COMMERCE- FORMATION CONTINUE- MARKETING D’INFLUENCE/BUDGETS
Marketing
d’influence : les budgets s’envolent mais la stratégie ne suit pas
©
https://comarketing-news.fr/17
septembre 2026
Dans le secteur de l’influence marketing, les budgets explosent, les
portefeuilles de créateurs s’élargissent et l’IA commence à industrialiser une
partie des opérations.Pourtant,
derrière cette montée en puissance, un décalage persiste.
Selon une étude de Kolsquare,
si 89 % des marques et agences prévoient d’augmenter leurs investissements dans
les douze prochains mois, seules 10 % considèrent aujourd’hui l’influence comme
pleinement intégrée à leur stratégie marketing globale…
L’influence continue de gagner du terrain dans les arbitrages budgétaires. :
89 % des marques et agences européennes prévoient d’augmenter leurs
investissements au cours des douze prochai
ns mois, contre 75 % en 2025 et 54 % en 2024.Cette progression se traduit
également par une diversification des activations. 85 % des répondants ont
élargi leur portefeuille de créateurs au cours des douze derniers mois, et une
proportion équivalente prévoit de le faire à nouveau dans l’année à venir.Le nombre de créateurs
activés augmente lui aussi rapidement. La part des entreprises et agences
travaillant avec plus de 100 créateurs a ainsi doublé depuis 2024, passant de
18 % à 37 %.
Les montants engagés suivent la même trajectoire :60 % des répondants
consacrent désormais plus de 100 000 euros par an à l’influence.Dans
les entreprises de plus de 1 000 salariés, le budget médian atteint même 367
000 euros.Près de trois marques sur dix estiment par
ailleurs que l’influence représente plus d’un quart du chiffre d’affaires
généré par leurs actions marketing.Mais si
l’influence s’impose plus que jamais dans les budgets marketing, la question de
son intégration dans la stratégie globale des marques reste, elle, problématique…79
% des répondants considèrent désormais l’influence comme un moteur de
croissance central ou comme un canal de soutien important. Pourtant, seules 10
% des marques déclarent l’avoir pleinement intégrée à leur stratégie marketing
globale.
Le décalage est particulièrement visible dans la façon dont les campagnes
sont orchestrées. :L’influence reste principalement associée aux contenus
organiques et sponsorisés sur les réseaux sociaux, tandis que les passerelles
avec le paid media, le CRM, l’affiliation ou les
grandes campagnes de marque restent encore limitées.Près
de trois entreprises sur dix pilotent même encore l’influence comme une
activité isolée.Cette organisation traduit une
évolution inachevée : les marques ont compris la valeur du canal, mais pas
toujours transformé leur manière de le piloter.La
prochaine étape ne consiste donc pas nécessairement à dépenser davantage, mais
à faire circuler davantage les contenus, les données et les enseignements issus
des créateurs dans l’ensemble de l’écosystème marketing.Avec
87 % des marques et agences françaises qui prévoient d’augmenter leurs
investissements, la dynamique reste forte dans l’Hexagone. Mais le marché
apparaît plus prudent et davantage focalisé sur la qualité des collaborations.Un quart des
marques françaises se situent encore au tout premier stade de leur stratégie
d’influence, contre 16 % en moyenne européenne.Les
choix de formats illustrent cette approche. Les campagnes organiques arrivent
en tête, utilisées par 58 % des marques françaises, devant les contenus
sponsorisés à 42 %.L’UGC occupe également une place plus
importante en France : 28 % des répondants y ont recours, contre 21 % en
moyenne européenne.
Autre particularité : la sélection des créateurs semble plus exigeante..52 % des marques françaises refusent de
collaborer avec des créateurs faisant la promotion de produits sensibles ou
controversés, soit neuf points de plus que la moyenne européenne.La
transparence des partenariats constitue par ailleurs une ligne rouge pour une
marque française sur deux.La question n’est plus
seulement celle de la performance des campagnes. Elle touche désormais à la
réputation et aux conditions mêmes de la collaboration.Sur
les marchés où ces dispositifs existent, 29 % des marques demandent aux créateurs
d’avoir suivi une formation ou obtenu une certification en influence responsable.Les critères liés à la lutte contre le
harcèlement et les discriminations ont progressé de plus de neuf points en un
an, pour atteindre 34 %.Les enjeux environnementaux gagnent eux aussi du
terrain : ils sont désormais cités par 30 % des répondants, contre 17 % auparavant.La responsabilité devient ainsi un critère de
sélection à part entière, aux côtés de la qualité des contenus, de l’audience
ou de l’affinité avec la marque…Autre changement rapide : 84 % des marques et
agences européennes utilisent déjà l’IA ou l’automatisation dans leurs
stratégies d’influence.
Analyse d’audience, détection de fraude, analyse des contenus ou
identification des créateurs : les usages se multiplient.Le recours aux plateformes spécialisées
est lui aussi passé de 39 % à 65 % en un an.Mais la
technologie ne résout pas tout. L’engagement reste le KPI dominant, devant les
vues, les conversions et le ROI.Pourtant, seuls 41 %
des répondants se disent pleinement confiants dans leur capacité à mesurer le
taux d’engagement. La confiance est encore plus faible pour les conversions,
l’EMV ou le sentiment.
Le prochain défi de l’influence sera donc moins de grossir que de se connecter. :
Connecter les créateurs au reste du dispositif marketing. Connecter les
contenus aux ventes. Et surtout, connecter les budgets à une preuve de valeur.Pour 2027, les marques
misent notamment sur la vidéo courte, l’IA, l’automatisation et les stratégies
« always-on ».Reste à transformer ces tendances en
véritable architecture marketing. Car à mesure que l’influence prend du poids
dans les budgets, son statut de canal parallèle devient de moins en moins
tenable…
Méthodologie
L’étude « L’avenir du marketing d’influence : perspectives 2026/2027 »,
réalisée par B2B International pour Kolsquare, repose
sur une enquête en ligne menée en mai et juin 2026 auprès de 1 123 décideurs
marketing issus de marques et d’agences.
Elle couvre sept marchés européens : France, Allemagne, Italie, Espagne,
Royaume-Uni, pays nordiques et Benelux. Environ 70 % des répondants occupent un
poste de direction ou supérieur, tandis que 96 % participent directement aux
décisions liées à la stratégie d’influence, aux budgets ou au choix des
partenaires.