RELATIONS
INTERNATIONALES-USA- ALGÉRIE.USA/RELATION HISTORIQUE
© Krim Aoudia/El Moudjahid, dimanche 6 août 2026
Les
deux Etats entretiennent une relation historique qui remonte à près de deux
siècles et demie, plus précisément à 231 ans. Une vérité historique que le
chargé d'affaires de l’ambassade des Etats-Unis, Mark. A. Shapiro, a rappelée samedi
5 aou^t 2026, dans un vibrant message qu’il a adressé
à l’Algérie via la page Facebook officielle de la représentation diplomatique. «En ce jour de 1795, les États-Unis et l'Algérie signent un
Traité de paix et d'amitié, établissant des relations diplomatiques officielles
entre les deux pays et jetant les bases d'une amitié et d'un partenariat
durables», a affirmé d’entrée le diplomate dont les propos résonnent comme une
consécration du rôle central joué par l’Algérie sur la scène internationale,
bien avant les bouleversements du XXe siècle. Le Traité en question, que
l’ambassade des États-Unis à Alger a, ainsi tenu à mettre en lumière à
l'occasion de la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance américain,
constitue l’un des plus anciens cadres diplomatiques liant Washington à un pays
étranger. Certifiant une amitié vieille de plus de deux siècles, le document,
d’une dimension historique hors du commun sur le registre de l’évolution des
relations internationales, replace l’Algérie au centre de la mémoire
diplomatique des États-Unis. Il témoigne également, de façon irréfutable, de la
considération dont notre pays jouissait déjà à cette époque, en tant qu’acteur
reconnu et respecté sur la scène méditerranéenne, en particulier, et l’échelle
internationale, en général. Signé le 5 septembre 1975 à Alger, le Traité de
paix et d’amitié algéro-américain qui a eu lieu dans
les premières années ayant suivi la proclamation de l’indépendance des ÉtatsUnis, a été voté à l’unanimité, par le Sénat américain.
Intervenu à une époque où il fallait de trois à six semaines de navigation pour
relier Alger à New York, ce document très singulier de par son importance
historique témoigne par ailleurs, de la clairvoyance des deux nations qui ont
ainsi décidé de poser les bases d’une relation fondée sur la
«civilité, l’honneur et le respect», pour reprendre les termes insérés
en bonne place dans sa rédaction. Un tel héritage diplomatique, unique en son
genre, continue de rayonner, aujourd’hui encore, avec la promesse d’une
prospérité et d’une stabilité partagées inscrites dans la durée. Le chargé
d’affaires de l’ambassade des USA à Alger le confirme d’ailleurs avec des mots
qui ne souffrent d’aucune équivoque. «Plus de deux
siècles plus tard, les États-Unis et l'Algérie continuent de renforcer cette
relation historique par la coopération, le dialogue et les liens qui unissent
nos deux peuples» a-t-il assuré. En d’autres termes, 231 ans après la signature
du Traité de paix et d’amitié, l’esprit de ce document fondateur est toujours
vivant. Il inspire une concertation permanente, une coopération sans cesse
renouvelée et davantage élargie entre les deux Etats et des liens humains qui
constituent le pilier essentiel de cette relation durable. «Aujourd'hui,
nous célébrons 231 ans d'amitié et nous nous réjouissons de poursuivre le
développement de notre partenariat dans les années à venir», a encore appuyé le
diplomate Mark Shapiro dans son post publié hier, par les services de
l’ambassade américaine à Alger. L’histoire des relations algéroaméricaines
est jalonnée, rappelle-t-on, de gestes de reconnaissance et d’admiration
mutuelle. L’un des plus emblématiques reste l’hommage rendu par le Président
Abraham Lincoln à l’Emir Abdelkader, après que ce dernier eut sauvé des milliers
de chrétiens lors des massacres de Damas, en 1860. En signe de gratitude, le
président américain offrit à l’émir deux revolvers gravés, un témoignage
éclatant de la reconnaissance des États-Unis envers la grandeur d’âme de
l’Algérie. Un autre moment fort, et non des moindres, le plaidoyer du sénateur,
puis le Président, John Fitzgerald Kennedy en faveur de l’indépendance de
l’Algérie dans les années 1950. Devenu locataire de la Maison-Blanche, Kennedy
a été en effet l’un des tout premiers chefs d’État à reconnaître l’Algérie
indépendante dès le 5 juillet 1962. «Nous sommes
impatients de travailler avec vous pour la liberté, la paix et le bien-être
humain», avait-il écrit dans son message historique. Des paroles qui, 64 ans
plus tard, n’ont rien perdu de leur actualité eu égard à la coopération
exemplaire qui distinguent, aujourd'hui, la relation algéro-américaine.
A juste titre, le Président Tebboune a déjà fait part de la satisfaction
partagée par l’Algérie et les Etats-Unis quant à leur coopération bilatérale. «Avec les grands, nous nous entendons bien» a-t-il affirmé
lors de l’entrevue qu’il a accordée en février dernier aux représentants des
médias nationaux. En plus d’un partenariat diversifié sans cesse élargi à de
nouveaux domaines de coopération, ce qui unit l’Algérie et les EtatsUnis, c’est aussi une vision commune de la paix, de la
stabilité et de la prospérité. Forgée dans l’honneur, la confiance et le
respect mutuel, l’amitié algéro-américaine a encore
de très belles pages à écrire. À 231 ans et au-delà, l’horizon est, comme le
disent nos amis américains, véritablement illimité.