SOCIETE- ENQUÊTES ET REPORTAGES- DIVORCE /TAUX MONDIAL 2026 (I/II)
©Author,Mamadou Faye/Bbc News Afrique, 27 juillet 2026
Le taux de divorce
brut mondial (nombre de divorces pour 1 000 habitants par an) se situe aujourd'hui
autour de 1,7 à 1,8. Mais, certains pays affichent des chiffres bien en dessous
de cette moyenne, parfois proches de zéro, avec l'Inde, le Sri Lanka et le
Vietnam qui occupent les trois premières places. Voici les 10 pays où l'on
divorce le moins et pourquoi.
Le présent classement
est établi par le WorldAtlas sur la base de données du Département des affaires économiques et sociales
des Nations Unies, d'Eurostat pour les pays européens, de l'Enquête nationale
indienne sur la santé familiale (NFHS-4 et NFHS-5) et des publications des
instituts nationaux de statistique.
Il faut retenir qu'un
taux de divorce faible ne signifie pas forcément plus de bonheur ou de
stabilité pour les couples. Il reflète souvent, selon WorldAtlas, des freins légaux ou
religieux importants, ou encore une part élevée de séparations informelles qui
n'apparaissent jamais dans les registres officiels.
1. Inde (0,01 à 0,1 pour 1 000
habitants)
L'Inde est généralement
citée comme le pays où l'on divorce le moins au monde. Selon la communauté
religieuse d'appartenance (loi hindoue de 1955, loi sur le mariage civil de
1954, statuts propres aux musulmans, chrétiens et parsis), le mariage y est
régi par plusieurs cadres juridiques.
La forte tradition du
mariage arrangé, encore plébiscitée par une majorité de jeunes Indiens, et le
poids du contrôle familial en amont du mariage expliquent en grande partie ce
chiffre très bas.
Il faut toutefois
noter que l'Inde est souvent exclue des comparaisons internationales car son
système d'enregistrement civil des divorces reste incomplet du fait de la réalité du terrain qui est probablement sous-estimée,
notamment dans les grandes métropoles où les divorces progressent nettement.
2. Sri Lanka (environ 0,15 pour 1 000
habitants)
Le Sri Lanka affiche
le taux de divorce enregistré le plus bas au monde selon les registres
officiels.
Le pays applique trois
régimes juridiques distincts selon la communauté (droit civil général, droit
coutumier kandyen, droit musulman), tous restrictifs en matière de motifs de divorce
(adultère, abandon malveillant ou impuissance).
Les procédures qui
passent par des tribunaux de district sont lents et coûteux. Il y a aussi que
la pression sociale à rester marié demeure forte dans toutes les communautés du
pays.
3. Vietnam (environ 0,2 pour 1 000
habitants)
La loi vietnamienne
sur le mariage et la famille en date de 2014 autorise pourtant le divorce sans
faute, avec des droits égaux pour les deux époux. Mais les normes confucéennes
valorisant la continuité familiale et le respect filial, combinées à des
structures familiales rurales très soudées, maintiennent le taux global très
bas.
En revanche, dans les
grandes villes comme Hô-Chi-Minh-Ville ou Hanoï, la tendance s'inverse
rapidement avec la montée de l'indépendance économique des femmes.
4. Guatemala (environ 0,2 pour 1 000
habitants)
Le Guatemala affiche
le taux le plus bas de tout le continent américain. Et cela s'explique par deux
facteurs : une culture catholique et évangélique très marquée, et surtout la
place immense des unions libres (unions de fait), qui concernent près d'un
tiers des couples adultes, en particulier dans les communautés rurales et
mayas. Par conséquent, la séparation de ces couples n'est simplement jamais
documentée dans les statistiques de divorce.
5. Tadjikistan (environ 0,3 pour 1 000
habitants)
Crédit photo,Getty Images
Le Tadjikistan est un
pays d'Asie centrale à majorité musulmane. Avec ses normes familiales conservatrices,
la pression communautaire et le poids de la réputation familiale découragent fortement
le recours au divorce, tout particulièrement pour les femmes.
6. Bosnie-Herzégovine (environ 0,3 pour
1 000 habitants)
La Bosnie-Herzégovine,
un pays situé dans les Balkans, maintient un taux de divorce parmi les plus bas
d'Europe. Ceci est rendu possible par une mosaïque de communautés musulmane,
orthodoxe et catholique, les normes familiales traditionnelles restent solidement
ancrées, notamment en dehors des grandes villes, ce qui maintient un taux de
divorce parmi les plus bas d'Europe.
7. Chili (environ 0,7 pour 1 000
habitants)
Crédit photo,Getty Images
Le Chili est l'un des
tout derniers pays des Amériques à légaliser le divorce en 2004. Avant cette
date, seules les annulations de mariage - souvent obtenues via des failles
procédurales coûteuses - étaient possibles. La Constitution chilienne place
toujours la famille au fondement de la société, et l'influence catholique et
évangélique reste forte. Le taux augmente néanmoins progressivement à mesure
que les mariages postérieurs à 2004 arrivent à maturité.