», at-il martelé. Le Président s’énerve. Il les
avertit que «l’État va les broyer». Car l’unité
nationale est une ligne rouge. Il en profite pour soutenir que «les méthodes de désinformation, d’exagération, d’insultes
et de démoralisation n’atteindront pas leurs objectifs». Tebboune a également
réaffirmé l’attachement de l’État au caractère social du pays. «L’Histoire ne retiendra pas que nous ayions
supprimé le soutien au citoyen», a-t-il déclaré, rappelant les augmentations de
salaires, les recrutements et la protection du pouvoir d’achat. «En 2019, nous étions au bord du gouffre, et le discours
politique affirmait l’incapacité de payer les salaires. Aujourd’hui, nous nous
sommes engagés à augmenter les salaires — et nous les augmenterons —, nous nous
sommes engagés au recrutement (82 000 postes) et nous poursuivrons, si Dieu le veut», a-t-il attesté. «Le pouvoir
d’achat chez nous est relativement protégé, et nous le défendons contre les
spéculateurs qui ciblent les avantages accordés par l’État aux citoyens»,
souligne-t-il. «Le pouvoir d’achat doit également être
évalué à travers le soutien aux prix des denrées alimentaires, de l’eau, de
l’électricité, du logement et la gratuité de l’enseignement», poursuit-il. «Le pouvoir d’achat est protégé à son niveau minimum, et
nous faisons face quotidiennement à ceux qui cherchent à le fragiliser», a-t-il
dit. Le Président a, d’ailleurs, profité de l’occasion pour ordonner au Premier
ministre d’entamer «la réalisation de deux stations de dessalement de l’eau à
Tindouf et Tamanrasset». Une demande qui lui est
parvenue de la part des habitants et qu’il a de suite pris en charge. «Nous sommes à l’écoute des citoyens. Nous répondrons à
leurs doléances dans la mesure du possible», dit-il en
insistant sur les avancées de l’Algérie qui se dirige droit vers l’émergence.
Il se permet, d’ailleurs, un parallèle avec l’Algérie post- indépendance et
celle d’aujourd’hui en «taclant» au passage la France.
«L’espérance de vie des Algériens est aujourd’hui de
79 ans, elle était de 40 ans à l’indépendance. Nous avons aujourd’hui près de
deux millions d’étudiants, 13 millions d’écoliers, nous avions 500 étudiants à l’indépendance», rappelle- t-il. Tebboune met aussi en avant
les maladies quid de la «pauvreté» qui ont été
éradiquées du pays et qui faisaient loi à l’indépendance. Il sourit et lance,
voilà les «bienfaits de la colonisation». Il en
profite pour saluer la dynamique qui a marqué le Parlement et lui a permis de
consacrer les prérogatives du pouvoir législatif, notamment à travers
l’exercice de son droit d’initiative en matière de propositions de lois, dont
la criminalisation du colonialisme. Sur le plan international, le président de
la République a tenu à réaffirmer, avec fermeté, les positions constantes et
immuables de l’Algérie, rappelant que la diplomatie nationale ne cède ni aux
pressions ni aux calculs conjoncturels. Concernant la question palestinienne,
Abdelmadjid Tebboune a été catégorique : «Notre
position vis-à-vis de la Palestine ne changera jamais.» Il a rappelé que
l’Algérie continuera de défendre, dans toutes les instances internationales, le
droit du peuple palestinien à l’établissement de son État indépendant, avec El-Qods pour capitale, estimant qu’il s’agit là d’un principe
historique, moral et politique indissociable de l’identité diplomatique du
pays. Le chef de l’État est ensuite revenu sur le dossier du Sahara occidental,
réaffirmant le soutien indéfectible de l’Algérie au droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination, conformément aux résolutions de l’ONU. «L’Algérie
ne transigera jamais sur le respect du droit international», a-t-il insisté,
soulignant que la position algérienne ne relève ni de l’hostilité ni de
l’ingérence, mais d’un attachement constant aux principes de légalité internationale
et de décolonisation. S’agissant de la Libye, le président Tebboune a plaidé
pour une solution exclusivement libyenne, loin de toute intervention étrangère.
«La paix en Libye ne peut être construite que par les
Libyens eux-mêmes», a-t-il affirmé, rappelant que la stabilité de ce pays frère
est indissociable de celle de toute la région maghrébine et sahélo-saharienne.
L’Algérie, a-t-il assuré, continuera de jouer un rôle de facilitateur et de
médiateur, fidèle à sa doctrine de non-ingérence et de respect de la
souveraineté des États. Abordant la situation au Sahel, le président de la
République a dénoncé les manœuvres de certaines parties cherchant à semer la
discorde et l’instabilité dans cette région sensible. Il a tenu à rappeler que
l’Algérie n’a jamais porté atteinte à ses voisins et qu’elle demeurera, comme
elle l’a toujours été, un facteur de stabilité, de dialogue et de solidarité. «L’Algérie ne fera jamais de mal à ses voisins», a-t-il
martelé, soulignant que la sécurité régionale repose sur la coopération et le
respect mutuel. Le chef de l’État a également mis en garde contre les tentatives
visant à créer des tensions artificielles entre l’Algérie et la Tunisie, en
exploitant, selon lui, «des esprits étroits et des
calculs malveillants». Il a rappelé la profondeur historique, humaine et
politique des relations entre les deux pays. «Nous
sommes un seul et même peuple frère», a-t-il déclaré, évoquant la position
honorable de la Tunisie durant la guerre de Libération nationale. «La sécurité de l’Algérie s’étend à la Tunisie, et celle de
la Tunisie s’étend à l’Algérie», a-t-il insisté, rejetant toute forme
d’ingérence ou de manipulation. Dans ce contexte, le président Tebboune a tenu
à défendre le président tunisien Kaïs Saïed rappelant
le nationalisme de cet homme aux grands principes.. «Toucher à la Tunisie, c’est toucher à l’Algérie», a-t-il
prévenu, assurant que l’armée algérienne n’a jamais foulé le sol tunisien et
que l’Algérie a toujours respecté la souveraineté de ce pays frère. C’est sur
cette note de fermeté, de constance et de fidélité aux principes historiques de
la diplomatie algérienne que le chef de l’État a conclu son discours, avant de
lancer son désormais emblématique «Tahya
El Djazaïr». La salle, debout, a répondu d’une seule
voix, dans une atmosphère chargée d’émotion et d’adhésion.