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Essai Amar Abba- "La politique étrangère de l'Algérie"

Date de création: 12-04-2023 18:27
Dernière mise à jour: 12-04-2023 18:27
Lu: 229 fois


RELATIONS INTERNATIONALES- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI AMAR ABBA- « LA POLITIQUE ETRANGERE DE L’ALGERIE »

 

© Le Soir d’Algérie/ Soraya Naili, mardi 11 avril 2023

 

La politique étrangère de l’Algérie. 1962-2022. Amar Abba. éditions Frantz-Fanon. 2022. 440p.
1 500 da.

 

En octobre 2019, Amar Abba s’apprête à prendre sa retraite. Il boucle sa valise de diplomate et raccroche de son dernier poste d’ambassadeur à Londres. Il avait alors en tête d’enseigner à l’Institut diplomatique et des relations internationales dépendant du ministère des Affaires étrangères pour apporter son expérience à la jeune génération de diplomates algériens. Mais le Covid a mis un frein à ce projet.

Amar Abba change son fusil d’épaule. Il décide d’écrire un livre à l’intention des chercheurs, étudiants et jeunes diplomates. Titre : « La politique étrangère de l’Algérie 1962-2022 », paru aux éditions Frantz-Fanon en novembre 2022.
Cet ouvrage est dédié «à tous les diplomates-militants qui, durant la lutte de Libération nationale, ont porté, sur tous les continents et dans toutes les enceintes internationales, le combat du peuple algérien pour son indépendance», note-t-il sous forme de dédicace.
Un éclairage sur la politique étrangère de l’Algérie depuis 1962. Soixante ans d’analyse politique. «Une observation essentielle s’impose d’emblée en ce qui concerne autant le contenu que le style de la politique étrangère de l’Algérie depuis 60 ans : elle a, durant longtemps, été plus une diplomatie de mouvement de libération au service d’une idéologie qu’une diplomatie d’État. Ceci s’explique évidemment par la manière dont les Algériens se sont libérés du colonialisme. Elle tient aussi au fait que la génération qui a lutté pour l’indépendance est restée (trop) longtemps au pouvoir
Quelques pages plus loin, l’ancien diplomate écrit «La réelle inflexion vers la realpolitik a été inaugurée durant l’ère Chadli Bendjedid. Les moments les plus forts de cette nouvelle orientation, ce sont incontestablement les visites officielles qu’il a effectuées à Paris (1983) et à Washington (1985) (...) cette inflexion sera renforcée par Abdelaziz Bouteflika durant les 20 années qu’il a passées au pouvoir et pendant lesquelles une sourdine a été mise sur les aspects les plus saillants de ‘la politique de principe’ qui imprégnait la démarche internationale de l’Algérie.»
L’auteur explique la stratégie politique de l’Algérie avec ses voisins du Maghreb et du sahel. Il met en lumière les relations diplomatiques de notre pays avec la France durant les gouvernements successifs (Boumediene, Bendjedid, Bouteflika, Tebboune). Sous le titre Bouteflika-Chirac, l’amitié improductive, on peut lire : «Ce n’est qu’avec l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika en avril 1999 que l’on assistera à un réchauffement des relations entre les deux pays.
La visite d’État qu’effectuera le Président algérien en France en juin 2000, son activisme sur le plan international et la loi qu’il fit adopter, dès septembre 1999 en faveur de la concorde civile et surtout le référendum qu’il organisa en vue de l’adoption, en septembre 2005, de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale réduiront considérablement la tension sur le plan interne et contribueront à un retour de l’Algérie sur la scène internationale.»
Les lecteurs pourront, en outre, avoir un aperçu sur les relations diplomatiques avec l’Italie, l’Espagne, la Russie, la Chine, les pays arabes, du Moyen-Orient, d’Afrique...
L’auteur étudie la question de l’Algérie et des droits de l’Homme. «L’Algérie a commencé à subir les attaques des ONG internationales, en particulier d’Amnesty International, à partir de la moitié des années 80 avec l’emprisonnement et la condamnation des initiateurs de la première Ligue algérienne des droits de l’Homme, dont certains à des peines de prison ferme ‘‘pour atteinte à la sûreté de l’État’’ (décembre 1985). Ces pratiques du régime algérien, incapable de se réformer et de tolérer ne serait-ce qu’une association de défense des droits de l’Homme, qui est considérée sur le plan international comme un smic en la matière seront chèrement payées par l’Algérie en termes d’image et de respect international (...) les événements d’Octobre 1988 provoqueront une secousse salutaire dans le régime algérien qui va lancer, dans le cadre de la Constitution du 23 février 1989, une série de réformes politiques importantes qui vont avoir une traduction en matière de droit de l’Homme et de libertés fondamentales...»
Cet ouvrage balaye soixante ans de politique étrangère de l’Algérie. C’est un outil didactique pour tous ceux qui s’intéressent à la politique extérieure de notre pays. Très détaillé et bien expliqué, il se lit facilement. Le livre de Amar Abba est préfacé par Abdelaziz Rahabi.
Amar Abba est né en 1948 à Ighil Mahni, dans la région d’Azeffoun. Après des études supérieures à l’École nationale d’administration, il effectue une longue carrière dans la diplomatie (Dar Es-Salam, Athènes, Moscou et Londres).
Il a, en outre, occupé plusieurs postes au ministère des Affaires étrangères dont celui de directeur général des relations multilatérales en charge de l’ONU. Amar Abba enseigne actuellement à l’Institut diplomatique et des relations internationales d’Alger (IDRI).