CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI ABDELKRIM
TAZAROUTE- « GEORGES MOUSTAKI.... »
Georges Moustaki, la
fierté du Méditerranéen. « J’ai toujours eu l’Algérie au
cœur ». Essai (biographie)
Abdelkrim Tazaroute . Aframeg Editions , Béjaïa 2026, 181 pages, 1 200 dinars
« Il
a semé le rêve et l’amour, célébré l’amitié et la révolution permanente.Il a répandu les
saveurs et les parfums de la Méditerranée avec sa nonchalance légendaire, avec
l’amour de l’autre comme un bon tiers-mondiste dont il revendique
l'appartenance » . C’est tout dit.Sur un
homme , auteur- compositeur, interprète acteur , artiste- peintre, écrivain ,
poète....et même , durant un court moment, lors d’une première vie, journaliste
.C’est, surtout, un être chaleureux et rêveur qui n’a jamais oublié son
« Sud » et qui a accompagné, avec des ritournelles édifiantes
le substrat mental et peut-être moral des jeunes algériens des années post-indépendance, avec des ritournelles édifiantes ,
faciles à fredonneer, sans jamais accabler l’auditeur
de rébarbatives leçons idéologiques.
Lui, c’est Georges Moustaki ,
le « Métèque », le « souffleur de liberté , de rebellion apaisée » , grand admirateur de Brassens (à qui
il a emprunté le prénom) et de Léo Ferré, très connu et apprécié durant les
années 70,80 et 90.....venu à Alger plusieurs fois : en 1971 puis dans les
années 80 à la salle Atlas puis avec deux grands concerts (à
guichets fermés) à la salle Ibn Khaldoun en décembre 2004 .Il a même composé,
en 1966, la musique du film « Les hors la loi » de Tewfik Farès. Il était une fois !
Georges Moustaki est né Giuseppe Mustacchi
ou Youssef El Mustacchi le 3 mai 1984 à Alexandrie
(Egypte) et il est mort le 23 mai 2013 à Nice (France).Italo-grec
naturalisé français en 1985.....il avait ,en lui, dans ses chansons et
ses attitudes, les trois grandes civilisations de l’espace
méditerranéen :musulmane, byzantine et chrétienne occidentale. C’est , surtout, un poète, un rêveur...... « comme
presque tous les méditerranéens »..Un virus qu’il su
et pu transmettre à travers plus de 300 chansons écrites pour les plus grands
(Piaf dont il était très, très proche , Montand, Barbara, Gréco,
Reggiani...), avant de connaître le succès, en tant que chanteur, avec
« le Métèque » à partir de mai 68.
L’Auteur : Né
en 1956 à Béjaïa .Journaliste, écrivain et
critique de cinéma, il a, durant les années 1980 et 1990, assuré la
couverture de nombreux festivals de cinéma en Algérie et à l’étranger. Il a été
membre de la commission du FDATIC et plusieurs fois président et membre de
jury. Auteur de plusieurs ouvrages sur la musique et le cinéma (dont
des biographies : Djamal Allem,
Brahim Izri, El Hachemi Guerouabi, Mohamed Lamari,
Chanteuses algériennes ..)....d’un roman (« Une
épine au pied ») , mais également de documentaires et d’un court-métrage
de fiction.Animateur d’une émission littéraire (Radio
Chaîne 3)
Table des matières : Préface
de Kader Ferchiche / Avant-propos/ 10 chapitres/Remerciements
Extraits : « Moustaki
a semé le rêve et l’amour, célébré l’amitié et la révolution permanente.Il a savouré les saveurs et les parfums de la Méditerranée
avec sa nonchalance légendaire, avec l’amour de l’autre comme un bon
tiers-mondiste dont il revendique l’appartenance »
(p19), « Moustaki chante la révolution et loue le sacrifice des
révolutionnaires , ceux qui ont brisé le monde de la peur pour un monde
meilleur, ceux qui refusent de plier l’échine et qui ont décidé de vivre
librement et dignement.Il revendique le temps de
vivre pour toute l’humanité » (p 29), « Les adeptes de Georges
Moustaki en Algérie le vénèrent.Ils aiment son style,
ses mots et ses mélodies mais aussi sa nonchalance tout comme ils apprécient
ses entrées sur scène à Alger, toujours habillé de blanc » (p
38), « Vers la fin de la journée, c’est son voisin Jean Claude Brialy qui est passé « prendre des nouvelles d’Algérie
et non de l’Algérie ».Ce fut un moment plein d’émotion.Dieu,
combien ils aimaient l’Algérie ! » (Said
Ould Khelifa cité , p 39), « Il est le chantre des identités
plurielles, l’homme qui s’affirme Méditérranéen et
fier de l’être sans jamais s’enfermer dans un drapeau.Il
est l’écrivain des passerelles, pas des frontières » (Zine
Ben Badis cité, p 70).
Avis : Pour
tout savoir sur Georges Moustaki. Une bio très fouillée et assez originale,
parsemée d’anecdotes et faisant
appel à de multiples témoignages aussi bien étrangers qu’Algériens. Ils ont tous (moi y compris)
« aimé »(adoré ?) le
chanteur , ses œuvres....et son « sudisme ».
Citations : « La
lecture d’une chanson peut être différente d’un spectateur à un autre.Cela dépend de l’état d’âme le jour J « (p 34),
« La femme du sud de la Méditerranée est plus tendre, plus passionnée.La femme de chez nous, au Sud, montre son amour
avec sentiments, avec passion.Sinon, j’avoue qu’une
femme est une aventure infinie » (Georges Moustaki cité, p
117), « Une chanson, c’est un mariage d’amour entre paroles et
musique, sans que l’on sache qui se déclare le premier » (Georges
Moustaki cité, p 144),
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