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Roman Mansour Kedidir-" Mon nom est Dupe"

Date de création: 04-08-2026 20:16
Dernière mise à jour: 04-08-2026 20:16
Lu: 14 fois


SOCIETE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN MANSOUR KEDIDIR- « MON NOM EST DUPE »

 

Mon nom est Dupe. Roman de Mansour Kedidir. Editions Fantz Fanon, Alger 2026, 208 pages, 1200 dinars

 Il a cru réussir enfin sa vie en se compromettant avec une bande de mafieux , durant une période assez perturbée de la vie politique du pays.On le lui a fait croire, et il y a cru pensant s’ en sortir et ,aussi, tenté par la vie facile. En définitive , il s’est retrouvé poursuivi par la justice et emprisonné.Il paiera pour les « autres »....tous ceux qui ont exploité sa naïveté...et son art de servir, dans l’obéissance et la discrétion, autant le whisky et le caviar   que les ambitions affairistes du pouvoir « profond ».

Lui, c’est Kada.

Ni homme puissant, ni idiot puisqu’il a le Certificat d’études («  Il sait lire et écrire mieux que les universitaires d’aujourd’hui » ) et est devenu un « barman » de qualité et discret, témoin privilégié (au niveau de bars huppés n’accueillant que les « personnlités de la ville » ) de la vie « underground » durant une période parmi les plus difficiles du pays, tout particulièrement en matière de sécurité.

Fils d' un vidangeur mort dans une fosse septique, il a grandi à la marge d’un pays où la peur, la misère et les illusions décident du destin des hommes bien avant eux.

Barman de luxe, il devient homme de confiance de notables assez influents. C’est alors le temps d’un autre monde avec ses allégeances silencieuses, ses salons enfumés, ses grosses mises au poker , ses villas fermées et ses bars bien achalandés où se croisent affairistes, prédicateurs et très hauts fonctionnaires. Des masques à gogo !

En plus de ce qu’il récolte comme gros salaire et pourboires généreux, il sera « fait » maire d’une commune, un territoire véritable gisement d’affaires juteuses pour ses protecteurs :nouvelle zone industrielle, octroi d’assiettes foncières aux « amis ».... De simple serveur il aura le privilège , désormais, d'être assis à la table des joueurs de poker .

Puis , un jour la gendarmerie nationale débarque pour enquêter.........le reste est facile à deviner.

 L’Auteur : Natif de Mecheria, énarque, sciences politiques, ancien juge d’instruction, procureur général (Tizi Ouzou) et chef de cabinet à la chefferie du gouvernement (gouvernement Benflis Ali). Auteur de plusieurs romans ....ainsi que d’un essai sur « l’Armée algérienne dans la lutte contre le terrorisme  » (en 2012 aux Editions universitaires européennes), d’un roman , « Le serment d’Oujda » ( Editions Frantz Fanon, Boumerdès 2023),. Ancien chercheur au Crasc. Ancien enseignant-chercheur à l’Ecole supérieure d’Economie d’Oran

 Extraits : « J’ai toujours imaginé les êtres comme un troupeau de moutons, attiré par le mirage d’une plaine verdoyante alors qu’il coure vers un précipice » (p13), « L’important dans la vie, c’est de résister et lutter pour gagner son pain dans la dignité.Méfie-toi de la facilité, c’est une drogue qui te rend esclave des plus nantis. Notre monde est plein de charognards ;ils sont toujours à l‘affut des êtres fragiles, naïfs et flâneurs » (pp 26-27), « Autrefois, je m’efforçais de croire que les gens cherchaient la vérité. ......Au fond, le commun des mortels désire voir des miracles......Et, c’est cette propension qui fait qu’il accepte les discours enrobés de mensonge.Écouter les boniments et vivre dans l’illusion lui apporte un certain apaisement » (p 160)

 Avis : La vie d’un jeune homme ....à Oran, durant la « décennie noire ».Un ouvrage de souvenirs ( ?)d’un « dupé »,  assez déprimant car, peut-être, trop réaliste.Défaut de nos écrivains : Peu de rêves.Peu d’espoirs....surtout lorsqu’ils abordent la vie politique du pays.Et, (presque ) toujours une dent contre les « intellectuels »

 Citations « Ne pouvant percer le secret des accidents de la vie, nous nous réfugions dans le destin.....C’est dans ce cadre qu’intervient la religion comme un sédatif pour nous soulager de nos souffrances » (p 35), « En vérité, que ce soit à la mosquée ou au bar, nous cherchons tous un temps de bonace, un temps de grâce, un temps d’ivresse » (p48), « La femme est le sel de la terre, dit-on, et la grande découverte de l’homme est sans doute d’avoir pris conscience qu’elle est plus que sa moitié, le cœur palpitant de la vie » (p54), »Quand bien même la vie leur sourirait, rares sont les gens qui ont le sens de la retenue » (p 89), « La précarité de la vie n’est rien d’autre que lentille à travers laquelle on se perçoit soi-même et on perçoit le monde qui nous entoure » (p106), « Un pouvoir autoritaire ne peut jamais changer s’il a en face un peuple amorophe et asservi, un peuple qui renvoie ses malheurs au ciel et refuse de lutter pour sa liberté.Un peuple qui n’est pas prêt au sacrifice est un peuple qui anticipe sa mort » (p127)