HISTOIRE-
PERSONNALITES- ELAINE KLEIN (MOKHTEFI)
À 98
ans, Elaine Mokhtefi, vient d'être naturalisé
Algérienne (juilolet 2026, JOradp
n° 55). Née Elaine Klein à New-York en 1928 dans une famille juive de la classe
ouvrière américaine, cette militante anticoloniale a consacré une large partie
de sa vie à lutter pour l’indépendance de l’Algérie.
Sur son
chemin d’engagement, elle croise Frantz Fanon, Ahmed Ben Bella, Fidel Castro...
devenue Elaine Mokhtefi après avoir épousé Mokhtar Mokhtefi, militant du FLN, installée à Alger en 1962, elle
y restera jusqu’en 1974.
Ce combat
la mène au siège des Nations-Unies avec la délégation du FLN, et à Accra
(Ghana), aux côtés de Frantz Fanon représentant de l'Algérie pour le congrès de
l’Assemblée mondiale de la jeunesse.
En 1960,
à son retour à New York, elle travaille alors pour le bureau local du GPRA et
du FLN. À l'indépendance en 1962, elle s'installe à Alger et y travaille dans
plusieurs corps de l’État algérien. En 1969, elle est chargée de l'organisation
du premier Festival panafricain d'Alger. Elle s'occupe de l'accueil de membres
de mouvements de libération nationale africains (Mozambique, Angola, Afrique du
Sud...) et de la section internationale des Blacks Panthers à Alger. Elle
organise notamment l'exil clandestin d'Edridge Cleaver en Algérie après qu'il a fui les États-Unis, par
Cuba. Elle rencontre de nombreuses figures révolutionnaires, anticoloniales et
antiracistes, telle qu'Eldrige Cleaver,
Fidel Castro, Houari Boumédiène, Ahmed Ben Bella, Ho
Chi Minh ou Frantz Fanon.
Elle a travailler comme journaliste et
traductrice à l'Agence de presse Algérienne, "Algérie Presse Service"
(APS), couvrant notamment les événements tiers-mondiste. Elle s’est mariée à un ancien membre de l’Armée de Libération
nationale (ALN) devenu écrivain, Mokhtar Mokhtefi, décédé
en 2015.
Elaine Mokhtefi publie en 2019 le livre "Alger, capitale de
la révolution. De Fanon aux Black Panthers.".
Son
témoignage sur Alger devenue le refuge des mouvements anticolonialistes et
antiracistes du monde entier, nous trace le portrait d’une ville devenue mythique,
« Alger, capitale de la révolution ».
À 98 ans, l’Américaine Elaine Mokhtefi,
née Elaine Klein, devient officiellement citoyenne algérienne. Elle a obtenu la
nationalité algérienne en vertu d’un décret présidentiel du 25 juillet 2026,
publié au dernier numéro du Journal officiel (N° 55). Une naturalisation qui
vient saluer un engagement de toute une vie aux côtés de l’Algérie.
Née le 10 décembre 1928 à New York, Elaine Klein
découvre la cause algérienne après son installation à Paris dans les années
1950. Très vite, elle s’engage auprès des militants anticolonialistes. En 1960,
elle rejoint à New York le bureau du Gouvernement provisoire de la République
algérienne (GPRA), avant de s’installer à Alger après l’indépendance.
Journaliste à l’Aps (Algérie
Presse Service), enseigante à l’Ens
Journalisme, elle participe également à l’organisation du Festival culturel
panafricain de 1969. Au fil des années, elle côtoie Frantz Fanon, Ahmed Ben
Bella, Mohamed Sahnoun, Fidel Castro, Ho Chi Minh et
les Black Panthers, faisant d’Alger un véritable carrefour des mouvements de
libération.
En 1972, elle épouse le moudjahid et écrivain Mokhtar Mokhtefi. Malgré son départ d’Algérie en 1974, elle reste
profondément attachée au pays. En 2018, elle publie ses mémoires, Alger,
capitale de la révolution : combattants de la liberté, révolutionnaires, Black
Panthers, dans lesquelles elle retrace cette période historique.
Par cette naturalisation, l’Algérie rend hommage à une
femme qui a consacré une grande partie de sa vie à défendre la Révolution
algérienne et les luttes pour la liberté à travers le monde.