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Institut français d'Algérie/Entretien Dg (I/II)

Date de création: 23-06-2022 19:37
Dernière mise à jour: 23-06-2022 19:37
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RELATIONS INTERNATIONALES- ENQUÊTES ET REPORTAGES- INSTITUT FRANÇAIS D’ALGÉRIE /ENTRETIEN DG (I/II)

© www.24hdz.com/Fayçal Métaoui, 23juin 2022

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Ahlem Gharbi est directrice générale de l’Institut français d’Algérie et conseillère culturelle à l’ambassade de France à Alger depuis septembre 2021. Elle revient dans cet entretien sur la coopération culturelle entre l’Algérie et la France et les projets en cours. 

24H Algérie: Comment évolue la coopération culturelle entre l’Algérie et la France?

Ahlem Gharbi: La pandémie de Covid-19 a eu des effets négatifs sur le travail de l’Institut français d’Algérie et sur la coopération institutionnelle. Tout était à l’arrêt, il n’y avait plus de voyages, de missions, d’expertise. Il était compliqué de travailler, de faire venir des artistes de France.  La reprise a commencé à partir de février 2022 avec l’amélioration de la situation sanitaire. Les choses reprennent doucement. En ce mois de juin 2022, nous atteignons presque le rythme de croisière.

La crise diplomatique entre l’Algérie et la France (fin 2021) n’a-t-elle pas eu d’influence sur la coopération culturelle ?

Cela a forcément compliqué les choses. Nous avons gardé malgré cela les contacts avec les ministères, essayé de discuter davantage. Cet épisode est dépassé.  Les deux présidents de la République et les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont eu des échanges téléphoniques. Nous sommes dans une dynamique positive. Il y a une volonté de part et d’autre pour reprendre le travail et les projets là où on les avait laissés.

Cette année,  l’Algérie célèbre les soixante ans de l’indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale. Est-ce que cela aura un écho dans la coopération culturelle ?

En France, notamment à l’Institut du monde arabe (IMA), c’est une année spéciale avec les soixante ans de l’indépendance de l’Algérie. Une année dédiée à l’Algérie. Au programme de l’IMA, figurent des expositions, des projections de films, des concerts de musique…Une délégation de l’IMA  viendra en Algérie pour rechercher des designers aux fins d’organiser un défilé de mode à Paris.

Il y a aussi une production de films documentaires. Au  Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée de Marseille (Mucem), une exposition est consacrée à l’Emir Abdelkader (qui se tient jusqu’au 22 août 2022). Au-delà de la relation bilatérale, qui est complexe, il existe des relations humaines fortes. L’Algérie, c’est  un partenaire, une Histoire, une culture…forcément le lien avec la France est important.  

Comment évoluent les échanges universitaires et scientifiques entre les deux pays ? Et quel est le nombre d’étudiants algériens inscrits actuellement en France ?

La demande des algériens pour poursuivre leurs études en France est importante. Chaque année, on octroie 7000 visas pour études pour les algériens. Les étudiants passent par Campus France. Cette année, nous avons reçu  presque 50.000 dossiers d’étudiants algériens voulant poursuivre leurs études en France.

Après, les universités se prononceront sur les candidatures, les accepter ou pas. Le contingent des étudiants algériens en France est le deuxième après celui du Maroc et devant la Chine. 80 % des étudiants algériens qui font des études à l’étranger vont en France. Ce n’est pas le cas des marocains ou des tunisiens qui se dirigent vers d’autres pays. Le choix de la France s’explique par les liens familiaux et la langue.


Avez-vous le taux des étudiants qui reviennent en Algérie après la fin de leurs études en France ?

Nous n’avons pas de chiffres. Mais, le réseau algérien d’alumni est dense. Il est le premier au niveau mondial.  Cela veut dire que les étudiants algériens reviennent en Algérie, se mobilisent, ont envie de s’investir dans leur pays, veulent monter des projets. Ils viennent pour coacher de nouveaux étudiants, demandent des CV pour embaucher les étudiants qui sont passés par Campus France dans les entreprises en Algérie. C’est une dynamique positive.


Quelles sont les disciplines qui sont les plus demandées?

Les disciplines scientifiques et surtout l’informatique. Tout ce qui est sciences dures, mathématiques…

Qu’en est-il des programmes de recherches entre les universités algériennes et françaises ?

Énormément de programmes sont en cours. Les contacts entre chercheurs se sont poursuivis même durant les moments difficiles qu’ont connu les relations bilatérales. Il y a beaucoup de collaborations entre laboratoires de recherche des deux pays. L’université d’Alger travaille avec un laboratoire de recherche sur les mathématiques à Nice. Il existe aussi une coopération importante dans le domaine de l’archéologie entre le laboratoire d’Aix-Marseilles et l’université de Tipaza. Beaucoup de chercheurs se déplacent entre les deux pays.

Vous plaidez pour « le renforcement de l’amour de la langue française  » en Algérie. C’est même l’une de vos priorités. La langue française n’est-elle pas en régression en Algérie?

Je ne suis pas certaine qu’il ait moins d’intérêt pour la langue française en Algérie, mais il y a de l’intérêt pour d’autres langues. Avoir une diversité des langues est tout à fait normal. Les langues ouvrent des perspectives en termes de connaissance et d’apprentissage. Nous encourageons le multilinguisme.C’est à nous de rendre le français plus attractif et plus intéressant pour les jeunes algériens en instaurant de nouvelles méthodes d’apprentissage (numérique, jeux, quizz, etc) et une offre en ligne pour permettre aux jeunes d’apprendre le français à distance. Les jeunes sont fascinés par l’anglais parce qu’ils consomment beaucoup de contenu sur internet dans cette langue. Cela nous oblige à repenser la façon avec laquelle le français est enseigné en recourant à des méthodes ludiques, de la musique, des images, etc. Il faut noter que ce problème se pose en France. Le niveau de la langue des jeunes générations a baissé tant pour la lecture que pour l’écriture.