ENVIRONNEMENT- GOUVERNEMENT- RÉUNION
PRÉSIDENCE /INCENDIES, ÉTÉ 2026/PRISE EN CHARGE
-© Synthèse El Moudjahid/F
A.S : Comme il l’avait annoncé samedi 29 août 2026, le président
de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense
nationale, Abdelmadjid Tebboune, a présidé dimanche 30 ,
au siège de la présidence de la République, une réunion consacrée à la prise
des mesures nécessaires à la prise en charge des conséquences et des effets des
récents incendies ayant touché plusieurs wilayas de l'Est et du Centre du pays.
De hauts responsables militaires et civils ont assisté à cette réunion, parmi
lesquels le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le ministredélégué auprès
du ministre de la Défense nationale, Chef d’EtatMajor
de l’Armée nationale populaire (ANP), Saïd Chanegriha,
le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté
nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf,
le ministre d’Etat chargé de l’Inspection des services de l’Etat et des
Collectivités locales, Brahim Merad, le ministre de
l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, et le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred....et plusieurs walis Avant d’entamer les travaux de la réunion, le
président de la République et les responsables militaires et civils présents
ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes des incendies. «
Des mesures seront prises afin de nous permettre d’éviter de telles
catastrophes », c’est l’annonce faite par le président de la République à des
médias à l’issue de la visite qu’il a effectuée samedi à l’hôpital des grands
brûlés de Zéralda où il s’était enquis de l’état des
blessés des incendies qui y avaient été évacués. La peine de mort avec
exécution pour les pyromanes Des mesures ont, en
effet, été annoncée par le président de la République, en tête desquelles la
condamnation à mort exécutoire des pyromanes. « Avant le 15 septembre, il y
aura un amendement du Code pénal : celui qui allumera un incendie délibérément
sera condamné à mort », a-t-il affirmé. « Et il y aura exécution. Ceux qui
pensent qu’il y aura condamnation à mort sans exécution deux ou trois ans. Le
condamné à mort, après avoir épuisé les moyens de recours, devra payer son acte
à la société immédiatement », a assené le chef de l’Etat. Cette mesure choc est
rendue indispensable par l’ampleur de la tragédie qui a touché plusieurs
régions et de nombreuses familles et, aussi, par la récurrence des incendies
depuis quelques années, ce qui n’écarte pas la piste criminelle. D’ailleurs, le
président de la République a eu des mots très forts lors de sa visite aux
blessés, affirmant qu’en dépit de la violence du vent qui avait empêché les
avions bombardiers d’eau d’intervenir, « l’acte criminel n’est pas à écarter »,
non sans ajouter : « quoi qu'il en soit, nous allons mener une enquête ». Cela
dit, il s’est interdit d’employer « des termes forts, comme celui de complot »,
mais le doute n’en est pas moins permis. Il est clair que la réunion de
dimanche aura permis de faire une analyse exhaustive de la situation dans les
zones sinistrées et de dégager les mesures à même d’y faire face. Le président
de la République n’a eu de cesse de répéter, y compris lors des réunions du
Conseil des ministres, que le bien-être du citoyen doit constituer la priorité
de la politique et de l’action du gouvernement. L’implication des hauts
responsables civils et militaires dans la réunion de dimanche en est la
parfaite illustration, de même que la célérité avec laquelle elle a été
convoquée et s’est tenue. Il est utile de rappeler que les incendies qui
avaient touché plusieurs wilayas de l’Est du pays le mois de juillet dernier
avaient donné lieu à une opération de recensement des dégâts matériels
occasionnés et à l’indemnisation des victimes dans un délai n’ayant pas dépassé
cinq semaines. Les victimes des derniers incendies seront-elles aussi
indemnisées après évaluation des dégâts par les services compétents, et avec
même des mesures supplémentaires, comme l’indemnisation intégrale, que les
autorités concernées ont été instruites de mettre en œuvre rapidement. «D’ici une semaine, la vie doit retrouver son cours normal»
De nombreuses mesures ont été annoncées par le président de la République,
Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion tenue dimanche et consacrée à la prise
des mesures nécessaires quant à la prise en charge des conséquences et des
effets des récents incendies ayant touché plusieurs wilayas de l'Est et du
Centre du pays. Voici des extraits des déclarations du président lors de la
réunion. «Personne ne fera plier l’Algérie» «
J’aimerais bien que tous les renseignements qui vous proviennent des citoyens
soient transmis aux services de sécurité. Tous les indices ! Nous avons vu des
captures montrant des incendies déclenchés en même temps, des départs
d’incendies à 01h00 du matin alors qu’il n’y a pas de vent… Ce n’est pas
normal. Il y a des gens qui ont été capturés, en attendant d’autres. Le travail
se poursuivra inch’Allah. Ceux qui pensent qu’ils
vont affaiblir le pays se trompent. Certes, nous sommes très affectés par la
perte de citoyens et de citoyennes, mais l’Algérie est habituée aux sacrifices.
