RELATIONS INTERNATIONALES-
FRANCE-FRANCE.ALGÉRIE- MAGHREB VISAS 2025
L’année 2025 marque un tournant dans la politique
d’attribution des visas par la France aux ressortissants du Maghreb.
Alors que la Direction générale des étrangers en
France fait état d’une augmentation globale des délivrances de visas de 3,5% à
l’échelle mondiale (près de 3 millions de visas), retrouvant un niveau
comparable à celui de 2016, les statistiques révèlent des trajectoires
diamétralement opposées entre l’Algérie et le Maroc. Le paysage migratoire
entre Paris et Alger est actuellement assombri par une crise diplomatique
persistante. Ce climat de tension se reflète directement dans les chiffres :
les autorités consulaires françaises en Algérie ont délivré 204 243 visas en
2025, ce qui représente une baisse notable de 18,3% par rapport à l’année 2024.
La politique française des visas à l’égard de
l’Algérie en 2025 illustre ainsi la difficulté à concilier deux impératifs
selon la version française : «maintenir une ligne de
fermeté sur les flux , VISA historique, dont la jeunesse constitue à la fois un
vivier de talents et un défi migratoire de premier plan». Le taux de refus
n’est pas seulement le reflet d’une rigueur administrative.
C’est un signal politique. Les Français ont conscience
que les visas courts séjours touchent la classe moyenne algérienne et créent un
effet de frustration sociale diffuse. Dans le débat public français,
l’immigration algérienne est souvent amalgamée à des questions de sécurité,
d’intégration et d’identité nationale. La «fermeté sur
les visas» s’adresse donc aussi à un électorat intérieur, en particulier à droite
et à l’extrême droite. La baisse des demandes elle-même est révélatrice : soit
les Algériens se découragent face aux refus répétés (effet dissuasion), soit
les conditions de dépôt se sont durcies (rendez-vous rares, documentation
exigée plus lourde).
Dans les deux cas, c’est le lien humain qui s’érode,
et cela a des conséquences à long terme sur la relation bilatérale. Malgré ce
recul, l’Algérie conserve une place importante, se classant au quatrième rang
mondial des nationalités bénéficiaires. Toutefois, la part des visas de long
séjour accordés aux Algériens reste modeste, ne représentant que 9% du total.
Pour ces visas de longue durée, les motifs sont clairement identifiés : études
et stages à 48,7% (motif prédominant), motifs familiaux (28,8%), motifs
économiques (9,4%) et divers (13,1%). Une catégorie fait exception : les visas
étudiants. A la rentrée universitaire 2025, 8351 étudiants algériens ont obtenu
un visa pour venir étudier en France, soit plus de 1000 de plus qu’en 2024,
avec un taux d’acceptation avoisinant 87%. Cette progression s’inscrit dans une
dynamique continue depuis plusieurs années et confirme que l’Algérie figure
parmi les tout premiers pays d’origine des étudiants étrangers en France,
derrière le Maroc et devant la Chine.
A l’inverse, le Maroc affiche une dynamique de croissance. En 2025, les
consulats de France au Maroc ont accordé 300 104 visas, soit une hausse de 6,1%
par rapport à l’année précédente. Cette progression installe le Maroc à la deuxième
place du classement mondial, juste derrière la Chine (557 347 visas) et devant
l’Inde (239 327). Outre le volume global, le Maroc se distingue par une
proportion plus élevée de visas de long séjour (10,8%). La répartition des
motifs pour ces séjours prolongés montre une structure différente de celle de
l’Algérie, avec une présence plus marquée des enjeux professionnels : études et
stages (40,5%), motifs économiques (28%) et familiaux (26,9%).