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Bouchama Abderrahmane (Architecte)

Date de création: 16-09-2021 11:23
Dernière mise à jour: 16-09-2021 11:23
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HABITAT- PERSONNALITES- BOUCHAMA ABDERRAHMANE (ARCHITECTE)

 

Né à Alger le 21 octobre 1906 , mort à Alger en 1985 à 79 ans, Abderrahmane Bouchama  est considéré comme le père de l’architecture moderne en Algérie.Militant d’abord aux Jeunesses Communistes à Blida, secrétaire de rayon communiste envoyé à l’école d’Orient à Moscou en 1932-1933 ; établi à Tlemcen, constructeur de médersas et de mosquées ; intermédiaire actif dans la collaboration du PCA et de l’Association des Oulémas au développement du Congrès musulman (1936-1937) ; installé à Alger, membre du comité central du PCA en 1949, président du Mouvement de la paix en Algérie ; continue son œuvre après l’indépendance, fidèle à ses idées d’alliance entre le communisme et une vision philosophique de l’Islam.

Le père d’Abderrahmane Bouchama était cadi (juge musulman) ; le garçon fait ses études en médersa puis au collège de Blida ; en 1927, il prend des cours de chimie à la Faculté des sciences d’Alger, faisant différents boulots pour subsister. Adhérent aux JC à Blida, prenant part à l’organisation de la grève de l’usine de pâtes, il devient responsable des Jeunes au rayon communiste de Blida ; en mars 1928, il est délégué à la conférence de la Région communiste à Alger, et en 1930, participe au Congrès des ouvriers arabes à Alger .

Tout en se disant sculpteur, il fait encore le garçon d’épicerie en 1931-1932, n’ayant plus le temps de militer. Il le retrouve un peu au contact de la paysannerie de la Mitidja, après avoir fait brièvement son service militaire à Blida (soldat de 2e classe indigène). En 1932, il part en France .Il y a fait des études supérieures .Il  a étudié les mathématiques à l'Institut polytechnique de Nantes, où il est devenu ingénieur, puis à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il appartient à la cellule communiste du centre de la ville.

C’est pour s’être distingué dans "le redressement du rayon communiste de Nantes" qui en fait un responsable de rayon, vraisemblablement à la suite de sanctions contre les dirigeants éliminés de la direction du parti (affaire dite Barbé-Celor), qu’il est adressé à l’école d’Orient à Moscou. Les observations portées sur sa biographie de 1933, reconnaissant ses bonnes connaissances de l’arabe et du français, prennent note de sa volonté de combler "ses faiblesses théoriques" en jugeant son activité confuse notamment par rapport à l’Étoile Nord-africaine ; il lit beaucoup mais "très indistinctement".

On le retrouve en 1934, établi à Tlemcen comme architecte-géomètre. Il gagne en célébrité en conduisant la construction de la médersa Dar El-Hadith (Maison de la tradition prophétique).

. A. Bouchama se voue à la rencontre du communisme et de l’Islam qui porte le rayonnement à Tlemcen et dans la campagne environnante, par le Congrès musulman, front algérien en parallèle du Front populaire (1936-1937). Il veut établir un pont ou élever une arche d’alliance.

Il installe ensuite ses bureaux d’architecte à Alger continuant à privilégier la restauration ou la construction d’édifices religieux. Abderrahmane Bouchama est élu membre du Comité central du PCA au 5e congrès qui se tient du 26 au 29 mai 1949. Emblématique de l’alliance entre les communistes et les Oulémas, il devient en 1950 président du Comité algérien du Mouvement de la paix qu’il représente dans toutes les manifestations et conférences du Conseil mondial de la paix. Arrêté juste après le déclenchement de l’insurrection nationale, il est interné au camp de Bossuet . Après l'indépendance de l'Algérie, il ouvre en 1963 une agence où son fils Elias (architecte du nouveau ministère des Affaires étrangères aux Annassers) le rejoint.Il est le fondateur et le premier président de l'Union des Architectes algériens.

Il a « signé » les Archives nationales (Birkhadem), la Cour Suprême et l'ex centre culturel d'El-Biar à Alger -- à la frontiere avec la commune de Ben Aknoun -- (édifice devenu le nouveau siège du conseil d'État algérien), le siège du ministère du Tourisme ainsi que les Instituts islamiques de Constantine (Algérie) (1969), de Tlemcen (1970),et d'Alger sis le quartier Caroubier (1972). Il a « signé » les Archives nationales (Birkhadem), la Cour Suprême et l'ex centre culturel d'El-Biar à Alger -- à la frontiere avec la commune de Ben Aknoun -- (édifice devenu le nouveau siège du conseil d'État algérien), le siège du ministère du Tourisme ainsi que les Instituts islamiques de Constantine (Algérie) (1969), de Tlemcen (1970),et d'Alger sis le quartier Caroubier (1972).Il a également conçu de nombreuses mosquées, dont celles d'El Biar (Place Kennedy), de Hydra et la Mosquée El Oumma à Bologhine.On voit aussi la signature d'Abderrahmane Bouchama comme une synthèse entre la tradition et le moderne.La médersa Dar El Hadith de Tlemcen lui avait servi de modèle.

C’est à lui que s’adressent Abdelhamid Benzine et les anciens d’Alger Républicain qu’il avait toujours soutenu, pour relancer le journal à l’indépendance, avant que Henri Alleg ne les rejoigne depuis Prague. La première équipe travaille dans son bureau même. « une seule machine à écrire posée sur la cheminée, on tape debout ».

En liaison avec l’Association des Oulémas et les ministères successifs des Affaires religieuses, dans ses constructions d’édifices d’enseignement et de culte, Abderrahmane Bouchama n’a cessé d’imprimer à ses ouvrages, un style puisé dans l’héritage musulman. Fasciné par l’Alhambra de Grenade et le Taj Mahal indien, en quête permanente de « l’arceau qui chante » (c’est le titre d’un de ses livres-manifestes), il est allé acquérir cet esprit architectural au Maroc auprès des maâlim (maîtres), architectes et artisans de palais,

ŒUVRES :L’arceau qui chante, SNED, Alger, 1966. — Mouvements pensants et matière, SNED, Alger, 1968. — La grandeur de l’unité, SNED, Alger, 1976. — L’oasis géante, ENAL, Alger, 1984.