Personne ne fera plier l’Algérie.» «Tout
ce qui est matériel sera à la charge de l’Etat» « Concernant les
indemnisations, je vois qu’il y a des commissions en train de recenser les
dégâts occasionnés à chaque famille. A ce rythme-là, on ne va pas terminer le
recensement avant trois mois. Le nombre d’habitants touché est élevé. Donc,
multipliez les équipes. Si vous avez besoin des éléments du service national,
l’ANP les mettra à votre disposition. Vous pouvez également mobiliser les
enseignants. L’essentiel est que ce soit des personnes qui savent recenser. Je
ne crois pas que, dans le contexte difficile actuel, les victimes exagèreront
dans la déclaration de leurs pertes, mais il faut faire un recensement tel
celui qui avait été fait auparavant dans des conditions difficiles similaires.
En l’espace de vingt jours, celui qui avait perdu son cheptel avait eu droit à
un cheptel du même nombre de têtes, celui qui avait perdu 100 brebis en avait
reçu autant, celui qui avait perdu du bétail a reçu du bétail… Quelle que soit
la formule ! Le ministre des Finances a proposé la formule du gré-à-gré pour
réagir rapidement. L’essentiel est que la vie reprenne son cours. Même si un
citoyen a perdu un clou, on le lui remboursera. Nous indemnisons sur tout, sans
exception, que ce soit la plasticulture, l’arboriculture, les cheptels, les
habitations et même le mobilier des habitations, y compris les appareils
électroménagers. Le citoyen est assez affecté par la catastrophe de la perte
des siens pour qu’on ne lui fasse pas supporter une pression matérielle
supplémentaire. Donc, tout ce qui est matériel sera à la charge de l’Etat.
Immédiatement ! » «L’Algérie, tel un phénix, renaîtra
de ses cendres» « L’Algérie est un phénix. On le brûle, il renaît de ses
cendres. Donc, avant le 15 septembre, on aura indemnisé toutes les victimes
dans tous les domaines. Concernant les locaux commerciaux ou même les écuries,
on les indemnise de la même façon, avec le mobilier. Je le répète : il faut que
les citoyens retrouvent une vie normale.» «Le bien-être et la quiétude du citoyen passent avant tout»
« Nous devons alléger les peines des citoyens et c’est le rôle de l’Etat.
Aujourd’hui, nous ressortons avec des mesures applicables de suite. Le
bien-être et la quiétude du citoyen passent avant tout. Nous devons faire les
efforts nécessaires pour restaurer les habitations afin de permettre aux
victimes de réintégrer leurs domiciles. Il y a le problème de l’électricité,
l’approvisionnement en eau potable et les liaisons téléphoniques. Je constate que
c’est pris en charge. Je remercie Sonelgaz pour ses promptes interventions qui
ont permis de commencer à réparer les câbles de moyenne tension. Pour ce qui
est de l’eau potable, même s’il n’est pas possible de réparer toutes les
canalisations rapidement, il y a des camions-citernes qui peuvent servir,
quitte à les multiplier. L’ANP est prête à mettre à disposition des
camions-citernes pour l’eau potable. Ces urgences doivent être prises en charge
dans l’immédiat. On se donne une semaine, jusqu’à vendredi ou, au plus tard,
jusqu’à samedi pour essayer de faire reprendre à la vie dans ces régions leurs
cours normal. D’ici là, l’électricité, l’approvisionnement en eau potables et
les liaisons téléphoniques doivent être opérationnels et toutes les routes et
chemins doivent être rouverts.» «Il
faut revoir la réglementation sur l’habitat en forêt» « Il faut ouvrir un
atelier de spécialistes et installer une commission pour réexaminer la
réglementation de l’habitat en forêt. Il faut revoir les textes. Chacun a le droit
de vivre où il veut dans son pays, mais il y a des mesures préventives à
prendre. Une habitation située en pleine forêt doit être séparée de la lisière
de la forêt. Si jamais on incendie des arbres, elle ne sera pas touchée. Il
faut étudier tout ça avec des urbanistes et des spécialistes de l’économie de
montagne. C’est une loi qui protègera les citoyens et limitera d’éventuels
dégâts en cas d’incendie.»