SOCIETE- ENQUÊTES ET
REPORTAGES- DIVORCE /TAUX MONDIAL 2026 (II/II)
©Author,Mamadou Faye/Bbc News Afrique, 27 juillet 2026
8. Malte (environ 0,6 pour 1 000
habitants)
Malte est le dernier
État membre de l'Union européenne à avoir légalisé le divorce, en octobre 2011,
à l'issue d'un référendum approuvé à 53 %. Avant cela, seules les annulations
religieuses ou les séparations légales (sans dissolution du mariage)
existaient. La loi maltaise impose aujourd'hui quatre ans de séparation minimum
avant de pouvoir divorcer - la durée la plus longue de toute l'Union européenne
(UE) - ce qui explique le taux le plus bas du bloc européen.
9. Pérou (environ 0,6 pour 1 000
habitants)
Crédit photo,Getty Images
Au Pérou, l'influence
catholique et la fréquence des unions non enregistrées officiellement
contribuent à maintenir un taux de divorce légal relativement bas au Pérou.
Comme c'est généralement le cas ailleurs en Amérique latine.
10. Irlande (environ 0,7 pour 1 000
habitants)
C'est seulement en
1996 que l'Irlande a légalisé le divorce, à l'issue d'un référendum approuvé à
une très courte majorité de 50,3 %. Un second référendum organisé en 2019 a
réduit la période de séparation obligatoire avant le divorce, et l'a fait
passer de quatre ans (sur les cinq précédentes) à deux ans (sur les trois
précédentes). Seuls 12 à 15 % des mariages irlandais se terminent par un
divorce, bien en dessous de la moyenne ouest-européenne qui varie de 35 à 45 %
- un écart attribué à la légalisation tardive, à l'influence catholique
persistante, au coût et à la complexité des procédures, ainsi qu'à un âge moyen
au premier mariage plus élevé.
Ce que révèlent ces chiffres
Trois grandes logiques
se dégagent de ce classement du WorldAtlas :
- des freins culturels ou religieux
puissants :
en Amérique latine catholique (Guatemala, Chili, Pérou), au Sri Lanka, en
Inde.
- une légalisation récente du
divorce :
à Malte en 2011, au Chili en 2004, en Irlande en 1996.
- le remplacement du mariage formel
par des unions libres, qui échappent aux statistiques officielles (au
Guatemala, au Pérou, et dans une moindre mesure au Mexique, classé un peu
plus loin dans le rapport).
Dans tous les cas, il
faut surtout retenir qu'un taux de divorce bas ne traduit pas nécessairement
des mariages plus solides : il peut aussi masquer des séparations informelles,
des violences conjugales non déclarées, ou des couples maintenus ensemble par
pression sociale ou légale plutôt que par choix.