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Roman Saliha Kaci- "Yenad ou la complainte d'automne"

Date de création: 04-09-2026 15:16
Dernière mise à jour: 04-09-2026 15:16
Lu: 40 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN SALIHA KACI - « YENAD OU LA COMPLAINTE D’AUTOMNE »

 Yenad ou la complainte d’automne. Saliha Kaci, Éditions Imtidad, Alger 2026, 191 pages, 900 dinars

Il a , d’abord, encore jeune marié, quitté Alger pour Laghouat. Pour se libérer, peut-être de l’influence de son père. Ensuite,  il a  quitté Laghouat pour revenir à Alger. Laisant derrière lui son boulot, ses amis, sa famille. ...et son épouse . D’après lui, il le fallait.Pour sauver ce qui restait d’encore vivant autour de lui et.....pour se retrouver . Employé d’un hôtel de la capitale, protégé (mais non gâté ) par la fille du propriétaire , elle-même gérante célibataire de l’établissement, il va se retrouver mêlé à une affaire de trafic de drogue et d’un homicide involontaire... . Toute une traversée solitaire (ou presque) qui lui permet de sortir d’une  atmosphère de presque -folie. Dans sa chambre d’hôtel, n’entendait-il pas, en solitaire, des papillons lui parler de sa condition d’ « homme-seul »........qui, tout simplement , ne connaissait pas son bonheur, ......auprès de son épouse légitime (et  aimée)

A la lecture de ce roman, on devine l’influence  d’œuvres de grande  profondeur psychologique. L’auteur  l’avoue d’ailleurs dans un de ses entretiens à la presse nationale :

 

Dostoïevski et son « Crime et Châtiment », Tolstoï et sa « Guerre et Paix » ! Culpabilité, folie, crises existentielles, mélancolie, désenchantement : autant de thématiques qui interpellent au quotidien. « L’inventaire pourrait se poursuivre à l’infini, tant chaque œuvre fondatrice a contribué à un être en devenir, débarrassé de certitudes stériles et annihilantes. De « L’Insoutenable Légèreté de l’être » de Kundera à « Ainsi parlait Zarathoustra » de Nietzsche, sans omettre le monumental « Deuxième Sexe » de Beauvoir et « La Vie devant soi » de Romain Gary, et j’en passe, des meilleurs. Des  fuites momentanées, mais salutaires » 

L’Auteure : Enseignante (Prof’ de lycée, Tizi Ouzou) et déjà auteur d’un recueil de nouvelles , « Les Frondeuses » (Editions El Qobia , 2023)

Sommaire : Chapitre 1 : La fuite/ Chapitre 2 : La Tentation/ Chapitre 3 : Le Naufrage/ Chapitre 4 : L’Expiation/ Épilogue

Extraits : « Tous autour de nous se cherchaient, mon pays aussi » (p 20), «  Avec Tamilla, il a fallu attendre la délivrance du livret de famille pour avoir droit à de courts moments  d’intimité.Des moments volés à la monotonie de la vie de jeunes à qui on autorise tout sauf vivre dans la plénitude de leurs sens en ébullition » (p 27), « Mon père allait voir sa résidence secondaire comme tous les heureux propriétaires, dans un pays qui dépensait sans compter ce qu’il ne produisait pas surtout » (p 47), « J’ai lu dans les livres que ce qui fait échouer une rencontre, c’est le désir obsessionnel et rapide de posséder le bijou, le laisser emprisonné dans son écrin de peur que le méchant gnome vienne le dérober » (p 57), « Tu planifies pour les trente ans à venir alors qu’on a la flemme de rendre visite aux malades à l’hôpital ou d’organiser un volontariat dans la cité (p 67)

Avis :La rupture avec une vie familaile peut-être trop monotone, car trop ordonnée  pour un grand rêveur.A la recherche d’une autre existence..... L’être humain : un  éternet insatisfait ? .....Un bon sujet de philo ! Si celle-ci existe encore.Quant à l’écriture elle-même, un exercice de syle original qui , parfois , déconcerte ; l’écriture dominant largement l’histoire.

Citations : « Le mariage est un distributeur de tâches normées selon le genre auquel vous appartenez » (p 62), « L’être humain est un drôle d’animal ! Il crée du vent qui soulève des poussières  venues de nulle part, ça s’agite, tourbillonne, s’évapore dans l’indifférence du silence » (p 65), « Une voiture, ça dépanne et ça procure une satisfaction morale, celle d’appartenir à un monde qui bouge » (p 82), « Aimer est le contraire de posséder » (p 90), « Dur, dur de gérer une liberté de parole quand on en a pas les codes, les astuces comme on dit ! Longtemps réprimée, cette parole explose dans un désordre affreux et installe la cacophonie » (p 105),  «Nous trainons nos incertitudes, nos fêlures , nos insuffisances que chaque génération léguait à la suivante.Alors, les plus malins vont se saisir de ces tâtonnements pour placer leur pion même dans le brouillard » (p 124), « Je ne comprends pas cet élan stupide que nous avons tous à n’être en phase  avec personne ! »   (p 135)