VIE
POLITIQUE- DOCUMENTS POLITIQUES- ENTREVUE PÉRIODIQUE PRÉSIDENT A. TEBBOUNE
PRESSE NATIONALE, L.27 JUILLET 2026 (SYNTHÈSE PRESSE) (I/II)
Transparence
du scrutin, taux de participation, consolidation des institutions, place de
l’argent dans la vie politique, promotion des jeunes et des femmes, ainsi que
dialogue avec les partis politiques, ont constitué les principaux axes de son
intervention. Tout en défendant les choix engagés par les pouvoirs publics,
Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que la stabilité de l’État, le renouvellement
de la classe politique et la préservation de la crédibilité des institutions
demeurent au cœur de son approche de la gouvernance. Interrogé sur le faible
taux de participation aux dernières élections législatives, le président de la
République a défendu le choix de la transparence dans la publication des
résultats. «Ce sont des chiffres réels. J’ai interdit
d’ajouter des zéros ou de gonfler les taux. Il faut donner les chiffres tels
qu’ils sont, ceux qui ont participé et ceux qui n’ont pas participé»,
a-t-il affirmé. Pour lui, la sincérité des chiffres constitue un principe
intangible. «Si le taux de participation est de 20% au
lieu de 70%, cela ne diminue en rien la valeur de l’institution. L’Assemblée
reste celle qui va légiférer», a-t-il insisté. Le chef
de l’État a, en outre, rejeté toute interprétation assimilant ce taux de
participation à un recul du débat politique.
«Les 21,24 % enregistrés lors des dernières
élections législatives ne reflètent pas une faiblesse du discours politique»,
a-t-il tenu à préciser, estimant que la campagne électorale n’avait pas permis
d’expliquer clairement les enjeux aux citoyens. «Certains
avaient de bonnes intentions, mais ils ne maîtrisaient pas toujours leur
communication. Cela a peut-être produit l’effet inverse»,
at-il fait remarquer. Selon lui, les questions
électorales concernent directement «le présent et
l’avenir du pays» et ne doivent laisser place «ni au jeu politique ni à la
démagogie». «Je ne suis pas un démagogue. Un pays se
construit sur des bases solides et c’est ainsi qu’il se renforce»,
a-t-il souligné. Revenant sur les choix politiques opérés depuis son accession à
la magistrature suprême, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé sa détermination à
préserver la stabilité nationale. «Je ne referai
jamais ce qui a conduit le pays à la décennie noire», a-t-il assuré, rappelant
que «la stabilité du pays passe avant tout». Pour lui, cette stabilité repose
sur «une majorité solide» et sur des choix politiques
responsables. Le président de la République a également évoqué la nécessité de
préserver les institutions de toute influence de l’argent, estimant que c’est
ainsi que naissent «sles
oligarchies et de nombreuses dérives observées ailleurs». «Nous
défendons notre approche avec un esprit national. Nous ne poursuivons et ne
sanctionnons que ceux qui ont réellement commis des fautes»,
a-t-il précisé. Poursuivant son analyse, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le
fait que la richesse ne devait pas constituer un moyen d’accéder aux
institutions. «Quand on est milliardaire, on n’a pas
besoin de l’Assemblée nationale», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que le mandat
parlementaire «ne doit jamais être recherché pour bénéficier de l’immunité». Et
de rappeler : «Aujourd’hui, milliardaire ou non, si
vous commettez une faute, l’immunité est levée et vous répondez de vos actes
devant la justice.» Le président de la République s’est également félicité de
l’émergence d’une nouvelle génération de responsables. «Nous avons des
jeunes universitaires, formés et engagés politiquement. Nous leur donnons leur chance», a-t-il affirmé.
Il a rappelé, dans ce sens, que les engagements pris en faveur du renouvellement
de la classe politique commencent à produire leurs effets. «Nous
avons travaillé pour honorer notre engagement afin que les jeunes constituent
la génération politique de demain. Aujourd’hui, près de 70% des membres de
l’Assemblée populaire nationale sont des universitaires et 30% sont des jeunes.
Je peux dire que nous sommes sur la bonne voie»,
a-t-il souligné. Selon lui, cette nouvelle dynamique se retrouve aussi bien
dans l’administration que dans la vie politique, l’innovation et la création. «Il y a aujourd’hui beaucoup de jeunes dans le travail, dans
la politique et dans la créativité. C’est pourquoi je suis très confiant dans
l’avenir du pays», a-t-il assuré. Abordant, par
ailleurs, le dialogue avec les partis politiques, Abdelmadjid Tebboune a
rappelé que celui-ci demeurait ouvert. «Conformément à
la loi sur les partis politiques, nous poursuivrons les concertations avec les
formations qui ont tenu leurs congrès. Nous nous réunirons avec elles à la
rentrée sociale prochaine», a-t-il indiqué. Répondant
à une question sur la place des femmes et des jeunes au sein du futur
gouvernement, le président de la République s’est montré rassurant. « Oui, bien sûr. D’ailleurs, la plupart des
ministres sont déjà jeunes», a-t-il fait observer. Il
a toutefois précisé que «la jeunesse est un critère, mais elle n’est pas une
fin en soi». «Lorsque vous
avez un responsable jeune et compétent, c’est l’idéal. Lorsqu’il est jeune,
animé de bonne volonté et déterminé à résoudre les problèmes, il acquiert
ensuite l’expérience nécessaire. C’est ce que nous allons essayer de faire», a-t-il expliqué, tout en saluant le rajeunissement
de plusieurs partis politiques. Le chef de l’État a également réaffirmé son
attachement aux dispositions de la Constitution concernant la formation du
prochain gouvernement, précisant que la nomination des membres de l’Exécutif
reposera avant tout «sur la compétence et non sur
l’appartenance politique». Il a ajouté que «le futur
gouvernement sera composé sur la base de la compétence, de l’amour de la
patrie, du pragmatisme et du réalisme dans la prise en charge des
préoccupations des citoyens». Pour conclure ce chapitre, le président de la
République a rappelé que la gestion des affaires publiques exige bien davantage
que l’engagement politique. «La gestion du quotidien des citoyens repose sur
l’expérience, la connaissance du terrain, la volonté de résoudre les problèmes
et la capacité à trouver les bonnes solutions», a-t-il souligné. «Il arrive parfois que la solution proposée soit pire que le
problème lui-même», a-t-il relevé, avant de réaffirmer que «les femmes et les
jeunes auront naturellement toute leur place» dans les institutions de l’État.